14.07.2008
François
" Salut, tu veux un jus de fruit ?"
" ha oui, c'est gentil"
" d'où tu viens, je t'ai jamais vu à stras "
" je suis de montpellier, je suis là depuis 15 jours à peu près"
" je le crois pas ça, qu'est ce qu'un mec du sud vient foutre içi ? tu sais stras est une ville dure..."
" oui, j'ai remarqué, ce n'est pas très cool... Ma mère est morte et avec mon père ça ne va pas..."
" alors quitte à partir t'as pris la route quoi ? mais pourquoi stras putain ?"
" c'est loin, c'est différent et puis on m'avait dit qu'içi j'aurai de quoi loger "
" y'a 400 personnes qui crèvent dans nos rues mon gars et ça ne date pas d'hier"... As-tu rencontré des associations ou une AS ?"
" non, je ne sais pas où aller, je ne connais personne, parfois on m'héberge par ci par là, mais je suis surtout dehors "
" ok, quel age as-tu" - "24" - "donc pas de rmi, pas de revenus... as-tu déjà été dans un hébergement ? est ce que tu en connais le fonctionnement ?"
" j'ai passé 2 nuits au chateau d'eau, mais j'ai eu un souci avec un drogué"
" oui, je comprends. Tu es d'accord pour trouver un hébergement, tu sais qu'on nous oblige à passer par l'urgence, par le temporaire...???"
"oui, j'en ai marre"
" écoute, cette règle est merdique et indigne mais elle est incontournable. Les gens de la rue on leur impose plein de merdes, histoire de les assouplir peut-être. Si tu ne comprends pas qu'on est coincé et les assos aussi ça va te laisser à la rue, tu comprends ? Nous on ne te demandera rien, si tu veux mardi on se retrouve là et on donne quelques coups de fil... Pas de promesse mais on essaye avec toi. On ira dans une association..."
" c'est pas obligé l'assos, je peux me démerder quand même"
" L'assos c'est aussi incontournable... mais là, ça vaut le coup. L'assos c'est une adresse, les papiers qu'on fait pas seul, elle téléphone pour toi pour te trouver une place et puis tu fais de belles rencontres parfois, moi j'ai une bonne référente "
" vous êtes en assos vous "
" qu'est ce que tu crois, on est tous de la rue"
" alors ok, à mardi"
06:20 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
05.07.2008
Fabienne Jouvet, porte-parole des « Sans Rien » : j’ai rencontre des laïques chaleureux et solidaires
Par Pierre Cassen - RIPOSTE LAÏQUE
Riposte Laïque : Peux-tu d’abord expliquer à nos lecteurs ce que sont les « Sans Rien », quelle est leur histoire, et quels sont les objectifs de ton association ?
Fabienne Jouvet : Les « SansRien » sont nés en 2000, c’est un réseau de résistance, qui fonctionne sur le même schéma que les réseaux de résistance pendant la guerre, nous sommes plus de 3000 résistants sur le territoire français, les « SansRien » ont été repris dans la même forme, en Espagne et en Belgique, nous sommes aussi ONG en Afrique (Benin, Centre Afrique et Togo) où là la priorité est l’éducation, permettre aux enfants d’étudier et de travailler dans leur pays de naissance, sans avoir besoin de s’expatrier pour survivre. Ce réseau africain fonctionne sous forme de parrainage, une personne prend en charge un enfant, et assume les frais scolaire de cet enfant, du collège à la faculté, en matière de livre et fourniture scolaire.
L’enfant et sa famille entretiennent par mail ou courrier postal des liens étroits avec le parrain (ou marraine) ; il y a un engagement de part et d’autre à tout faire pour soutenir l’enfant dans sa scolarité, tous les enfants sont issus de famille pauvre, chaque étudiant s’engage à rester exercer dans son pays. Au début nous n’étions qu’un réseau de mise en relation, pour tenter de réduire au minimum les délais d’intervention, sachant qu’en matière de précarité il faut toujours agir dans l’urgence.
Puis, nous avons fait le constat, que notre action ne servait à rien, ou pas à grand-chose, car les problèmes revenaient sans cesse, d’une manière récurrente, et que notre tribu voyait arriver une cohorte de travailleurs précaires, de malades et d’handicapés ; nous sommes donc entrés en lutte, en devenant revendicatifs, en nous montrant et en dénonçant ce gouvernement, qui se révélait incapable de respecter nos droits constitutionnels, de même ceux inscrits dans la déclaration des droits de l’homme.
Certes nous avons perdu dans ce changement de voie (ou voix) plusieurs centaines de « résistants » mais ceux qui sont restés, étaient déterminés à entrer en lute, pour faire reculer la misére et la précarité, et obliger l’état à respecter nos droits de citoyen.
Riposte Laïque : Tu as fait un Tour de France, qui a démarré à Bordeaux, le 9 juin, et s’est terminé dans les Yvelines, le 24 juin. Tu as été accueillie, et soutenue, par quelques associations, dont des laïques. Peux-tu nous faire un premier bilan de ce Tour de France ?
Fabienne Jouvet : Nous sommes partis, de Bordeaux, avec des objectifs de fous, réunir, fédérer, personne n’y croyait vraiment, personne non, pas personne, un certain Christian Gaudray, de Cestas, qui dès le départ nous a poussés, et qui malgré le manque de temps évident, à dit "on y va, faut le faire, c’est un beau projet".
Alors grâce à tous, la bande de Pau, une "UFAL" tout jeune ; mais alors très, non TRES déterminée, des "laïques-humanistes-militants-résistants", et puis une Suzy Candido, à Toulouse, étonnante petite bonne femme, militante surdouée, et bourrée d’énergie. Elle a épousé notre cause à bras le corps. Et puis Marseille, avec votre collaboratrice Brigitte Bré Bayle, et Phillipe, dans les locaux d’ATD Quart monde, une soirée riche de contact et d’engagements.
Et puis Dijon avec Jacques Delemontez, merci à toi Jacques, à ta femme aussi, là encore de vraies relations, de vrais engagements, la laïcité, celle qu’on aime, solidaire et tolérante, révoltée et résistante. Strasbourg avec Thierry Kopernik, une rencontre rare, avec quelqun de rare, puis ce fut Metz et Jean Paul Wagner, et ATD Quart monde, pour un débat animé, et puis Rennes avec Raphaël, un Raphaël malade, mais qui à tout donné pour la réussite d’une soirée, qui fut réussite.
Et puis la région parisienne avec le suractif passionné et engagé Jean-François Chalot et Patrice Theveny, là ce fut la folie, concert, (merci ALex) débat, élus, associations, tous là, pour la même cause, tous solidaires et convaincus. Vaulx le Penil, un peu à l’image du village gaulois Axtérix, insoumise, et Paris et Horia (une grande femme brune qui a une grosse colère contre les islamistes), un débat dans un troquet ou j’ai presque touché mes limites d’argumentation avec un adjoint au maire, puis Morsang, une étape forte, et pour finir Mante la Jolie.
Une ballade avec Hayet Morillon, dans sa mairie, puis sur un grand marché, et puis plus tard, une belle rencontre avec toi, Pierre, et Rosa Valentini, et un témoignage, fort et beau, sur une histoire de CAT, menacé puis sauvé. Enfin, un dernier repas, avec Colette et Christian, qui m’ont accompagnée lors de ce tour de France, sur la péniche de Christophe et Nadia, quartier général de l’Ufal des Yvelines. Toutes les étapes sont racontées sur notre site, et si les personnes citées, veulent y rajouter leurs « pates » elles sont les bienvenues.
Jamais je n’oublierai, c’est le carburant qu’il me fallait, vous êtes tous, les amis qu’il nous fallait, ceux avec qui nous allons marcher, nous tenir, droit et digne, et avec qui nous nous battrons, merci à tous de votre engagement, merci d’y croire, et d’être assez fous pour vous associer à notre détermination, faire reculer la misère et la précarité, et exiger le respect de nos droits de citoyen.
Ce tour de France aura marqué le début de quelque chose, sur chaque étape, aidé par des laïques engagés (parfois enragés) qu’ils soient de l’Ufal ou pas (ou plus) nous avons réuni des associations, comme ATD Quart Monde, présent depuis le début, avec nous, et CREER association d’aide aux chômeurs et précaires, Nouveau souffle que nous avons rapproché de CREER, car ils avaient les mêmes objectifs, AC ! agir contre le chômage, AIRSS association de lutte contre les maladies orphelines (plus particulièrement, le syndrome de SAPHO), Handi Social qui aide les personnes malades et handicapées à se sortir de la complexité administrative, entre autre, et puis aussi un collectif SDF, et puis un autre collectif de SansPapiers, des militants de RESF, tous, ont rejoint notre idée, entrer en lutte, exiger, tous ont décidé de travailler ensemble à cette construction, tous se reconnaissent comme « résistants ».
Nous avons pris la mesure de notre force, de notre nombre, nous avons réappris avec délice le sens du mot SOLIDARITE. Nous avons pris des leçons de courage et de dignité, avec les SDF de Strasbourg, nous avons écouté leur colère, leur impression d’avoir été manipulés par les « Don Quichottes », car la plus grande partie d’entre eux, sont repartis à la rue, dans l’indifférence quasi générale.
L’hiver prochain, il y aura d’autre tentes, ils iront, c’est comme une « pause » disent-ils des « vacances », des duvets propres, de quoi manger, mais on attendra rien de plus, car il n’y aura rien de plus. Partout nous avons rencontré des gens debout, ils sont prêts à l’action, ils nous encouragent, et nous disent de ne pas baisser les bras, ils sont avec nous, nous sommes rentrés, mais tout commence, il faut organiser, rassembler, informer et se montrer, être présent partout et se montrer, La date du 17 Octobre, doit réunir dans la rue, des millions de gens, en lutte contre la misère et la précarité, nous allons gueuler fort, plus fort en encore plus fort, avec vous, avec eux.
Riposte Laïque : Les laïques et les républicains craignent que la conception libérale du gouvernement n’amène les associations religieuses à se substituer aux défaillances sociales de l’Etat, comme cela est souvent le cas dans des pays anglo-saxons ? Les « Sans Rien » sont-ils sensibles à cette question ?
Fabienne Jouvet : Bien sûr, mais dans beaucoup de cités, l’aide que reçoivent les gens, vient de ces associations religieuses, il n’y a rien d’autre, c’est normal, aucune autre alternative, l’Etat s’est désengagé des questions de la précarité, alors forcément, c’est dangereux, car la précarité affaiblit, et l’assistanat, n’apporte rien. C’est humiliant et les gens finissent par perdre la notion même de la dignité, de la citoyenneté, c’est pourquoi il est important d’être présent, il suffit parfois de parler, il suffit parfois de demander une réciprocité, par exemple, une personne vient demander une aide pour faire une demande de FSL (fond de solidarité logement), il la reçoit, mais en parlant avec lui on s’aperçoit que cette personne aime bricoler, alors on lui demande de prendre un peu de temps pour animer un atelier pour aider des gamin à réparer eux même leur vélo, ce n’est qu’un exemple, applicable à plein de situations, et là, plus la peine de parler de réinsertion, elle va de soit, idem pour la solidarité, le respect de l’individu et la ré-appropriation de son rôle de citoyen.
Riposte Laïque : Comment vous situez-vous, politiquement ? Etes-vous prêts à travailler avec tout le monde, ou bien vous cantonnez-vous au soutien du mouvement social et des partis de gauche ?
Fabienne Jouvet : Alors là, je n’en sais rien, personnellement à gauche c’est sûr, disons, que je suis pour une société juste et solidaire, qui prend soin des plus faibles, une société qui partagerait les richesses, pas la misère ! Un Etat laïque ou chacun aurait la liberté de ses opinions et de ses croyances, alors si vous connaissez une famille politique qui tient compte de tout cela, j’adhère tout de suite. En ce qui concerne le réseau, toute personne qui s’engage dans cette lutte et entre en résistance à nos côtés, est la bienvenue, seuls sont demandés, les noms, prénoms,contacts, et ville, le nom n’est même pas obligatoire, et le prénom peut être un pseudo, seules obligations la ville de résidence et un contact, pour pouvoir être "alerté" et mobilisé très vite si besoin.
Riposte Laïque : Quels sont les premiers enseignements que vous tirez de votre Tour de France ?
Fabienne Jouvet : Ensemble, tout est possible, nos revendications ne sont pas utopiques, elles sont légitimes, c’était évident partout, même chez des politiques de droite ; c’est dire !
Notre lutte est humaniste, elle vise à remettre l’humain au centre de tout, il faut que la lutte contre la précarité devienne une cause nationale.
Riposte Laïque : Une fois qu’on a fait les premiers bilans, il faut parler perspectives. Comment voyez-vous la suite ?
Fabienne Jouvet : La lutte, toujours et encore,
Le 17 octobre, bien sûr, mais aussi afin de préparer cette journée, mettre en place, avec vous, plein d’interventions, de petites actions locales, partout en France, être le poil à gratter du gouvernement, qu’ils se grattent jusqu’à enlever cette espéce de crasse anti-sociale, en qu’enfin, ils nous écoutent, il serait grand temps, tant qu’il est temps.
Propos recueillis par Pierre Cassen
http://www.sansrien.net
Nous écrire : sansrien33@aol.com
06:25 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sansrien, sans-abri, handicapés, travailleurs précaires, précarité, pauvres, pauvreté
14.04.2008
L'album du 12 avril à Strasbourg est en ligne
MERCI À TOUS CEUX QUI ÉTAIENT PRÉSENTS...
17:22 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : NON AUX FRANCHISES MÉDICALES, STRASBOURG
02.03.2008
Sur le pavé la table est mise ...
• Gaspillage de nourriture : Nuit du 28 au 29 février, dans une ville, en face d'une enseigne populaire...
http://fr.youtube.com/watch?v=OtXzLisdjr4
07:09 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gaspillage de nourriture
30.01.2008
Les galères des « choisis » de l’immigration
SANS-PAPIERS . Malgré les promesses de Brice Hortefeux, les élèves ingénieurs étrangers peinent à obtenir des titres de séjour. Témoignages.
«Accueillir davantage d’étudiants étrangers en scolarité payante», voilà la proposition 221 du rapport Attali. Le ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux, approuve : «Ce que propose ce rapport, c’est la relance de la croissance et l’augmentation de la main-d’oeuvre qualifiée.» Soit. Ce n’est pas ce que vit Bayrem, Tunisien, élève ingénieur en mathématiques. Il a subi les mois d’attente, les rendez-vous multiples, pour sa demande de titre de séjour auprès du CROUS (Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires).
La mécanique est fastidieuse : d’abord demander un entretien, mais impossible d’en obtenir par téléphone. Il faut y aller. Puis, une fois l’entretien accordé, l’étudiant doit apporter une montagne de documents : «Pas juste ta carte d’étudiant, il te faut tout !» en rigole Bayrem. Seulement après, ils reçoivent le récépissé. Presque un sésame, puisqu’il tiendra lieu de « papiers » jusqu’à l’obtention du titre. L’avoir en poche peut être considéré comme un exploit. Une machine en panne et il faut tout reprendre à zéro. Olfa, elle aussi élève ingénieur, en a fait l’amère expérience. Recommencent alors les heures d’attente dans
les locaux surchargés du CROUS. De retards en rendez-vous manqués, la procédure s’enlise au point d’annuler plusieurs mois d’études prévus à l’étranger. Étudiante marocaine, Najoua n’a pu compléter sa formation au Canada comme elle le souhaitait, faute de carte de séjour.
Il faut toujours attendre. Attendre que la préfecture se manifeste, quand elle ne vous oublie pas… C’est le cas de Zineb qui, voulant rentrer chez elle pour Noël, a découvert que la préfecture avait sa carte de séjour « depuis un bail ». Sans cette carte, les étudiants n’ont plus droit aux aides au logement et loupent des journées de cours. Chaque année, il faut tout recommencer. Pis, les procédures changent d’une année à l’autre. «Il faut connaître toutes les combines», s’amuse Bayrem.
Mais avoir ces papiers n’est pas toujours suffisant. La situation se corse pour les stages, obligatoires en école d’ingénieurs, puis pour l’emploi. Pour recruter un immigré, les entreprises doivent justifier qu’aucun Français n’a pu pourvoir au poste. C’est la préférence nationale. Alors les entreprises truquent, profitent de la durée du stage pour affirmer qu’aucun Français n’a pu prendre le poste.
Tel est, à contre-courant des propos de Brice Hortefeux, le quotidien de ces élèves ingénieurs archétypes de l’immigration choisie. Tous, entreprises et étudiants, s’interrogent sur les raisons de ces méandres bureaucratiques.
Source l'Humanité - click - y'a plein d'autre chose à lire
05:55 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Immigration, Expulsions, Europe
26.01.2008
STRASBOURG AU SECOURS
Bonjour,
je m'appelle Jean-Pierre Klein, je suis un ancien chômeur SDF. Je voudrai bien que ma lettre elle passe sur votre site.
Moi j'ai pas voulu que le patron il nous licencies tous, j'ai pas voulu rester au chômage et j'ai pas voulu qu'on me prenne mon appartement et que je tombe dans la rue.
Dans la rue j'ai pas bu, j'ai pas prit de drogue et j'ai pas volé. Mais c'était dur.
C'était difficile de se laver, difficile de chercher du travail, difficile d'aller manger, difficile d'avoir un lit même pour une nuit.
La charité s'est pas bon, ça vous humilie tout le temps et quand tu veux pas perdre ta tête et ton énergie la charité vaut mieux l'éviter. C'est parce que tous les gens ils te voient dans la misère, ils te voient faignants, ils te voient clochard. Ils veulent pas te voir comme tu te sens que tu es. Car tu as juste pas eu la chance. Si tu perds ton travail tu perd tout, si tu perds ton logement tu perds tout. C'est comme ça et c'est pas juste qu'on soit accusé tout le temps d'autre chose.
Aujourd'hui j'ai regardé les autres mondes, de la rue on voit beaucoup de choses. On voit les gens. On peut pas dire si les gens qui sont gentils ou méchants sont chrétiens ou autre chose ou pas, on peut pas dire si ces gens ils sont de droite ou de gauche. On voit des gens c'est tout.
Dans la rue on entend les gens qui parlent devant toi, ils me voient pas. Ils parlent beaucoup au téléphone, on sait plein de choses de plein de gens surtout quand on boit pas ni rien.
Alors moi je sais qu'ici si tu es dans la galère il y a pas grand chose à faire et que même si tu le fais tu as pas d'espoir. Maintenant je vois que ma ville elle est méchante, elle est indifférente alors que beaucoup de gens sont gentils. C'est un monsieur qui est patron qui m'a aidé. D'abord il m'achetait des sandwichs, et des gâteaux le dimanche. Puis des habits, et un thermos. Aujourd'hui c'est mon patron.
Tout ça pour vous dire que faut pas que notre ville reste comme ça et que j'espère que vous regarderez bien les programmes de ceux qui veulent être le maire avant de voter, si ils font des logements pour les pauvres ça c'est important. Le vrai travail aussi c'est important mais pas les contrats pour les pauvres. Moi j'ai un cdd, c'est un vrai contrat comme veut ceux qui on les appartements, sinon c'est pas la peine.
Je dis des logements pour les pauvres parce que il y à beaucoup de pauvres à strasbourg et que il y a même pas de logements pour nous et ceux la qui sont construits c'est pas pour nous non plus.
Je vous remercie de pas détester ni de mépriser les pauvres.
Jean-Pierre Klein
08:33 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : STRASBOURG, INÉGALITÉ, SOLIDARITÉ, PAUVRETÉ
23.01.2008
La misère et la pauvreté dans les villages de France
Témoignage Envoyé par: Denis sur le site "le dire pour agir" édité par le Secours Populaire
Bonjours a tous d'abord,
Je me présente, je m'appelle Denis, j'ai 37 ans, je vis dans un coin du sud de la France...
Je voudrais par ces quelques lignes parler de la précarité et la misère dans les villages de France.
A la télé, dans les médias en général, on nous parle des pauvres dans les villes comme Paris, cela c'est la misere qui se voit au yeux de tous.....
Maintenant il y a une autre misère, celle qui ne se vois pas, celle qui est cachée au fin fond des campagnes Françaises,celle la elle est terrible, terrible parce que isolée aux yeux de tous, cachée, bien cachée même dans des petits villages ou services publics et autres on disparus. Cette misère là est cachée parce que ceux qui l'a vive ont honte de dire qu'ils ont que le RMI pour vivre, qu'ils ont aussi des coupures d'électricité' qu'ils vivent sans chauffage sans lumière sans mangé a leur faim et vivant dans des logements insalubres.....
Et puis il y à sans cesse cette peur au ventre d'être "insulter" dans les ruelles du village parce que il y a un RMiste qui y vie. et bien cette vie là est bien réelle, elle est réelle parce que cela est mon quotidien, j'habite dans un petit village du département du Gard je suis seul sans famille, sans ami, avant j'avais un boulot, j'ai travailler 13 ans à l'usine et j'ai eu un accident dans la vie, maintenant je me retrouve au RMI avec des difficultés. les fêtes de fin d'années je les ai passées seul, mais on se dit qu'on a encore de la dignité, un honneur a respecté, alors ont demande rien a personne, même pas un bout de pain, et pour pouvoir s'acheter quelque chose et bien on économise pendant 1 année.
L'autre jours je me suis fait insulté parce que chez moi je possède un ordinateur connecté a internet en disant que c'est du luxe, pour vous dire a quel point les gens deviennent méchants, enfin bref si, a l'heure actuelle le fait de possédé un ordinateur est un critère de luxe et ben ou vas t'on ?
voila j'espère que mon témoignage représente aussi tout ceux qui sont dans la misère et qui vivent dans les petits villages de France
cordialement à tous, et bonne années 2008
merci au secours populaire Français qui, part ce site internet permet a des gens isolé de se faire entendre.
Denis
05:45 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : misère, inégalité, pauvreté, rmiste, france
03.12.2007
Allo le 115
L'éternel recommencement
Joindre le 115 et obtenir une réponse positive ce n'est pas gagné d’avance.
Déjà ce qui est sûr c'est qu'il faut téléphoner tôt le matin si tu veux vraiment dormir le soir dans un hébergement. Soit t'as un portable soit là où tu vas t'as une cabine pas loin.
Lorsque, enfin, un interlocuteur décroche, toutes les places sont peut-être déjà prises. Alors faut recommencer et recommencer.
Mais de plus en plus souvent tu restes marron, y'a pas de place. Alors reste plus qu'a chopper la maraude de la nuit. Mais bon pour que ça marche faut que quelqu'un ait craqué ou raté son rencart.
Et chaque jour faut recommencer. Ce système est sans pitié, c'est pour ça que beaucoup craquent.
Une journée c'est : joindre le 115 tous les matins sans garantie, trouver un petit-déjeuner, trouver une douche si t'as le ticket, si t'as pas le ticket tu vas le chercher où tu laisses tomber, ensuite tu cherches où bouffer le midi et ça continu comme ça...
Le plus dingue c'est quand on t'accuse d'être un glandeur mais comment je cherche du boulot dans ces conditions ? Les travailleurs sociaux du coup ils peuvent rien pour moi. En fait eux et moi on est coincé dans le 115.
05:20 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 115, hébergement d'urgence, travailleurs sociaux, strasbourg, sdf
Témoignages de SDFs
DIDIER
Didier a quarante-huit ans. Ancien chef d'entreprise, il a été marié mais, suite à une dépression, il a tout perdu : son statut social, sa femme, ses enfants… Il a tenu bon quelques mois, puis sa longue descente aux enfers a commencé avec de plus en plus d'alcool.
Personne n'est préparé à vivre ainsi et chacun fait comme il peut, avec ses moyens. Didier a été militaire pendant des années, c'est pour sa famille qu'il a quitté l'armée. Il pense que ça dépression a commencé à ce moment là.
MATHILDE
Mes parents sont très à l’aise, moi-même je mène une petite vie tranquille, je ne manque de rien. Mais la drogue prend de plus en plus de place et je sais que je risque de tout perdre. J'essaye d'assumer mon accoutumance et de garder mon travail. Je ne veux surtout pas perdre mon appartement, je connais des zonards et je vois bien que la survie devient de plus en plus dure. La rue c'est l'enfer pour tout le monde.
K............
Sans-papier à Strasbourg, c'est toujours mieux que l'Ukraine. Il y a deux ans, il pensait avoir un avenir en France mais il a vite déchanté. Pas de papiers, pas de domicile, donc forcément la rue.
La Cimade s'occupe de ses papiers, de l'avocat, mais elle ne fait que ça. Avec ce qui se passe partout à Strasbourg, k......... ne trouve jamais d'hébergement, il a cessé de faire le 115 car il est sûr qu'on le fichera. Il a peur de se rendre dans les associations pour manger. Il pense passer dans un autre pays, il ne peut pas imaginer rentrer en Ukraine.
05:10 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : SDF, SANS DOMICILE FIXE, SANS PAPIERS, MAL LOGÉS
30.10.2007
Témoignage : On ne vit pas comme on veut en hébergement d’urgence
Claude, 50 ans, en attente de logement : «On ne vit pas comme on veut en hébergement d’urgence»
« J’ai vécu dans la rue pendant deux ans, après avoir perdu mon emploi et m’être séparé de mon épouse, en 2000. J’ai commencé à boire et puis c’est la spirale… Je dormais sous les ponts, même sous la neige ! Le Secours catholique m’a orienté vers une chambre d’hôtel, je ne payais qu’une petite participation au loyer.
J’ai commencé à reprendre pied. On m’a proposé une place en hébergement d’urgence mais j’ai refusé, parce qu’on ne peut pas vivre comme on veut. Aujourd’hui, je vis dans un logement passerelle du Secours catholique avec ma nouvelle épouse. Nous sommes en attente d’un logement social depuis un an. »
Recueilli par Martine LAMOUREUX - La Croix
07:57 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : SDF, SANS-PAPIER, SANS-LOGIS, CHRS, HÉBERGEMENT D'URGENCE

