15.02.2009

ça suffit ! je n'y crois pas

Vous ne pourrez pas me convaincre. Ca fait 4 ans que je suis dans la rue (21 ans).

Je connais tous les discours, toutes les promesses.

Quand ma mère et moi qui étais petit, on s'est retrouvés dans la galère, les assistantes sociales n'ont rien fait pour nous. Ma mère devait faire ceci, faire cela, alors qu'on galérait pour tout.

Quand on devait revenir chez l'assistante, ma mère devait montrer tous les papiers, tous les rendez-vous.

Mais l'assistante n'avait aucune nouvelle, rien de neuf pour le moment elle disait.

On s'est retrouvé à la rue. Puis moi à la DDASS, alors vous voyez, je connais tout ça. On nous a séparé alors qu'on n'avait plus que nous.

ça suffit maintenant, vous ne pourrez pas me convaincre, je n'y crois pas...

14.02.2009

Histoire de carton

Non mais c'est incroyable ça. Après le travail (la manche ndt) je vais chercher des cartons et tu sais que ça devient difficile.

Je trouve 2 grands, presque neufs. Je porte ça au pont et j'ai le sac et tout.

J'installe pour moi et mon chien.

Le lendemain je reviens; plus de cartons ! Il était tard j'ai du repartir en chercher. ça m'a prit beaucoup de temps, j'ai beaucoup marché et j'avais la faim, le froid et la fatigue.

J'installe pour moi et mon chien.

Le lendemain je reviens : plus de carton ! Mais là j'ai décidé de faire le tour. Un salopard avait tous mes cartons je les ai reconnu car y'en avait un, un peu spécial.

J'ai du faire le poing et la bagarre pour récupérer mes cartons pour moi et pour mon toutou...

Tout ça pour des cartons...

07:55 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, sans-abri, sdf, plan froid, mal logement | | |  Facebook

31.12.2008

Rencontre

Hier, j'ai rencontré un vieil homme, encore un, qui attendait l'ouverture d'un centre commercial pour se réchauffer après une nuit vraiment glaciale. Tout son corps était raidi par le froid.

"Non, non, ça suffit, je refuse les hébergements" a t-il dit ". "On m'a envoyé au Fritzkiner et aux Remparts, je n'ai jamais été aussi mal accueilli quelque part, c'était humiliant"... "Et pour pas grand chose au final, un petit lit inconfortable enveloppé de plastique, et tous ces gens, tout ce bruit, je n'ai pas fermé l'oeil" ... "Alors pourquoi j'irai dans une salle de sport ou une caserne parqué, mis dans un coin comme un paquet"...

"A la mairie on ne m'a m'a pas du tout aidé, au contraire même, c'est comme si ils m'avaient donné le coup de pied au cul qui m'éjectait dé - fi - ni - ti - ve - ment" ... "bailleur, politiques, associations tout ça c'est bonnet blanc et blanc bonnet".

"Je refuse d'être mélangé aux autres, surtout aux jeunes"... "Je ne suis pas un clodo" a t-il ajouté dans un souffle.

Il a travaillé toute sa vie, sa retraite ne lui permettait plus de payer le loyer; il a été expulsé juste avant la trêve hivernale pour 1200 euros de dette.

22.11.2008

20 ans de rue, un appart et il neige sur strasbourg

nous sommes le 22 novembre 2008,
H..... après 20 ans de rue, a passé sa première nuit seul, avec sa chienne, dans un appartement
Il était depuis une semaine bouleversé, énervé, inquiet, effrayé... et s'est refusé à y croire, jusqu'à la dernière minute, jusqu'à tenir ce trousseau de clefs qu'il montre a ses amis du pont-de-pierre.

Souvent sa main vient se poser sur la poche dans laquelle il est.

Depuis toutes ces années, c'est la première fois que je le voie sans cet énorme sac qui contient tous ses "biens", quelques frusques, un sac de couchage, la couverture du chien et sa gamelle et son bol et les croquettes dont il raffole et l'os et le joujou
Hier je l'ai accompagné pour acheter quelques produits, de quoi manger... "j'ai acheté du papier toilette" a t-il répété et répété...

La neige

Dix minutes lui ont suffit pour recouvrir strasbourg de cette mortelle blancheur
Et moi je me souviens en regardant cette neige qui succède à la pluie, cette salope, cette garce qui vous transperce

... et je pense à tous les autres, ceux pour qui il n'y aura rien ou pas grand chose

et je lie tous ces mails, tous ces messages, cette actu imbécile : guerre de pouvoir, guerre de friqués, insultes, critiques, accusations sans fondement, préparatifs de noel, nicolas et son fond souverain réservé à ceux qui s'enrichissent et en veulent plus

Et merde quoi à la fin

Nous n'avons pas d'autres choix face à ces politiques de tous les bords, qui cumulent tant de mandants, trop occupés à toujours autre chose, qui organisent "leur" budget sans logement, qui montent aux créneaux pour des lignes de tram qui désserviront les salles de spectacle, ceux qui se battent pour les terrasses de café : chauffées ou pas ?, ceux qui veulent que la ville soit partagée entre les bagnoles et les vélos sans se demander si les gens ne pourraient pas aussi partager leur ville,

tous ces gens devant qui nous sommes toujours plus démunis, qui nous volent, contestent même, notre citoyenneté, qui baillonnent notre parole... pas d'autre choix que de prendre nous même ces appartements abandonnés

martine, ségolène, bertrand, benoit, roland, philippe, alain, alexandre, nicole, marie-do, christophe, éric et tous les autres VOUS MERDEZ

13.08.2008

Madeleine 58 ans

Hier, Place d'Austerlitz, je vois Madeleine affalée sur un banc anti-clochards, dernière violence qui nous est faite.
La pluie tombait sur elle; flic floc sur son imperméable qui ne l'est plus depuis longtemps.
Je m'approche, elle lève ses yeux vers moi, "plus de foyer" lâche t-elle, je m'assois.
Jeanjean va lui chercher un café, Madeleine elle aime ça, noir, et bien serré.

Non, je ne lui demande pas pourquoi.
Qu'importe les raisons, ce qu'elle a fait ou pas. Je connais trop bien les foyers et les règlements humiliants, et arbitraires. Je sais comme il est facile de les transgresser : un retard, un rendez-vous oublié, une dispute, une simple protestation... C'est pourquoi je m'interroge différemment, au pourquoi je préfère le comment.
Comment c'est possible de jeter à la rue, une femme de 58 ans rongée par le cancer ?
Se mettant hors la loi, quelqu'un a prit cette décision.

Jeanjean est revenu avec le café il lui a acheté un éclair au café.
On la regardait et on a tous pensé, que ça ne durerait pas, Madeleine elle ne tiendra pas.

Ce foyer n'était pas adapté, c'est tout, c'est toujours la réalité.
Croire qu'on va régler le problème de Madeleine en l'a parquant n'importe où, n'importe comment, après toutes ces années...
Les foyers ne font pas de cas par cas; tout est collectif.
Qui va regarder cette réalité dans les yeux ? je sens le regard des passants... qui passent. Pourvu que personne ne téléphone à la flicaille, maintenant que la Place a été refaite pour les bobos du quartier et les touristes, ça craint.

Madeleine soupire "va falloir que j'aille voir l'AS"
L'AS soupirera sûrement "encore toi" dira t-elle.
Peut-être qu'elle lui trouvera après une bataille téléphonique, une place temporaire; peut-être.
Mais l'incompréhension entre les deux s'installe, l'AS ne comprend pas, le foyer "c'est mieux que rien" dit-elle, "pas si sûr" répond Madeleine...

On lui propose de l'accompagner chez l'AS; plus tard dit-elle, tout à l'heure, je suis fatiguée.
Nous emmenons Madeleine avec nous, un monsieur nous a passé les clefs de son garage; c'est notre lieu d'urgence à nous.
Madeleine est soudain plus en forme, elle chahute jeanjean et me traite d'imbécile; ouf, on a eut peur.

31.07.2008

Je dois "vivre" avec 244 euros par mois

Sortie de la rue depuis quelques mois, voilà qu'un emploi magnifique m'est offert en janvier pour 6 mois.
Le contrat est avec l'éducation nationale, je serais donc payée tous les 2 mois. Une bonne gestion du rmi, un bail glissant, m'ont aidé à mettre une cagnotte de côté pour anticiper.

Sauf que,
depuis janvier je n'ai touché que 3 salaires : 249, 279 et 718 euros...
Dans le même temps la caf m'accordait un complément de rmi d'environ 180 euros et la ppe de 150 euros.
Le retour à l'emploi m'entrainait à gagner en moyenne 480 euros par mois. À peine mieux que le rmi mais c'était mon choix.

Sauf que :
La caf me tombe dessus avec un trop perçu qu'elle se remboursera en otant 50 euros par mois, les salaires à venir ne viennent pas...

Sauf que
tout le monde est en vacances et plus personne pour régler ce problème de salaire = je dois attendre septembre me dit l'organisme qui gère la compta

Sauf que:
le fonctionnement de la caf à changé, fini les déclarations et du coup fini les réclamations
je pourrai ajuster ma situation en octobre

le résultat de tous ces dysfonctionnement est que le retour à l'emploi m'entraîne à vivre avec 244 euros jusqu'en octobre

Loyer 140, internet + tel 30, charges moyenne 40 = 34 euros.
J'ai décidé au début du mois de vivre sans rien demander, ni colis alimentaire, ni secours... et je refuse de retourner à la rue, donc je paye le loyer... pour le moment

Peut-on vivre avec 34 euros par mois ? ce sera le prochain témoignage

07:10 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : monique maitte, caf, rmi | | |  Facebook

14.07.2008

François

" Salut, tu veux un jus de fruit ?"
" ha oui, c'est gentil"
" d'où tu viens, je t'ai jamais vu à stras "
" je suis de montpellier, je suis là depuis 15 jours à peu près"
" je le crois pas ça, qu'est ce qu'un mec du sud vient foutre içi ? tu sais stras est une ville dure..."
" oui, j'ai remarqué, ce n'est pas très cool... Ma mère est morte et avec mon père ça ne va pas..."
" alors quitte à partir t'as pris la route quoi ? mais pourquoi stras putain ?"
" c'est loin, c'est différent et puis on m'avait dit qu'içi j'aurai de quoi loger "
" y'a 400 personnes qui crèvent dans nos rues mon gars et ça ne date pas d'hier"... As-tu rencontré des associations ou une AS ?"
" non, je ne sais pas où aller, je ne connais personne, parfois on m'héberge par ci par là, mais je suis surtout dehors "
" ok, quel age as-tu" - "24" - "donc pas de rmi, pas de revenus... as-tu déjà été dans un hébergement ? est ce que tu en connais le fonctionnement ?"
" j'ai passé 2 nuits au chateau d'eau, mais j'ai eu un souci avec un drogué"
" oui, je comprends. Tu es d'accord pour trouver un hébergement, tu sais qu'on nous oblige à passer par l'urgence, par le temporaire...???"
"oui, j'en ai marre"
" écoute, cette règle est merdique et indigne mais elle est incontournable. Les gens de la rue on leur impose plein de merdes, histoire de les assouplir peut-être. Si tu ne comprends pas qu'on est coincé et les assos aussi ça va te laisser à la rue, tu comprends ? Nous on ne te demandera rien, si tu veux mardi on se retrouve là et on donne quelques coups de fil... Pas de promesse mais on essaye avec toi. On ira dans une association..."
" c'est pas obligé l'assos, je peux me démerder quand même"
" L'assos c'est aussi incontournable... mais là, ça vaut le coup. L'assos c'est une adresse, les papiers qu'on fait pas seul, elle téléphone pour toi pour te trouver une place et puis tu fais de belles rencontres parfois, moi j'ai une bonne référente "
" vous êtes en assos vous "
" qu'est ce que tu crois, on est tous de la rue"
" alors ok, à mardi"

06:20 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | | |  Facebook

05.07.2008

Fabienne Jouvet, porte-parole des « Sans Rien » : j’ai rencontre des laïques chaleureux et solidaires

Par Pierre Cassen - RIPOSTE LAÏQUE

Riposte Laïque : Peux-tu d’abord expliquer à nos lecteurs ce que sont les « Sans Rien », quelle est leur histoire, et quels sont les objectifs de ton association ?

Fabienne Jouvet : Les « SansRien » sont nés en 2000, c’est un réseau de résistance, qui fonctionne sur le même schéma que les réseaux de résistance pendant la guerre, nous sommes plus de 3000 résistants sur le territoire français, les « SansRien » ont été repris dans la même forme, en Espagne et en Belgique, nous sommes aussi ONG en Afrique (Benin, Centre Afrique et Togo) où là la priorité est l’éducation, permettre aux enfants d’étudier et de travailler dans leur pays de naissance, sans avoir besoin de s’expatrier pour survivre. Ce réseau africain fonctionne sous forme de parrainage, une personne prend en charge un enfant, et assume les frais scolaire de cet enfant, du collège à la faculté, en matière de livre et fourniture scolaire.

L’enfant et sa famille entretiennent par mail ou courrier postal des liens étroits avec le parrain (ou marraine) ; il y a un engagement de part et d’autre à tout faire pour soutenir l’enfant dans sa scolarité, tous les enfants sont issus de famille pauvre, chaque étudiant s’engage à rester exercer dans son pays. Au début nous n’étions qu’un réseau de mise en relation, pour tenter de réduire au minimum les délais d’intervention, sachant qu’en matière de précarité il faut toujours agir dans l’urgence.

Puis, nous avons fait le constat, que notre action ne servait à rien, ou pas à grand-chose, car les problèmes revenaient sans cesse, d’une manière récurrente, et que notre tribu voyait arriver une cohorte de travailleurs précaires, de malades et d’handicapés ; nous sommes donc entrés en lutte, en devenant revendicatifs, en nous montrant et en dénonçant ce gouvernement, qui se révélait incapable de respecter nos droits constitutionnels, de même ceux inscrits dans la déclaration des droits de l’homme.

Certes nous avons perdu dans ce changement de voie (ou voix) plusieurs centaines de « résistants » mais ceux qui sont restés, étaient déterminés à entrer en lute, pour faire reculer la misére et la précarité, et obliger l’état à respecter nos droits de citoyen.

Riposte Laïque : Tu as fait un Tour de France, qui a démarré à Bordeaux, le 9 juin, et s’est terminé dans les Yvelines, le 24 juin. Tu as été accueillie, et soutenue, par quelques associations, dont des laïques. Peux-tu nous faire un premier bilan de ce Tour de France ?

Fabienne Jouvet : Nous sommes partis, de Bordeaux, avec des objectifs de fous, réunir, fédérer, personne n’y croyait vraiment, personne non, pas personne, un certain Christian Gaudray, de Cestas, qui dès le départ nous a poussés, et qui malgré le manque de temps évident, à dit "on y va, faut le faire, c’est un beau projet".

Alors grâce à tous, la bande de Pau, une "UFAL" tout jeune ; mais alors très, non TRES déterminée, des "laïques-humanistes-militants-résistants", et puis une Suzy Candido, à Toulouse, étonnante petite bonne femme, militante surdouée, et bourrée d’énergie. Elle a épousé notre cause à bras le corps. Et puis Marseille, avec votre collaboratrice Brigitte Bré Bayle, et Phillipe, dans les locaux d’ATD Quart monde, une soirée riche de contact et d’engagements.

Et puis Dijon avec Jacques Delemontez, merci à toi Jacques, à ta femme aussi, là encore de vraies relations, de vrais engagements, la laïcité, celle qu’on aime, solidaire et tolérante, révoltée et résistante. Strasbourg avec Thierry Kopernik, une rencontre rare, avec quelqun de rare, puis ce fut Metz et Jean Paul Wagner, et ATD Quart monde, pour un débat animé, et puis Rennes avec Raphaël, un Raphaël malade, mais qui à tout donné pour la réussite d’une soirée, qui fut réussite.

Et puis la région parisienne avec le suractif passionné et engagé Jean-François Chalot et Patrice Theveny, là ce fut la folie, concert, (merci ALex) débat, élus, associations, tous là, pour la même cause, tous solidaires et convaincus. Vaulx le Penil, un peu à l’image du village gaulois Axtérix, insoumise, et Paris et Horia (une grande femme brune qui a une grosse colère contre les islamistes), un débat dans un troquet ou j’ai presque touché mes limites d’argumentation avec un adjoint au maire, puis Morsang, une étape forte, et pour finir Mante la Jolie.

Une ballade avec Hayet Morillon, dans sa mairie, puis sur un grand marché, et puis plus tard, une belle rencontre avec toi, Pierre, et Rosa Valentini, et un témoignage, fort et beau, sur une histoire de CAT, menacé puis sauvé. Enfin, un dernier repas, avec Colette et Christian, qui m’ont accompagnée lors de ce tour de France, sur la péniche de Christophe et Nadia, quartier général de l’Ufal des Yvelines. Toutes les étapes sont racontées sur notre site, et si les personnes citées, veulent y rajouter leurs « pates » elles sont les bienvenues.

Jamais je n’oublierai, c’est le carburant qu’il me fallait, vous êtes tous, les amis qu’il nous fallait, ceux avec qui nous allons marcher, nous tenir, droit et digne, et avec qui nous nous battrons, merci à tous de votre engagement, merci d’y croire, et d’être assez fous pour vous associer à notre détermination, faire reculer la misère et la précarité, et exiger le respect de nos droits de citoyen.

Ce tour de France aura marqué le début de quelque chose, sur chaque étape, aidé par des laïques engagés (parfois enragés) qu’ils soient de l’Ufal ou pas (ou plus) nous avons réuni des associations, comme ATD Quart Monde, présent depuis le début, avec nous, et CREER association d’aide aux chômeurs et précaires, Nouveau souffle que nous avons rapproché de CREER, car ils avaient les mêmes objectifs, AC ! agir contre le chômage, AIRSS association de lutte contre les maladies orphelines (plus particulièrement, le syndrome de SAPHO), Handi Social qui aide les personnes malades et handicapées à se sortir de la complexité administrative, entre autre, et puis aussi un collectif SDF, et puis un autre collectif de SansPapiers, des militants de RESF, tous, ont rejoint notre idée, entrer en lutte, exiger, tous ont décidé de travailler ensemble à cette construction, tous se reconnaissent comme « résistants ».

Nous avons pris la mesure de notre force, de notre nombre, nous avons réappris avec délice le sens du mot SOLIDARITE. Nous avons pris des leçons de courage et de dignité, avec les SDF de Strasbourg, nous avons écouté leur colère, leur impression d’avoir été manipulés par les « Don Quichottes », car la plus grande partie d’entre eux, sont repartis à la rue, dans l’indifférence quasi générale.

L’hiver prochain, il y aura d’autre tentes, ils iront, c’est comme une « pause » disent-ils des « vacances », des duvets propres, de quoi manger, mais on attendra rien de plus, car il n’y aura rien de plus. Partout nous avons rencontré des gens debout, ils sont prêts à l’action, ils nous encouragent, et nous disent de ne pas baisser les bras, ils sont avec nous, nous sommes rentrés, mais tout commence, il faut organiser, rassembler, informer et se montrer, être présent partout et se montrer, La date du 17 Octobre, doit réunir dans la rue, des millions de gens, en lutte contre la misère et la précarité, nous allons gueuler fort, plus fort en encore plus fort, avec vous, avec eux.

Riposte Laïque : Les laïques et les républicains craignent que la conception libérale du gouvernement n’amène les associations religieuses à se substituer aux défaillances sociales de l’Etat, comme cela est souvent le cas dans des pays anglo-saxons ? Les « Sans Rien » sont-ils sensibles à cette question ?

Fabienne Jouvet : Bien sûr, mais dans beaucoup de cités, l’aide que reçoivent les gens, vient de ces associations religieuses, il n’y a rien d’autre, c’est normal, aucune autre alternative, l’Etat s’est désengagé des questions de la précarité, alors forcément, c’est dangereux, car la précarité affaiblit, et l’assistanat, n’apporte rien. C’est humiliant et les gens finissent par perdre la notion même de la dignité, de la citoyenneté, c’est pourquoi il est important d’être présent, il suffit parfois de parler, il suffit parfois de demander une réciprocité, par exemple, une personne vient demander une aide pour faire une demande de FSL (fond de solidarité logement), il la reçoit, mais en parlant avec lui on s’aperçoit que cette personne aime bricoler, alors on lui demande de prendre un peu de temps pour animer un atelier pour aider des gamin à réparer eux même leur vélo, ce n’est qu’un exemple, applicable à plein de situations, et là, plus la peine de parler de réinsertion, elle va de soit, idem pour la solidarité, le respect de l’individu et la ré-appropriation de son rôle de citoyen.

Riposte Laïque : Comment vous situez-vous, politiquement ? Etes-vous prêts à travailler avec tout le monde, ou bien vous cantonnez-vous au soutien du mouvement social et des partis de gauche ?

Fabienne Jouvet : Alors là, je n’en sais rien, personnellement à gauche c’est sûr, disons, que je suis pour une société juste et solidaire, qui prend soin des plus faibles, une société qui partagerait les richesses, pas la misère ! Un Etat laïque ou chacun aurait la liberté de ses opinions et de ses croyances, alors si vous connaissez une famille politique qui tient compte de tout cela, j’adhère tout de suite. En ce qui concerne le réseau, toute personne qui s’engage dans cette lutte et entre en résistance à nos côtés, est la bienvenue, seuls sont demandés, les noms, prénoms,contacts, et ville, le nom n’est même pas obligatoire, et le prénom peut être un pseudo, seules obligations la ville de résidence et un contact, pour pouvoir être "alerté" et mobilisé très vite si besoin.

Riposte Laïque : Quels sont les premiers enseignements que vous tirez de votre Tour de France ?

Fabienne Jouvet : Ensemble, tout est possible, nos revendications ne sont pas utopiques, elles sont légitimes, c’était évident partout, même chez des politiques de droite ; c’est dire !

Notre lutte est humaniste, elle vise à remettre l’humain au centre de tout, il faut que la lutte contre la précarité devienne une cause nationale.

Riposte Laïque : Une fois qu’on a fait les premiers bilans, il faut parler perspectives. Comment voyez-vous la suite ?

Fabienne Jouvet : La lutte, toujours et encore,

Le 17 octobre, bien sûr, mais aussi afin de préparer cette journée, mettre en place, avec vous, plein d’interventions, de petites actions locales, partout en France, être le poil à gratter du gouvernement, qu’ils se grattent jusqu’à enlever cette espéce de crasse anti-sociale, en qu’enfin, ils nous écoutent, il serait grand temps, tant qu’il est temps.

Propos recueillis par Pierre Cassen

http://www.sansrien.net

Nous écrire : sansrien33@aol.com

14.04.2008

L'album du 12 avril à Strasbourg est en ligne

MERCI À TOUS CEUX QUI ÉTAIENT PRÉSENTS...

17:22 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : NON AUX FRANCHISES MÉDICALES, STRASBOURG | | |  Facebook

02.03.2008

Sur le pavé la table est mise ...

• Gaspillage de nourriture : Nuit du 28 au 29 février, dans une ville, en face d'une enseigne populaire...
http://fr.youtube.com/watch?v=OtXzLisdjr4

07:09 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gaspillage de nourriture | | |  Facebook

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