09.08.2008
Logement, hébergement social ; du nouveau à Lyon
Ouverture d’une "maison de la veille sociale" rassemblant toutes les associations et organismes liés au logement social.
C’est un lieu de coordination de l’ensemble de l’offre d’hébergement, dans toutes ses étapes, de l’urgence jusqu’à l’accès au logement autonome. Avec le Dalo, (droit au logement opposable, en vigueur depuis le 1er janvier 2008, NDLR), une personne qui entre dans une structure d’hébergement ne devrait plus se retrouver dans la rue. Mais dans les faits cela ne se passe pas toujours comme ça, car il y a un problème de places et qu’il faut une rotation dans les centres d’hébergement. L’idée est donc d’organiser un lieu d’accueil et de régulation.
Mais le problème fondamental n’est pas réglé : le manque de places dans les centres d’accueil d’urgence et, en bout de chaîne, de logements sociaux, est toujours là.
Le problème n’est pas tant le nombre de places dans les centres que leur mauvaise gestion. Là où le projet est innovant, c’est qu’il propose un accueil unifié, afin de ne plus faire subir le parcours du combattant aux personnes qui font appel à l’hébergement d’urgence. Ils passent parfois par deux entretiens, et sont baladés d’un centre à l’autre. Là, on aura toutes les places disponibles sous les yeux, grâce à un système d’informations qui devrait devenir régional.
Il était temps ! Cela existe déjà en Isère, en Savoie et dans la Loire mais, jusqu’alors, pas dans le Rhône.
Maintenant, il va y avoir un diagnostic puis une orientation adaptée auprès des personnes qui en ont besoin. Cela va faciliter les saisies de recours en hébergement, et désengorger la commission de médiation, à la préfecture.
La maison de la veille sociale ne sera pas vraiment une nouvelle structure car elle est fondée sur des choses qui existent déjà. Chaque association enverra l’un de ses travailleurs sociaux pour faire une permanence sur place, à tour de rôle.
Beaucoup des gens restent dans les centres d’hébergement alors qu’ils pourraient très bien vivre dans leur propre appartement. Le but est donc que les bailleurs sociaux jouent le jeu, que ce dispositif soit une garantie pour eux et qu’ils aient enfin confiance dans les gens qui ont eu ces parcours et les prennent enfin comme locataires.
La Ville de Lyon s’est engagée dans le projet en mettant à disposition les locaux de la MUSE (Maison de l’urgence sociale et de l’entraide), dans le 3è, et trois employés à temps plein, pour faire de l’administratif et du secrétariat.
Propos de Sandrine Runel. La plus jeune élue (PS) au conseil général du Rhône, et directrice régionale de la Fnars (Fédération nationale des associations de réinsertion sociale).
source : http://www.evous.fr/lyon/Logement-hebergement-social-du,2...
10:56 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : logement, hébergement social, urgence sociale, maison de la veille sociale |
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02.08.2008
La parole des SDF ?
Le désaveux de notre parole est constant !
Contacté par une organisation européenne au sujet de la parole des SDF, nous avons trouvé "amusant" que pour une fois qu'elle est sollicitée nous devions respecter un nombre précis de caractères !
Une amie du collectif nous envoie, pour info, l'enquête participative d'agora sur la parole des sdf, la place des pauvres en france.
Ce sera tout ?
Non, voilà le nouveau plan de Christine Boutin. 25 associations réunies" protestent sur certains articles... Mais restent silencieuses sur les articles 23 et 26. Le premier "assoupli" le quota de places en hébergement d'urgence en y intégrant les places de CHRS et de stabilisation. Le 2e propose de la sous-location temporaire sans garantie de relogement et pas un mot sur l'accompagnement social !
Les souvenirs remontent : décembre 2006 à strasbourg, la naissance des don quichotte, "la prise" du campement... et le vol, le détournement, le désaveux de notre parole... comme d'habitude.
Il ne s'agit pas de dénoncer l'action des associations qui sont engagées dans la précarité, dans l'urgence sociale, mais de mettre en avant combien elles collent à un modèle installé depuis des lustres qui nous déni toute parole et de ce fait va à l'encontre de nos besoins, de nos demandes et, plus incroyable, de leurs intentions.
Notre parole ?
Quelques témoignages apparaissent parfois, très rarement, en réunion. Ces témoignages ont été recueillis par les travailleurs sociaux d'une structure. Les questionnaires ont été développés en interne, on a fait appel à un sociologue comme si ce titre détenait notre vérité.
À quel moment de ce processus les SDF sont consultés ? Jamais évidemment.
Ces "témoignages" répondent aux questions que les "acteurs" de l'urgence sociale se posent, en nous tenant à l'écart ou en filtrant notre perception, notre avis d'usagers comme ils disent. Généralement sur les témoignages recueillis on en sélectionne quelques uns; sur quels critères ?
Ne sommes nous pas acteurs pour que notre parole, lorsqu'elle est sollicitée soit filtrée ?
"les sdf sont fragiles"; voilà l'excuse la plus souvent utilisée qui est lâchée !
"les sdf n'ont pas l'habitude de parler"... sous-entendu "ils s'expriment mal".
Les images des sdf filmés lors du mouvement edq sont dans les mémoires; les médias ont aimés ces hommes gueulant devant la caméra. Les médias qui pour une fois nous "donnaient la parole" se sont amusés de nous.
C'est pour cela que nous avons créé nos blogs.
Les exclus sont systématiquement exclus de leur "insertion"
C'est pour nous mettre à l'abri;
C'est pour nous placer hors péril;
C'est pour préserver notre anonymat;
Ces principes associatifs ne sont jamais remis en cause. On nous protège sans nous demander notre avis.
La distance, la violence même, qui s'intensifie entre les travailleurs sociaux et leurs "usagers" vient de là.
Une association nous appelait "clients"; j'en ai profité un jour en me positionnant comme "cliente insatisfaite et exigeante". On m'a vite replacée dans mon rôle de crève la faim dépendante. J'ai prouvé mon indépendance, en ne revenant plus. J'ai payé cash ce désaveu de ma parole, de ma personne.
L'urgence, l'hébergement, les dispositifs... ça ne marche pas
La précarité n'est pas enrayée, et elle gagne du terrain.
Tout le monde s'accorde à dire qu'elle touche tout le monde ! Le travailleur sdf, le divorcé sdf, la famille sdf... Pourtant l'image du sdf ne change pas et notre position dans tout ce foutoir de bonnes intentions n'évolue pas; forcément.
Le manque et l'impossible, voilà dans quoi on nous place, le seul "choix" qui nous est imposé. Car le sdf dans le circuit de l'urgence et de l'insertion se retrouve à chaque étape dans l'arbitraire.
Toute action passe par la contrainte
"Ce n'est pas ce que j'ai dit", "il ne s'agit pas de ça", "vous ne comprenez pas"
On a beau le dire, le répéter, nos interlocuteurs n'entendent pas nos demandes. L'objectivité n'a pas sa place dans l'urgence.
Les associations nous reprochent de vouloir "aller trop vite", nous "devons" suivre un circuit... parce-que "il faut parer au plus pressé" vous comprenez !.
Entre nos droits à (se) retrouver et l'urgence à parer, il y à les morts de la rue dont on ne connaît pas le nombre, les laissés pour compte, ceux qui baissent les bras.
Vivant ou mort le sdf est effacé systématiquement
Elle vient de là notre "invisibilité". Au collectif nous en avons parlé souvent de notre invisibilité, en dehors d'une "stagiaire" personne ne s'est intéressé à ce phénomène.
L'effacement
"le grand David", "Fred le rat", "Papillon", "Tchao", "l'intello" ... Aucun de nous n'avait de papiers, perdus depuis des lustres...
La volte face impossible
Toutes ces associations humanitaires;
Toutes ces personnes qui veulent nous aider à "en sortir"
Et ce constat : les sdf sont coincés dans la précarité et l'urgence sociale est dans une impasse.
Il serait temps de donner un espace à "la parole des sdf"
12:09 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : la parole des sdf, sans-abri, strasbourg, alsace, urgence sociale, action sociale, association humanitaire |
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02.07.2008
Familles à la rue : nouvelles tentes rue de la banque - Paris 2e
Familles expulsées, familles à la rue : il n’y a plus d’hébergement, le 115 et les services sociaux ne répondent plus.
10 tentes sont installées sur le trottoir de rue de la banque, pour 10 familles, depuis midi.
Rassemblement de solidarité ce soir
à partir de 17h30, 24 rue de la banque
Depuis quelques semaines, le DAL reçoit des familles et des personnes à la rue, à la suite de leur expulsion, d’une fin d’hébergement en foyer ou chez des tiers., à Paris et en Banlieue
Après avoir passé des heures à attendre une réponse du 115, ou des services sociaux, les sans logis se retrouvent le soir à nouveau à la rue.
L’insuffisance des moyens d’accueil décents sont criants, particulièrement dans les départements de banlieue, mais de plus en plus à Paris.
Cette situation ne peux plus durer, alors que les expulsions vont s’intensifier avec la fin de l’année scolaire. Des centaines de familles ont été avisé que la police les expulsera à partir de début juillet !!
De nouvelles tentes ont été installées devant la permanence du DAL, 24 rue de la Banque, en attendant que le Ministère du logement et les conseils généraux donne des instruction pour héberger décemment ces familles et ces personnes, en attendant leur relogement.
La permanence du DAL est ouverte tout l’été, d’autant plus que des milliers de ménages cet été sont menacé d’expulsion sans relogement et sans même un hébergement.
DAL demande un rendez-vous avec le Préfecture de région et la ministre du logement :
- pour l’hébergement décent et durable jusqu’au relogement de ces familles et personnes à la rue
- la mise en oeuvre immédiate de la loi de réquisition ,
- l’arrêt des expulsions sans relogement,
- le respect de l’obligation d’accueil des personnes et familles à la rue,
- l’accélération de la loi DALO dont les résultats sont aussi désespérants que la crise du logement et les politiques gouvernementales du logement.
Dernière minute : la privatisation du Livret A passe en dernière lecture au Sénat demain. Le livret ne serait plus défiscalisé, à partir de l’année prochaine .... C’est la liquidation du Livret A et des moyens de financement du logement social
Rassemblement de solidarité ce soir
à partir de 17h30, 24 rue de la banque
Suivre l’actu DAL: <http://www.dalfr.org/> ou <http://www.globenet.org/dal/>
La campagne pas touche au livret A <http://www.pastoucheaulivreta.net>
14:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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20.06.2008
Seize associations au comité de suivi du droit au logement opposable
Le Journal officiel a publié jeudi un décret qui prévoit un total de 37 membres pour siéger au comité de suivi de la mise en oeuvre du droit au logement opposable, qui comptait déjà notamment des représentants de l'Association des maires de France, de l'Agence nationale de l'habitat ou de l'Union nationale des associations familiales.
Les représentants de seize associations y siègeront : Les Enfants de Don Quichotte, Emmaüs France, Croix-Rouge française, Secours catholique, association des cités du Secours catholique, Fédération nationale de l’entraide protestante, Secours populaire français, Fondation de l’Armée du salut, Médecins du monde, ATD Quart-Monde, Oeuvres hospitalières françaises de l’ordre de Malte, Fédération nationale de protection civile, Union nationale des associations gestionnaires de foyers de travailleurs migrants et de résidences sociales, France terre d’asile, collectif Les Morts de la rue, Fédération nationale des samus sociaux. AFP
06:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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31.05.2008
Droit au logement : l'Etat peine à débloquer les moyens
Le rapport du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées a été publié hier. Il dénonce le décalage considérable entre le nombre de ménages concernés et les capacités de réponse.
Adoptée dans l'urgence début 2007, sans une seule voix contre au Parlement, la loi qui a créé un " droit au logement opposable (Dalo) " pour les Français en difficulté a-t-elle la moindre chance de devenir réalité ? Rendu public hier, le rapport du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées permet d'en douter. Institué il y a treize ans pour tenter de mettre en place des solutions à la crise des sans-abri, le Haut Comité, présidé par Xavier Emmanuelli, a longtemps milité pour le droit au logement, mais réclame aujourd'hui à l'Etat les moyens de ses ambitions.
La loi a désigné une autorité publique responsable, l'Etat. Elle a institué une voie de recours amiable, depuis le 1er janvier 2008, et de recours contentieux à partir de janvier, pour les personnes dans les situations les plus dramatiques. " Il faut maintenant doter l'autorité responsable de l'ensemble des moyens nécessaires ", martèle le rapport avant de pointer du doigt le décalage considérable entre le nombre de ménages dont la situation relève de l'urgence et les capacités de réponse mobilisables par les préfets chargés d'appliquer le droit au logement.
Le constat est sévère. Le droit au logement opposable vient impacter un parc HLM déjà bousculé par la crise du logement. Le nombre de demandeurs dans le secteur HLM est estimé à 1,3 million de personnes, dont 374.000 en Ile-de-France. Seulement 450.000 logements sont attribués dans le cadre d'une procédure qui reste encore opaque. Le demandeur doit déposer plusieurs demandes dans plusieurs lieux sans savoir si ses chances vont en être accrues.
" Procédure d'urgence sociale "
La manière dont les réservataires (préfets, élus, organismes) décident des attributions reste mystérieuse. La notion de délai anormalement long fixé par les préfets varie - un an dans la Sarthe, trente mois en Ille-et-Vilaine, jusqu'à dix ans à Paris pour les plus grands logements. Le taux de rotation du parc HLM ne cesse de baisser au fur et à mesure de la hausse des prix dans le parc privé : il atteint 6,8 % (à peine 1 % pour les grands appartements) à Paris, contre 9,9 % pour l'ensemble de la France. Autres constats : la situation tendue dans le secteur HLM rend encore plus insupportable la crise du logement dans le secteur privé, provoquée par le doublement des prix de vente dans l'ancien depuis l'an 2000 et l'explosion des loyers. De surcroît, l'effort de la collectivité en faveur du logement a baissé. La subvention de l'Etat ne représente plus en effet que 4 % du prix de revient d'un logement PLUS et 13 % d'un PLAI, deux catégories de logements sociaux réservés aux ménages modestes.
Pour tenter de sortir de cette situation, le Haut Comité demande que, dorénavant, les aides fiscales soient conditionnées à des contreparties sociales, et qu'elles permettent la construction d'un parc locatif conventionné. Il demande surtout que la manne que représente la fiscalité des transactions serve au financement du droit au logement et de la mixité sociale, et exige la création d'une " procédure d'urgence sociale ". Objectif : créer rapidement, sous la responsabilité du préfet, et lorsque le contexte local le justifie, des structures d'hébergement et des maisons relais. L'Etat pourrait alors délivrer directement le permis de construire et gérer les demandes de financement. Les contentieux contre les permis de construire seraient traités en priorité avec possibilité de déroger au Code du marché public. Un vrai plan Marshall du logement des personnes défavorisées.
JULIE CHAUVEAU POUR LES ÉCHOS
08:39 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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