10.11.2009

Sans-abri: «Il faut d'abord régler la question de l'hébergement»

INTERVIEW - Olivier Bernard, président de Médecins du Monde, réagit au plan «pour un service public de l'hébergement» présenté ce mardi par le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu.

Recueilli par Marie Piquemal pour Libération

Le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, a présenté ce mardi une série de mesures pour une meilleure prise en charge des mal-logés et des sans-abri. Entretien avec Olivier Bernard, président de Médecins du Monde, dont les maraudes sont présentes au quotidien dans la rue.

Quel est votre sentiment général sur ces annonces?

Chaque année, c'est la même chose. A l'approche de l'hiver, le gouvernement fait de nouvelles annonces en matière de logement. On se souvient par exemple de l'entrée en vigueur du dispositif Dalo (le droit au logement opposable, ndlr)... Et des décalages entre les intentions et la réalité : selon une récente étude, en Ile-de-France, seules 25% des personnes ayant obtenu un avis favorable des commissions de médiation ont été relogées.

Cela étant dit, il y a des choses intéressantes dans les annonces de Benoist Apparu aujourd'hui, comme cette notion de suivi individualisé des personnes vivant dans la rue.

Vous voulez parler de la proposition de «référent personnel» des sans-abri. Cette annonce est-elle réaliste ?

L'intention est intéressante. Sur le terrain, nos équipes essaient déjà de mettre en œuvre ce suivi personnalisé, en nouant des liens de proximité avec les personnes vivant dans la rue. L'idée d'un référent unique n'est donc pas une mauvaise idée. On est prêt à travailler sur la question. Même si rappelons-le, le meilleur moyen d'aider les sans-abri, c'est d'abord de régler la question de l'hébergement d'urgence. Et le volet logement du plan Apparu n'est pas suffisant.

On manque de places dans les hébergements d'urgence?

Oui, il faut plus de places mais surtout une offre plus adaptée. Médecins du monde se bat sur cette question depuis 2002: il faut absolument développer des structures d'hébergement plus souples, gérées en collaboration avec les associations. On le constate tous les jours: de nombreux sans-abri refusent de dormir dans ces centres car ils ne sentent pas en sécurité. En pratique, on demande des structures à taille humaine, accueillant 20 à 25 personnes. Il faut aussi leur permettre de venir avec leurs chiens, tolérer une certaine consommation d'alcool et les autoriser à rester plusieurs jours. Et mettre à leur disposition un casier personnel pour ranger leurs affaires.

Avez-vous été auditionné par Benoist Apparu ?

Non, pas directement. Mais on est en contact régulier avec le ministère. Et certaines des propositions présentées aujourd'hui s'inspirent d'expérimentations de terrain. Par exemple, Benoist Apparu a annoncé le développement d'équipes mobiles pour traiter les troubles psychiatriques des personnes vivant dans la rue. On a déjà mis en place un tel dispositif à Marseille après s'être rendu compte que les troubles psychiatriques sont 5 à 20 fois plus présents chez les sans-abri que dans le reste de la population.

09.11.2009

Hébergement d'urgence : la ville de Chartres renvoie la balle dans le camp de l'État (en laissant les gens à la rue ?)

Après la fermeture du site des Blottes fin avril, la ville ne met cette année aucun local à disposition de l'accueil d'urgence pour l'hiver. Depuis dimanche, c'est à l'hôtel qu'on loge ceux qui sont à la rue.
L'hiver, les nuits s'allongent. Elles vont bientôt devenir interminables pour ceux qui sont à la rue et qui, pour la première fois depuis trois ans, ne vont plus disposer d'un lieu d'accueil pour les jours « sans ».

Après la fermeture en mai des locaux de la rue des Blottes à Beaulieu, la ville vient d'annoncer qu'elle ne mettrait plus de site à disposition pour l'accueil d'urgence des sans domicile fixe, dont elle estime qu'il n'est pas de son ressort : « C'est de la compétence de l'État », explique Élisabeth Fromont, première adjointe au maire de Chartres, qui tranche ainsi le bras de fer engagé par des associations comme le Foyer d'accueil chartrain (Fac) avec la ville pour obtenir un coup de pouce dans le domaine.

Le « 115 » affiche complet

Jusqu'en mai, rappelons-le, l'association, dont les rapports avec la ville sont de longue date plus qu'épineux, était parvenue, de haute lutte, à sauver les locaux mis à sa disposition depuis trois ans par Chartres Habitat rue des Blottes. Y étaient installés plusieurs appartements destinés aux accueils d'extrême urgence.

Les utilisateurs l'avaient baptisé le « 115 », en référence au numéro de téléphone réservé aux soirs où l'on ne sait plus où aller. Un local mis à disposition par une commune, géré par une association, et qui venait s'insérer dans le plan d'accueil d'urgence piloté par l'État : le système, courant dans nombre de villes, de droite ou de gauche, grandes ou petites - Argentan, dans l'Orne, a son hébergement d'urgence - a fait la démonstration d'un besoin sans cesse croissant : à l'hiver 2008-2009, le « 115 » avait affiché complet non stop. 4.867 nuitées (près de 200 personnes concernées) pour... 2.077 en 2005-2006.

Mais, car il y a un mais, les locaux étaient mis à disposition à titre provisoire, la barre des Blottes étant vouée à démolition dans le cadre de la réhabilitation de Beaulieu. Pas de surprise donc lorsque fin avril, les occupants avaient dû plier bagage. À ceci près que rien ne présageait que le système ne serait pas reconduit, sur un autre site. « Nous serons prêts début novembre pour l'hébergement d'urgence », commentait Élisabeth Fromont à l'époque, sans cependant donner plus de précision. Six mois plus tard, la donne a radicalement changé. La ville préfère désormais se consacrer via le CCAS à des actions de réinsertion sur le long terme et renvoie la balle de l'accueil d'urgence dans le camp de l'État « dont c'est effectivement la compétence », admet Alain Espinasse, secrétaire général de la préfecture.

Pas un seul site dans toute l'agglo

Tout serait donc simple, finalement ? Pas vraiment. Car les locaux ne pullulent pas. En construire ? Pas exclu... mais un peu tard pour l'hiver 2009. En louer ? « Aucune commune de l'agglomération ne nous a rien proposé », explique Alain Espinasse, qui ne décolère pas à l'idée que la seule piste esquissée, à Chartres - des locaux des hôpitaux à Saint-Brice, qui viennent de se libérer en octobre - , se soit évanouie aussitôt suggérée, faute d'aval du président du conseil d'administration de l'hôpital, maire de Chartres, donc.

Les alternatives ne sont donc pas légion. « La seule solution reste le recours aux nuits d'hôtel », explique Alain Espinasse. « Mais elles sont coûteuses et elles permettent d'accueillir moins de monde. » La ligne de crédit de 180.000 € l'an passé avait permis de financer un accueil de 42 places, du 1er novembre au 30 avril et les postes de travailleurs sociaux qui en étaient chargés. Le même budget financera tout juste cette année 30 places d'hôtel chaque nuit. Mais sans aucun accompagnement social cette fois, un manque dénoncé par un très sérieux rapport de la cour des comptes en 2007. De fait, dans la seule nuit de lundi à mardi, les prévisions ont déjà été dépassées. 38 personnes ont déjà été hébergées à l'hôtel et trois in extremis, faute de place d'hôtel, sur le site du Fac rue Hubert-Latham. Et le plan hiver vient seulement de commencer.

07.11.2009

Les bénévoles de la Table du soir remettent le couvert

Source sud-ouest - Depuis jeudi soit et la réunion du conseil d'administration de la Table du soir, Jean-Michel Prietto est le nouveau président de l'association. Il succède à Christiane Saint-Paul. Lundi 16 novembre, l'organisation caritative distribuera ses premiers repas de la saison aux démunis.

« Sud Ouest ».

Vous êtes président pour une année renouvelable. Que faut-il attendre de votre mandat ?

Jean-Michel Prietto. Il faut rester sur ce que l'on sait faire. L'association marche bien, je veux simplement m'inscrire dans la continuité du travail effectué. Je suis président aujourd'hui, mais la Table du soir est un projet collectif. Après, on va essayer d'améliorer l'accueil de nos invités. Nous avons demandé à la mairie d'agrandir le local de distribution (il se situe tout au bout de la rue Sainte-Ursule, face à l'Adour) des repas et elle a accepté.

On veut aussi améliorer le contenu de nos repas. Repas complets, je le rappelle. La banque alimentaire est notre fournisseur essentiel, elle nous permet de mener notre action. On sait qu'elle rencontre des problèmes en ce qui concerne la viande, car les normes sanitaires sont de plus en plus strictes.

Quelle solution pour les produits carnés ?

Nous avons un partenariat depuis trois ans avec le magasin Géant, d'Anglet. Les gens qui font leurs courses font valider leur ticket par la caissière, ils nous les font passer et Géant nous applique un pourcentage. L'an dernier, ce système nous a permis d'acheter pour plus de 1 000 euros de poisson et de viande.

Entendez-vous développer ce fonctionnement ?

Non, car on ne va pas concurrencer la Banque alimentaire qui vit des dons de la grande surface et effectue un travail colossal. Sans elle, on ne pourrait pas servir tous ces repas.

Justement, combien en servez-vous chaque soir ?

Environ 70. Mais l'année dernière, pour la première fois, nous avons connu des pics à plus de 100 repas. En dix ans de bénévolat pour la Table du soir, j'ai vu ce nombre doubler. Au départ, c'était 25 à 30 repas quotidiens. Cette saison, on va repartir au minimum sur ces bases.

Vous êtes à un poste d'observation des difficultés sociales : notez-vous une évolution dans le profil de vos « invités » ?

Il a changé ces dernières années. Il y a dix ans, la majorité des accueillis était des SDF (sans domicile fixe, NDLR). Ils étaient fixés sur Bayonne, vivaient ici, dans les rues. Depuis quelques années, on a vu arriver des retraités. Avec de maigres retraites, ils se retrouvent en difficulté sur le « b-a-ba » : se nourrir. Nous en accueillons une quinzaine par soir.

On a vu aussi arriver des gens avec des emplois précaires, ou dont les minimas sociaux ne suffisent plus pour vivre. Ceux-là ne viennent plus à partir du 4 ou 5 du mois, et réapparaissent autour du 15. Ils n'arrivent plus à boucler les fins de mois. On a vu aussi des gens en transit l'an dernier. Des saisonnniers qui n'avaient pas trouvé de travail en Espagne. Ce sont ceux-là qui nous ont conduit à servir jusqu'à 100 repas.

Cet afflux de nouveaux invités vous inquiète-t-il pour l'avenir ?

Si ça devait devenir l'ordinaire, il faudrait trouver une nouvelle organisation. Former en conséquence les bénévoles.

Auteur : propos recueillis par pierre penin
p.penin@sudouest.com

29.10.2009

Strasbourg : Capacités d'accueil encore insuffisantes

Le décalage entre les effets d'annonce et la réalité est fréquent. Cela se vérifie aussi pour les femmes battues.

Le plan triennal gouvernemental, qui court jusqu'à 2010, prône que les intéressées « continuent à figurer parmi les publics prioritaires en matière d'hébergement » et qu'il est « nécessaire d'améliorer l'orientation des femmes victimes de violences dans des structures d'hébergement de femmes ».

Dans le même temps, les crédits dédiés au tissu associatif sont rognés. Les subventions allouées en 2009 à "SOS Femmes solidarité" ont diminué par rapport à 2008.
« Et pour 2010, une baisse supplémentaire de 4 à 5% est annoncée, alors que la liste d'attente concerne en permanence 8 à 9 femmes avec enfants, parfois 15 ou 16, déplore Dominique Guillien, directrice du foyer Flora Tristan et de son centre d'hébergement d'urgence. En 2006, nous avions fait une demande pour dix places supplémentaires, et n'en avons obtenu que six l'année suivante ».
L'habilitation pour l'accueil, fixée à 39 résidants, est sous-estimée compte-tenu de la présence d'enfants en assez grand nombre. Dans la réalité, ce sont souvent 42 à 43 personnes qui doivent être logées par le mouvement militant.

La suite de l'article dans les DNA

• AUCUN RAPPORT : La ville de strasbourg et la cus pourraient donner 300.000 euros pour le rallye automobile ...

22.10.2009

Bas-Rhin : le plan d'urgence hivernale "pourrait, peut-être" : chiche !

Bas-Rhin : le plan d'urgence hivernale, revu à la baisse l'an dernier, pourrait proposer 400 places cet hiver... Nous sommes loin du compte !

Par contre, l'expérience ignoble testée l'an dernier, qui "proposait" 42 chaises pourraient être remplacées par une autre expérience. Rien de confirmé pour le moment, mais une structure pilote de 60 places pourrait être ouverte au Neuhof pour permettre l'accueil 24 h/24 des personnes isolées, des couples et des sans-abri accompagnés d'un chien.

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14.10.2009

Strasbourg : Une maison à vie pour des sans-abri de longue durée

20mn Strasbourg -

Habitué à dormir dans la rue depuis une éternité, il a dorénavant un hébergement à vie. « C'est un peu ma maison », confie Arroquiassamy Lamonnaie, heureux de faire visiter son studio, de montrer chaque détail de sa nouvelle vie : ses charentaises au pied du lit, son jeu de cartes près de la fenêtre ou bien encore ses cotons-tiges sur le bureau.

Ce Strasbourgeois de 56 ans vient de s'installer à l'Accueil des deux rives, rue de Lubeck, dans le quartier du Port du Rhin. Une structure de quinze places issue d'un travail de réflexion mené par la Ddass. Sa particularité : elle est dédiée aux SDF vieillissants - c'est-à-dire des personnes, âgées en moyenne de 58 ans, qui vivent dans la rue depuis plus de dix ans -, qu'elle accueille pour une durée illimitée. « Il ne s'agit ni d'un hébergement d'urgence, ni d'un accueil de jour. Elles sont ici chez elles », explique Daniel Baumgartner, le directeur de l'association Horizon amitié, porteuse du projet.

RMiste, Arroquiassamy verse, comme tous les autres résidents, 30 % de ses revenus à la structure. En échange, il est logé, nourri, et blanchi. Il bénéficie également d'un accompagnement sanitaire. « Ces anciens SDF ne sont jamais allés voir un médecin. Alcooliques, ils souffrent des reins, du foie... Certains ont la poliomyélite et sont gangrénés. Il faut donc les soigner et les encourager à se doucher et à laver leur linge », précise Özkan Beceren, le responsable de l'Accueil des deux rives.

Deux travailleurs sociaux et trois auxiliaires de vie leur réapprennent ces gestes du quotidien et les aident dans leurs démarches administratives. « C'est un travail de longue haleine. Les résidents oublient souvent leurs rendez-vous », souligne Patricia Weber, travailleur social. « Une maison de retraite classique ne peut pas les accueillir. Ils ne croient plus en rien, et détestent avoir des obligations », indique Özkan Beceren. Pour cette raison, les règles à l'intérieur de la structure sont très souples. Les résidents sont libres d'aller et venir. Ils ont chacun leur clé, et peuvent s'absenter pendant une semaine. En revanche, il est interdit de boire ou de fumer dans les locaux. Si Arroquiassamy Lamonnaie passe toute sa journée à l'Accueil, à jouer aux cartes ou au billard, il fait figure d'exception. Pendant la journée, la structure se vide de ses occupants. « Un de nos objectifs est de fidéliser les résidents à nos activités. Toutefois, qu'ils rentrent chaque soir est déjà un exploit. Depuis l'ouverture, seules deux personnes sont retournées à la rue », se félicite Daniel Baumgartner.

Le centre est à la recherche d'une enveloppe de 100 000 euros pour couvrir son budget de 500 000 euros. Actuellement, 50 % sont pris en charge par l'Etat, et 15 % par la ville. Dans deux ans, l'Accueil devrait déménager au centre-ville, rue Fritz-Kiener, et ainsi donner une raison de plus à ces anciens SDF de ne pas retourner à la rue. W

Sonia de Araujo

07:01 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, sans abri, sans domicile | | |  Facebook

01.10.2009

Dispositif anti-SDF sous un pont à Orléans

Sous le pont de l'Europe, où des SDF avaient installé leur campement l'automne dernier, des monticules de terre ont été élevés par la communauté d'agglomération d'Orléans qui veut empêcher toute nouvelle installation.
Les SDF ne sont pas les bienvenus sous le pont de l'Europe dans l'agglomération orléanaise.

Après avoir demandé à la justice, à la veille de Noël dernier, l'expulsion d'un couple qui avait installé là son campement, la communauté d'agglomération Orléans val de Loire (AgglO) a fait faire « des travaux de mise en sécurité ». Des monticules de terre entrecoupés de tranchées ont été élevés, empêchant toute nouvelle installation à cet endroit. Un véritable dispositif anti-SDF qui a fait la preuve de son efficacité : à ce jour, aucun autre campement ne s'est installé à cet endroit que le couple, qui y vivait l'automne dernier, n'avait pas été le seul à occuper par le passé.

23 décembre 2008, le tribunal administratif d'Orléans étudie la demandé d'expulsion déposée par l'AgglO, gestionnaire du pont de l'Europe, contre deux SDF, âgés de 27 et 34 ans, installés avec leurs trois chiens sous la tête sud de l'ouvrage qui enjambe la Loire, reliant Orléans et Saint-Pryvé-Saint-Mesmin. Par la voix de son avocate, la collectivité, à majorité UMP, plaide que cette occupation pose « un grave problème d'insalubrité et de sécurité publique, facteur d'insécurité pour les occupants, les promeneurs et les riverains ».

« La situation du campement, installé sur le lit du fleuve de la Loire mettait objectivement en danger la vie des occupants du campement en cas de brusque montée des eaux de la Loire », répètent encore aujourd'hui les services de l'AgglO, soulignant « avoir préalablement saisi les services sociaux », « conscients des difficultés sociales » desdits occupants - dont le passage dans une structure de réinsertion s'est révélé être un échec.

Serge Grouard : « Assez facile de faire vibrer la corde sensible »

Depuis, et alors que la situation des deux jeunes SDF, aujourd'hui séparés, n'a guère évolué, malgré la mobilisation qu'avait suscitée la médiatisation nationale de leur procès, le nécessaire a été fait pour empêcher toute nouvelle installation. Au motif qu'elle « ne peut prendre en charge la responsabilité qu'une telle situation ne se reproduise à l'avenir », l'AgglO explique avoir réalisé en mars « des travaux d'entretien (nettoyage, abattage d'arbres, fauchage) et de mise en sécurité du site ». Et ce, « afin de limiter son accès aux campements sauvages, et laisser libre cet espace dans le cadre de l'entretien courant de l'ouvrage ».

Serge Grouard, le député maire UMP d'Orléans, assume de la même manière cette initiative : « On ne peut pas laisser des gens à cet endroit avec le risque que la Loire monte et qu'ils puissent être emportés par le courant. S'il y avait un accident, le président de l'AgglO serait directement mis en cause avec des “Vous les laissez se noyer.” Le couple a été pris en charge et a posé une série de problèmes. C'est assez facile de faire vibrer la corde sensible, mais on ne peut pas dire que le centre communal d'action sociale ne s'en soit pas occupé. »

« Une réponse scandaleuse »

« Lamentable. » Michel Ricoud, conseiller général et conseiller municipal communiste d'Orléans, président de la Confédération nationale du logement dans le Loiret, avait, en décembre, soutenu les SDF expulsés de leur campement sous le pont de l'Europe. « On peut penser ce qu'on veut du dossier. Mais une fois de plus, l'AgglO et son président, Charles-Éric Lemaignen, ne s'honorent pas en installant des tranchées sous le pont de l'Europe empêchant des personnes sans domicile de se poser. C'est inhumain », réagit-il aujourd'hui.

« À l'image de l'arrêté anti-prostitution, la majorité d'Orléans et de son AgglO souhaite déplacer la misère aux frontières de la ville sans jamais envisager de solutions humaines à apporter aux situations d'extrêmes précarités », commentent, de leur côté, Baptiste Chapuis et Corinne Leveleux-Teixeira, au nom des conseillers municipaux socialistes verts et apparentés. « Une réponse scandaleuse au problème des SDF dans notre agglomération », jugent-ils, alors que, ces dernières semaines, la situation de familles entières laissées à la rue, sans offre d'hébergement d'urgence, a été dénoncée par les associations. (la république du centre)

24.12.2008

pour noel une couette pour tous

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22.12.2008

Alsace Sylvie, Patrick et Serge sans domicile fixe mais avec une tente

Tentes1_ND.BRPatrick, Sylvie et la chienne Vanille. Ils vivent ensemble, sous une tente, depuis juillet 2007. Régulièrement, ils accueillent « chez eux » d’autres SDF. Photos H. de C.

À Strasbourg, des tentes apparaissent depuis quelques années en périphérie de la ville. Beaucoup de ces campements de SDF sont aujourd’hui déserts. Pas celui de Sylvie et Patrick qui accueillent Serge : ils préfèrent encore cette solution à celles qu’on leur propose.

Froid humide, pénétrant, de petits degrés au-dessus de zéro. Près de la rue des Remparts, à Strasbourg, une grande tente (c’est une six places) au début d’un sentier. En jetant un coup d’œil rapide, on croirait l’entrée d’un camping ; ici, les détritus et la boue sont à peu près maîtrisés, des fleurs trempent leurs tiges dans une bouteille de plastique. Le site est presque coquet, même si l’autoroute gronde juste au-dessus et que le canal n’a rien d’un bord de mer.

« Des jeunes voulaient cramer la tente »

De la tente surgit la tête de Vanille, charmante rottweiler, puis celle de Serge. « Attention, il faut qu’elle s’habitue à vous ! » Mais Vanille baguenaude déjà près de l’eau. « On l’a prise à un toxico, qui s’en occupait mal… » Serge, 43 ans, cheveux courts, encore l’air d’un jeune homme, vit ici depuis cinq mois et dans la rue depuis cinq ans, « suite à une perte d’emploi… » Les foyers ? « C’est dangereux ! On me propose un appartement à Sélestat, mais qu’est-ce que j’irais foutre là-bas ? Je perdrais tous mes amis… » Il sort une bière. « Eh oui, je bois ! C’est un peu notre truc à nous… Ça ne tient pas chaud, contrairement à ce qu’on croit, mais ça aide moralement ». Car, cette vie, dit-il, « c’est dur, c’est chiant… »
Serge montre un trou dans la toile. « Des jeunes ont lancé des fusées, ils voulaient cramer la tente. Si vous saviez tout ce qui se passe dans la rue… »
Arrivent trois personnes. Il y a un couple, Sylvie et Patrick ; ce sont eux qui « possèdent » la tente (donnée par un particulier) et qui « hébergent » Serge. Et un copain, Jean-Luc, qui loue dans le quartier (voir ci-contre). Ils viennent des Restos du cœur. On ignore quelles sont leurs failles, s’ils en ont, mais intellectuellement, ils surprennent : ils ont de l’humour, malgré la rue. Jean-Luc, 43 ans, était maître-boulanger, Patrick, 48 ans, militaire et Sylvie, 45 ans, infirmière en psychiatrie. Elle dit avoir un bac + 5, une licence de lettres classiques. Elle a un téléphone portable, qu’elle recharge aux Restos. Son visage est marqué, ses ongles sont noirs, mais quand elle parle, on croit entendre une travailleuse sociale plutôt qu’une SDF. « Mon compagnon ne payait pas le loyer et je me suis retrouvée dans la rue, le 2 juin 2006, avec mes enfants et mon chien, dans une merde phénoménale. Lui avait disparu ». Aujourd’hui, son fils, majeur, vit sa vie, et sa fille de 8 ans est dans un foyer.
Sylvie a vécu en foyer, elle aussi, avant de rencontrer Patrick et de préférer, en juillet 2007, la tente aux structures d’accueil. Parce que ça, au moins, c’est du provisoire qui dure… « Et pour la liberté… Aucune structure n’accueille les couples. Et on nous met dehors en journée. Moi, je préfère rester ici sous ma couette plutôt que de traîner dans un centre commercial… On nous a proposé un studio dans une structure mais on avait des horaires, pas le droit de fumer, de boire… On a passé l’âge ! Moi je fume beaucoup, et s’il faut planquer les bouteilles… Ici, il n’y a pas de médicaments, mais il y a de l’alcool de temps en temps… » Le couple, qui vit du RMI, est « en liste d’attente chez tous les bailleurs sociaux. On a fait les démarches pour le droit au logement opposable, mais ça n’aboutit pas… »

« La roue tourne, non ? »

Que disent les autorités ? « On est bien avec la police municipale », assure Sylvie. « Même l’éboueur ramasse nos déchets ! » « Dans notre malheur, on a de la chance », estime Patrick. « Si j’avais un appart, faudrait que j’ouvre les fenêtres, je supporterais pas d’être enfermé… » « Au moins on économisera sur le chauffage ! » rigole Sylvie. Imagine-t-elle passer le reste de ses jours ainsi ? « Pas du tout ! Mais la roue tourne, non ? Tout le monde peut plonger comme on a plongé… » Mais est-ce que tout le monde peut remonter à la surface

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11.08.2008

S comme ...

S comme Solidarité
S comme Strasbourg
S comme Socialisme

« La solidarité entre tous les citoyens d’un peuple reste assez mal établie, du moins en France, et peu sentie ; elle demeure chose abstraite ; et du reste, pour un grand nombre, existe réellement fort peu » (A. gide, Journal)

Et pourtant, la solidarité est chaque jour, encore et toujours plus, mise à mal
Depuis des décennies, elle s'est transformée en loi, elle fait l'objet de nombreux décrets... La solidarité est devenue une "obligation nationale".
Avec la solidarité nationale (assurance maladie, assurance chômage, assurance vieillesse, allocations familiales, ...), des actions de solidarité sont mises en œuvre au quotidien par le monde associatif.

La solidarité fait couler de l'encre et fait vendre des projets !
Vingt ans que ça dure sans résultats probants. Car la nation la détruit chaque jour un peu plus : franchise médicale, devoirs des chômeurs, contrôles en tous genre, chasse aux étrangers, chasse à la misère, renforcement des ghettos, école malmenée, retraites, Livret A ... et la misère gagne du terrain !

Car si un grand nombre de mesures et de lois sont encore adoptées, en France, pour favoriser la solidarité... Qu'en est-il des actes ?

Nous ne connaissons que la casse sociale.
Qu'en est-il des valeurs telles que le respect mutuel, la tolérance, la générosité ?
Qu’en est-il aujourd’hui de la solidarité au pays des droits de l’homme ?

S comme Solitude
S comme Semblable


Les mots n'ont plus de sens
L’indifférence, et l’égoïsme sont devenus les moteurs de notre société. Le « chacun pour soi » a effacé le besoin naturel d’échanges et de partage. À tous les niveaux de notre vie, le système est bien installé et sans que nous en ayons "conscience" nous voici déliés.

Qu'en est-il de ce concept, lorsqu'il est utilisé par les responsables politiques, puis par les acteurs sociaux ?
Est-ce que ce mot a le même sens pour ceux qui l'utilisent ?

Alors, l'homme politique a inventé un autre concept, le « lien social », reprit immédiatement par tous les acteurs sociaux
Ce lien social doit être reconstruit nous dit-on. Encore une obligation nationale, certains parlent même de chantier !
Le lien social disparu est devenu le responsable d'une solidarité disparue.
Comme tous les concepts, il se retrouve dans nombre de discours, car c'est à cause de sa fragilité que ça va mal : dans les quartiers, à l'école, dans les villages, dans les villes, entre les gens... Le lien social est un fond de commerce qui semble sans fin.
On est toujours entre et jamais dedans.
Un état d'entre deux qui fait vivre trop de monde... et en rejette une trop grande partie ailleurs.


Des ailleurs inconnus
Pour nous, généralement on préfère distribuer la charité... Un peu de nourriture, quelques vêtements, un hébergement... Pas de quoi construire. Pour les politiques, la charité donne bonne conscience et trop de gens y trouvent le prétexte à laisser faire.

Car nulle place n'est donné à l'humain et au sensible.
La solidarité n'est vraiment qu’un vague concept politique et sociologique, utilisé par démagogie.

L'UFAL Strasbourg et le Collectif SDF se sont retrouvés et liés sur un même refus : NON AUX BANCS ANTI-CLOCHARDS que la municipalité PS de Strasbourg installe. Car ces bancs n'ont rien d'anodin. N'y voyez pas un détail. Où voulez-vous qu'on aille ?

Ces bancs sont le symbole d'une politique morcelée, sans imagination. On se préoccupe d'un électorat choisit à un moment donné, sans éprouver de responsabilité envers ceux qui sont exclus et refoulés. La chasse aux sans-abri est-elle acceptable ?

Les résidents du quartier ont-ils clairement exprimés ce souhait : Que les 2 petits groupes de SDF qui avaient élus domicile Place d'Austerlitz soient chassés "pour notre tranquillité" ?

Les bistrotiers ont-ils exigés qu'on nous refoule car, "c'est mauvais pour le commerce" ?

À moins que des plaintes de touristes ne soient tombées sur les bureaux de nos élus "on veut du beau, du propre, on en veut pour notre argent" ?

On peut se poser ces questions puisqu'aujourd'hui cette place est devenue "Place réservée aux résidents, aux consommateurs de bistrots et aux touristes".

Où se situe la "volonté" politique ? Celle qui nous a dit : On veut une ville à vivre pour tous !

Un des membres de l'UFAL Strasbourg a demandé "Où sont-ils maintenant ? Où peuvent se reposer ces personnes ?", puisque nous manquons d'accueil de jour, puisque nous avons toujours 400 personnes sans logement...
Ils sont ailleurs. C'est là qu'on nous veut; ailleurs.
Les ailleurs inconnus sont sans fin, sans nom... Des ailleurs plus éloignés, plus sombres, plus dangereux, plus réduits ...

S comme Survie
L'ailleur de l'abandon, contraire à la solidarité. Le lien détruit.
Et nous voilà différents, étrangers, désignés par 3 lettres sdf, pour nous caser, casser, éloigner, condamner...
Vous ne voyez plus en nous des hommes. Notre appartenance au monde nous est volée.


Qu'en est-il de notre citoyenneté ?

Nous n'ignorons pas le monde qui nous entoure... car nous sommes de ce monde, n'en doutez pas. Notre situation est née de ce monde qui fabrique toujours plus de précarité et nourrie les fragilités de l'homme.

Et la charité est venue troubler ce puzzle qu'est devenue "la vie en collectivité"
Nous, sans abri de Strasbourg, nous reconnaissons dans deux mots : solidarité et personnalité. Pas vous ?

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