09.04.2008

Et une nouvelle réquisition !

En direct du ministère de la crise du logement

Cette fois-ci, nous avons trouvé un immeuble vide encore plus grand que le Ministère de la Crise du Logement, vacant depuis encore plus longtemps, mais toujours au centre de Paris.

Entre nous, on l'appelle «l'impasse». On a essayé d'autres noms, des poétiques, des drôles, des décalés. Aucun ne s'imposant de lui-même, on a remis à plus tard le baptême du nouveau lieu. Mais tout le monde dit «l'impasse» et on imagine mal l'endroit s'appeler autrement, maintenant.

Limpasse16_1_1000 Situé au fond d'une impasse (donc) du IIIe arrondissement, ce bâtiment d'environ 2000 m2 était abandonné depuis bientôt dix ans. Une histoire de famille, dit-on. Abandonné mais pas mort, bien au contraire. Les habitants se souviennent encore des occupants précédents ; rien que d'en parler, certains font de l'eczéma. Il faut dire que les deux derniers groupes de squatteurs n'y sont pas allés de main morte, question ambiance. La teuf en continu, le défilé incessant dans la rue, la musique...

Au commissariat, à la mairie, dans les associations de quartier, personne n'a oublié. Alors quand ils se sont rendu compte que l'immeuble était à nouveau occupé, ça a été la panique. On s'est plaint à qui veut bien entendre, on a écrit à qui veut bien lire, on a pétitionné, on a fait déplacer le commissaire et le maire. Et ils sont venus, pour nous dire qu'on n'était pas les bienvenus, que les squatteurs, ici, on en avait assez vu. Et que si on partait pas de notre plein gré, on saurait nous faire partir de force.

Mais pour nous, il n'était pas question de partir. Une question de principe. Le bâtiment était vide depuis des années. Jamais les propriétaires n'ont su le louer ou le vendre, ni même l'entretenir. Une question de survie aussi. Réquisitionner des bâtiments, ça vient généralement par nécessité, même si ça suscite parfois des vocations. Pour des étudiants, des précaires, des mal-payés, des trop nombreux, des intermittents, des artistes, ceux qui vous servent au fast-food, qui enseignent à vos gosses, qui créent vos programmes télé, qui vous répondent au téléphone. Toute la société en plus jeune, plus précaire, sans garant sur qui s'appuyer.

Pour ceux qui sont arrivés ici le mois dernier, il n'était pas question de lâcher. Mais nous avions pas mal de travail pour arriver à nous faire accepter. Il a fallu nettoyer tout le bâtiment qui était quand même dans un sale état. Repeindre en blanc ou dans une couleur qui s'en approche les murs recouverts de tags, réparer les fuites d'eau... et discuter. Avec la concierge, avec les locataires, les galeristes de la rue, les flics, les vigiles envoyés en renfort. On en a vu, du monde.

Pour un propriétaire, dans pareil cas, il n'y a pas à discuter. Il n'y a qu'à dégager. Assignés en référé, nous avons été condamnés à l'expulsion pour cause de dangerosité d'une partie du bâtiment. Une verrière sur cour prend l'eau et les infiltrations menacent la solidité d'un plancher situé en-dessous. Un squatteur serait même passé au travers lors de la dernière occupation. Nous avons condamné tous les accès à cette partie du bâtiment, monté une palissade, soudé les portes. Tout ceci dûment constaté par un huissier. Et le procès-verbal adressé au commissariat, à la mairie, à la préfecture.

Nous avons rassuré sur nos intentions (pacifiques) et nos méthodes (soft). Au commissariat, nulle plainte nous concernant. Le Collectif logement du IIIe plaide notre cause à la mairie. Des voisins commencent à nous soutenir. Des journalistes, par l'odeur alléchés, racontent notre histoire et relaient notre demande : le bâtiment doit être racheté par la mairie qui doit y construire des logements sociaux.

Hier matin mardi, nous avons invité tous les acteurs locaux à une conférence de presse sur place. Pierre Aidenbaum, le maire, est venu nous soutenir. Mais aussi la députée Martine Billard, des représentants des Verts, du MJS, du PC, tout le Collectif logement du IIIe.

Rien n'est fait, question rachat. Mais nous avons bon espoir. Longue vie à l'impasse !

• Lionel (de Jeudi Noir) • (Photo : Julien Taylor)

02.03.2008

DAL TOULOUSE : Cité Blanche : les locataires empêchent le murage d'un pavillon

Le Comité droit au logement de Toulouse (DAL 31) s'est à nouveau mobilisé aux côtés des locataires de la Cité Blanche, pour éviter qu'un pavillon inoccupé ne soit muré par les services du bailleur Nouveau Logis. Cette cité-jardin ouvrière, près du métro des Trois-Cocus, compte une centaine de pavillons, dont une dizaine est désormais condamné suite au départ des précédents occupants.

Le 18 janvier dernier, les militants du DAL 31 étaient intervenus pour réquisitionner l'un de ces pavillons vides avant qu'il ne soit à son tour, muré. Un travailleur handicapé Bernard, 49 ans, sans logement depuis 4 ans, y a été installé d'office. Depuis cette occupation, le DAL 31 réclame un entretien avec le bailleur Nouveaux Logis, afin notamment de régulariser la situation de cet occupant. « » On attendait une réunion cette semaine et au lieu de ça, nous avons appris que des maçons mandatés par Nouveau Logis étaient sur le point de condamner un nouveau pavillon », raconte Henri Cellié du DAL, « il est scandaleux de murer des habitations quand on sait qu'il y a des gens qui dorment dans la rue », poursuit ce militant.

La société Nouveau Logis qui gère ce parc locatif à vocation sociale serait dans une logique de densification de ces pavillons plein pied et mitoyens. Son directeur général, Frank Blanquer, expliquait dernièrement dans nos colonnes qu'il était hors de question de livrer la cité à l'appétit des promoteurs et que les pavillons étaient murés "pour éviter des phénomènes de squat". Le DAL estime pour sa part qu'il faut conserver une dimension humaine et un esprit populaire à cette cité-jardin des années 50 et que tout projet futur doit aussi faire l'objet d'une concertation en amont avec les occupants actuels .

19.02.2008

LE DAL TOULOUSE (31) RÉQUISITIONNE !

Source : LIBÉTOULOUSE
Droit au Logement réquisitionne : «il y a 20.000 logements vides à Toulouse»

Une «réquisition» sans effraction.
Il a suffi de pousser la porte d’entrée. Avant qu’elle ne soit murée par le bailleur, les habitants d’une cité jardin des Izards ont signalé aux militants de l’antenne locale de Droit au Logement (DAL), une maison ouvrière laissée à l’abandon.

Une semaine plus tard, Bernard, 49 ans, travailleur handicapé et sans domicile fixe pendait la crémaillère «chez lui».

Samedi midi, rendez-vous à la sortie de la station de métro des Trois cocus dans le quartier des Izards. Henry, syndicaliste cheminot et militant du DAL assure l'accueil dans les allées de la cité “Blanche”. Cet ensemble de petits pavillons ouvriers des années cinquante niche au milieu des barres HLM. Allées fleuries, linge sur les fils, îlot de mixité sociale d’avant les plans banlieues et Grand projet de ville…

On rentre par le jardin en friches. Passée l’entrée, la table est mise sur des tréteaux. Pizza, jus de fruits et café. Après quatre ans passés dans la rue, les halls de gare et les foyers d’urgence «où il faut dormir habillé pour ne pas se faire piquer ses fringues», Bernard le nouvel occupant n’ose pas encore s’approprier complètement les lieux.

«La première semaine je me levais tôt le matin, et je rentrais tard le soir pour ne pas me faire repérer et risquer l’expulsion immédiate», raconte l'ex-SDF. Soutenu par les militants du DAL, il a cependant décidé de «se faire connaître» en invitant ses voisins à pendre la crémaillère.

Patrick, 48 ans, est le premier d’entre eux à se présenter. C’est lui qui a «signalé» la maison laissée à l’abandon aux militants du Droit au Logement qui tractent «systématiquement dans toutes les cités jardins de la ville et les grands ensembles concernées par le GPV».

«Cela nous permet de rencontrer les habitants. Certains son inquiets pour leur avenir. Nous les aidons à s’organiser en association de locataires pour faire entendre leurs voix vis à vis des bailleurs. En retour, ils nous signalent les logements inoccupés qui ne sont pas reloués, et ainsi nous faisons converger nos luttes», explique Henry.

«Faute d’actions des pouvoirs publics, nous appliquons la loi de réquisition de 1945. Á Toulouse il y a plus de 20 000 logements vides », ajoute Benjamin, un autre militant du Dal présent chez Bernard.

L’association pour le Droit au Logement estime à 6000 le nombre de sans domicile fixe toulousains. Elle a décidé de faire un exemple de la réquisition de la petite maison de la cité Blanche pour interpeller les candidats aux municipales.

En attendant Bernard a mis son nom sur la boite aux lettres.

Á suivre : L’antenne locale du Dal organise une réunion publique avec les candidats aux municipales le 06 mars à 20h30 salle du Sénéchal.


Jean-Manuel Escarnot

28.10.2007

Manifestation du DAL avec des familles de mal-logés de la rue de la Banque à Paris

Le Dal (Droit au logement) et des familles de mal-logés installées depuis 3 semaines rue de la Banque à Paris (IIe) ont manifesté samedi après-midi pour demander la réquisition de logements inoccupés, a-t-on appris auprès de Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du Dal.
La manifestation a débuté vers 15H00 rue de la Banque, devant le siège du "ministère de la crise du logement", où se sont installées les familles de mal-logés dans une centaine de tentes ou à même le trottoir.
Peu après, les manifestants -300 à 400 personnes selon les organisateurs, 200 selon la préfecture de police - se sont rendus rue Laffitte (IXe), devant un immeuble des AGF vide depuis 4 ans, selon le Dal.
Ils ont alors annoncé qu'ils allaient demander mercredi à la ministre du Logement Christine Boutin la réquisition des immeubles des 50, 52 et 52 bis de la rue Laffitte et du 22 rue de la Victoire et ont brièvement bloqué l'accès à la rue Laffitte.
Une partie des manifestants a regagné vers 18H00 la rue de la Banque.
Source AFP -

28.09.2007

Les sans-abri sont tous des criminels

Ce numéro du magazine de la FEANTSA a pour thème la tendance croissante à adopter une approche répressive et coercitive contre les personnes sans-abri notamment en ce qui concerne leurs activités dans les lieux publics. Il se penche sur la situation en Europe et en Amérique du Nord, où il semblerait que l’on se concentre davantage sur la criminalisation des activités que les personnes sans-abri sont obligées d’effectuer dans les lieux publics (manger, dormir etc.), plutôt que sur la mise en place de politiques répondant à leur situation de pauvreté ou de marginalisation.
La version imprimée est disponible :
http://www.feantsa.org/code/fr/pg.asp?Page=36

20.09.2007

Alsace : un recensement qui passe mal

Elèves sans-papiers : un recensement qui passe mal
Un courriel adressé par l'inspection d'académie du Haut-Rhin aux directeurs d'école leur demandant s’ils avaient des cas dans leurs établissements choque le milieu enseignant. Xavier Darcos évoque une « maladresse ».

« Merci de nous faire savoir dans la journée si vous avez des élèves sans-papiers dans votre établissement. » C’est, en substance, le contenu d’un mail envoyé lundi aux directeurs d'école par l'inspection d'académie (IA) du Haut-Rhin. Devant la levée de boucliers provoquée par ce mail, l'IA envoyait l'après-midi même un second courrier électronique stipulant que le premier était une « erreur » et qu'il était « sans objet ».
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LA GRANDE BRADERIE DE LYON

GRANDE BRADERIE A LYON !

L'Ecureuil va mettre en vente 7.000 logements sociaux
La Caisse d'épargne fait ainsi un geste pour répondre à l'objectif de Nicolas Sarkozy de vendre 40.000 logements sociaux par an à leurs locataires. Mais les associations de locataires dénoncent, elles, une politique de vente massive qui cache un désengagement de l'Etat. De leur côté, l'Etat et la Banque européenne d'investissement (BEI) promettent des financements pour la construction et la réhabilitation des logements.
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Grand Contournement Ouest de Strasbourg

Grand Contournement Ouest de Strasbourg : l’autoroute qui contourne le Grenelle de l’Environnement ?
Communiqué RAC, FNE, FNAUT, Alsace Nature
PETITION :
Le Président de la République va-t-il contourner le Grenelle de l’environnement ?

Nicolas Sarkozy soutient un projet autoroutier irrationnel en Alsace.
Lors de son déplacement en Alsace, Nicolas Sarkozy a affiché sa volonté de réaliser cette autoroute, allant jusqu’à dire que le décret la promulguant irait « …en Conseil d’Etat sans passer par le Grenelle de l’environnement », le Président Sarkozy contredit ses engagements. Cette contradiction sur la forme se renforce d’une profonde incohérence sur le fond.
Selon Arnaud Gossement, porte parole de FNE : « Le Gouvernement s’était pourtant engagé à ce qu’aucune décision ne soit prise avant la tenue du Grenelle de l’environnement en octobre qui pourrait nuire à la sincérité des négociations préparatoires. Ce projet autoroutier Alsacien doit être abandonné ».
A ce jour, la déclaration d’utilité publique du Grand Contournement autoroutier Ouest (GCO) n’a pas encore été promulguée.
Dans l’esprit de beaucoup de citoyens, d’usagers, d’élus, de médias, le GCO doit permettre le désengorgement de l’agglomération strasbourgeoise. Hélas, il n’en est rien, et les services officiels le reconnaissent eux-mêmes.

Les associations rappellent que ce projet autoroutier de 27km coûtera cher (420 millions d’Euros), ne désengorgera pas Strasbourg (baisse annoncée d’à peine 4,6 % du trafic de l’A35 !) et ne résoudra pas le problème des camions en Alsace.
Par la création d’un nouvelle infrastructure routière, Le GCO attirera encore davantage de ces camions que l’Alsace prétend vouloir dissuader par la future redevance (dite taxe "Bur")

La logique du tout routier va à contresens de l’impérative nécessité de réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. Il est urgent de développer les alternatives à la route et de concentrer les efforts sur des modes de transports plus sobres en carbone (rail et voies d’eau). Dans le cas contraire, les objectifs internationaux et nationaux de la France en matière de lutte contre le dérèglement climatique risquent de ne pas être atteints.

Quant à la pollution atmosphérique locale, la diminution espérée pour les riverains de l’autoroute actuelle n’est validée par aucune expertise indépendante.

Nous vous invitons à vous mobiliser nombreux contre ce projet en contradiction avec toutes les déclarations présidentielles.

Michel Dubromel (Vice Président d’Alsace Nature et Pilote du réseau Transports de FNE ) Arnaud Gossement (Porte parole de FNE) Olivier Louchard Réseau Action Climatique Alain Uguen Association Cyber @cteurs

(Ce communiqué a été publié à l’initiative du Collectif GCO non MERCI composé de citoyens, élus, associations et agriculteurs alsaciens)

COMMENT AGIR ?
Souscrire la pétition sur le site
http://www.cyberacteurs.org/actions/lettre.php?id=158

LA GRANDE CAUSERIE DE LYON

LA GRANDE CAUSERIE DE LYON

"La Caisse des Dépôts (CDC) va participer au financement des travaux de réhabilitation des logements HLM vétustes, qualifiés de "passoires thermiques", pour leur permettre d'être plus économes en énergie, a annoncé mercredi son directeur général Augustin de Romanet."

"Lors de son intervention au congrés de l'Union sociale pour l'habitat (USH), M. de Romanet est aussi revenu sur le livret A, dont le mode de collecte est dans le collimateur de Bruxelles, qui sert à financer le logement social.
Alors que la France a déposé un recours actuellement en examen, M. de Romanet a jugé que "le système du livret A est un mécanisme stable et robuste" qui "a fait la preuve de son efficacité pour accompagner l'ensemble des bailleurs sociaux"."

L'article complet à lire là

18.09.2007

Deux ONG accusent la France de violer la Charte sociale européenne

"L'association humanitaire ATD Quart Monde et la Fédération des associations nationales de travail avec les sans-abri (FEANTSA) étaient entendues, lundi, au Conseil de l'Europe, dans le cadre de leur plainte déposée l'an dernier pour violations de la Charte sociale européenne, en matière de logement social. Elles ciblent notamment la procédure de prévention des expulsions, la pénurie de logements sociaux et les modalités d'attribution de ces logements.

Paul Bouchet, ancien président d'ATD Quart Monde a, quant à lui, souligné le caractère inopérant de certaines initiatives législatives, comme la création des commissions de prévention des expulsions. Il a affirmé qu'elles ne se réunissaient jamais dans certains départements."A travers votre décision, il ne s'agira pas de stigmatiser un pays ou un autre, mais d'obliger peu à peu tous les textes juridiques à s'incarner dans le temps nécessaire qui doit être le temps des pauvres", a affirmé cet ancien conseiller d'Etat."
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