12.04.2009
Transfert de Livret A: plainte du Crédit Agricole contre la Caisse d'Epargne
AFP - Le Crédit Agricole a annoncé dimanche avoir déposé des plaintes contre la Caisse d'Epargne pour des "entraves aux transferts des livrets A" depuis la fin du monopole de leur distribution le 1er janvier dernier.
Selon un communiqué de la Fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA), "la Caisse d'épargne, la Banque postale et le Crédit mutuel, qui ont perdu le 1er janvier 2009 leur privilège de distribution du Livret A, ne respectent pas leurs obligations légales et réglementaires et déploient un véritable arsenal défensif pour freiner ou empêcher les transferts vers d'autres établissements".
"Alors que ces transferts devraient se dérouler dans des délais strictement limités et selon des procédures réglementées, de nombreux clients ayant choisi de demander le transfert à leur banque éprouvent des difficultés à voir leur ordre exécuté dans de bonnes conditions", affirme le Crédit Agricole.
Selon ce communiqué, "les demandes des clients sont rejetées dans des proportions très importantes, qui peuvent atteindre plus de 20% des dossiers présentés à la Caisse d'épargne."
"Nous sommes face à des opérations globales d'intimidation de la clientèle", a déclaré Joseph d'Auzay, directeur général de la FNCA, au Journal du Dimanche, qui a révélé l'existence de ces plaintes.
"Après avoir vainement tenté d'obtenir le respect des dispositions réglementaires, le Crédit agricole a donc décidé d'agir pour que cessent ces pratiques" et "des plaintes contre la Caisse d'épargne ont été déposées auprès des tribunaux de commerce" par le Crédit agricole du Languedoc, le Crédit agricole d'Ile-de-France et la Fédération nationale du Crédit agricole.
Les caisses régionales de Crédit Agricole ont également officiellement saisi les directeurs des succursales de la Banque de France tandis que la FNCA a "attiré l'attention" des services de la répression des fraudes sur ces "pratiques d'entrave à la libre concurrence", indique le communiqué.
Fin février, l'Association française des usagers de banque (Afub) avait déjà accusé les distributeurs "historiques" du Livret A d'opposer des "résistances" aux demandes de transfert. Elle avait aussi dénoncé les "pratiques de flibustiers" de certains nouveaux distributeurs, notamment des "ouvertures forcées".
Depuis le 1er janvier, le Livret A peut être distribué par tous les établissements bancaires.
La FNCA cite notamment des "exigences illégales" des opérateurs historiques, des "déplacements imposés" dans les agences des Caisses d'Epargne "contraires à la réglementation" ou encore des "délais légaux non respectés" (15 jours au maximum).
Le communiqué fait également état de "tentatives pour forcer la main des clients" ainsi que de "facturations indues" alors que la réglementation prévoit la gratuité des transferts de Livret A.
Le groupe Caisse d'Epargne n'était pas joignable dimanche à la mi-journée pour réagir à ces affirmations.
16:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : caisse d'épargne, crédit agricole, livret a |
|
|
Facebook
21.01.2009
France / Eco : réflexions sur le "Livret A"
Fitch Ratings a publié une étude consacrée à la réforme du populaire "Livret A", entrée en vigueur ce mois-ci, qui affectera essentiellement le Groupe Caisse d'Epargne, le Crédit Mutuel et La Banque Postale, la distribution de ce produit étant désormais ouverte à leurs concurrentes exerçant en France.
"En abandonnant l'exclusivité qu'elles détenaient sur la distribution des Livrets, le GCE, le CM et LBP perdent une clientèle captive", souligne Janine Dow, Directeur Senior à la division Institutions financières de Fitch. "Alors que ces banques ne conservaient pas les fonds collectés via le Livret mais les reversaient à la Caisse des dépôts et consignations, institution financière publique notée 'AAA (Xetra: 722800 - actualité) ', le Livret A donnait accès à un vaste gisement de clients qui étaient autant de cibles potentielles pour la vente d'autres produits. Seul le CM semble avoir enregistré quelque succès dans ce domaine, alors que plus de 50% des particuliers clients du GCE et de LBP ne détiennent pas d'autre produit bancaire que le Livret A".
"Le point positif est que les banques distribuant le Livret pourront conserver une partie des fonds collectés via ce dispositif (environ 28%, soit 62 MdsE à fin septembre 2008), ce pourcentage devant être révisé en 2011. Ceci constitue un avantage appréciable pour toutes les banques françaises et représente, pour les principales banques commerciales du pays qui en étaient auparavant privées, la possibilité d'accéder à une source supplémentaire de dépôts stables, notamment en ces temps de pénurie de liquidités", précise Janine Dow.
Fitch estime que la réforme sera particulièrement pénalisante pour le GCE dont les efforts engagés de longue date pour faire des détenteurs de Livret A des clients plus rentables n'ont pas vraiment porté leurs fruits. Fitch pense également que cette réforme va accentuer le rôle de LBP en tant que banque accessible à tous dans la mesure où de nombreux détenteurs du Livret A disposent de faibles revenus et présentent peu d'intérêt pour les autres banques commerciales
18:18 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : livret a, sarkosy, fillon, taux de rémunération du livret a |
|
|
Facebook
16.01.2009
Le taux du Livret A divise l'Elysée et Matignon
EPARGNE Nicolas Sarkozy limite la baisse du taux à 2,5 % alors que François Fillon voulait 2 %
LE MONDE - c'est le demi point de la discorde. François Fillon voulait 2 %. Nicolas Sarkozy a imposé que le taux de rémunération du livret A, fixé au niveau record de 4 % depuis le mois d'août 2008, soit abaissé "seulement" à 2,5 % à compter du 1er février. Pour ne pas désespérer les Français en divisant par deux la rémunération de leur produit d'épargne préféré.
Deux stratégies s'opposent à la tête de l'Etat : celle du premier ministre, qui est dans la rationalité économique et trouve logique que la rémunération de l'épargne populaire baisse quand l'inflation recule. Celle du président de la République, qui s'inquiète de l'effet psychologique d'une telle décision et ne veut pas mécontenter les Français, alors que des menaces existent sur le pouvoir d'achat et que le chômage s'envole. "Nous avons une approche prudente du dossier", affirme-t-on à l'Elysée. Le gouvernement essaie de rattraper l'effet désastreux du couac, alors que François Fillon devait présenter ses voeux à la presse jeudi midi tandis qu'un remaniement ministériel était imminent. "Qu'il y ait un débat au sein du gouvernement, cela devrait vous réjouir. Vous n'arrêtez pas de dire qu'il n'y a qu'une autorité, qu'il n'y a pas de débat, pas de discussion", a expliqué jeudi 15 janvier le porte-parole du gouvernement Luc Chatel sur RTL. "Le gouvernement va prendre en compte le fait de rémunérer justement l'épargne populaire, mais en même temps de permettre des conditions d'accès au logement social qui soient les meilleures", a poursuivi M. Chatel.
Pour laisser la fièvre retomber, il n'est pas exclu que l'annonce officielle de la décision, qui doit intervenir après une recommandation du gouverneur de la banque de France, Christian Noyer, soit légèrement retardée. Le taux de rémunération du livret A, détenu par 46 millions de Français pour un montant colossal de 130 milliards d'euros, est censé être fixé par une formule automatique qui tient compte des taux d'intérêts sur les marchés financiers et de l'inflation. Cette règle a été définie en 2003 pour faciliter la tâche des responsables politiques, toujours en peine de décider des baisses de rémunération impopulaires.
Avec la récession et la chute du cours des matières première, la hausse des prix est redescendue à 1 % en décembre 2008, selon les chiffres de l'Insee mercredi. La banque de France fait alors son calcul, comme le prévoit la loi : le taux du Livret A doit être ramené à 2 %. C'est l'hypothèse sur laquelle les observateurs tablent alors.
En début de soirée, François Fillon la défend publiquement. "La règle s'appliquera sans coup de pouce", annonce le premier ministre sur Public Sénat. "Quand l'inflation est à 3 %, le livret A est à 4. Si l'inflation est à 1 %, le livret A doit baisser d'autant", assure le Premier ministre. Tentative de passage en force ou désaccord ? A l'Elysée, on confirme au Monde vers 21 heures qu'il y aura bien un coup de pouce et que c'est le taux de 2,5 % qui s'appliquera.
Jeudi matin, Matignon restait injoignable tandis que les conseillers de Nicolas Sarkozy faisaient mine de ne pas comprendre les déclarations publiques du locataire de Matignon. "C'est Fillon qui s'est trompé. Peut-être a-t-il fait un lapsus. Lui et le président ont décidé ensemble de fixer le taux à 2,5 % lors de leur tête à tête mercredi avant le conseil des ministres", assurait-t-on à l'Elysée. Cette décision avait suscité la réprobation de la Banque de France et de Bercy, qui ont essayé mercredi de renverser la décision.
Selon eux, l'arbitrage de l'Elysée va pénaliser ceux qui empruntent sur les ressources du Livret A, et dont le coût de financement dépend du taux de livret : les organismes HLM et une partie des PME. Ne pas baisser les taux serait incohérent, à l'heure où ces acteurs sont invités à soutenir la croissance et à un moment où la banque centrale européenne (BCE), qui se réunissait jeudi, continue de baisser ses taux. Quant à la rémunération réelle du livret A, elle sera avec la chute de l'inflation bien plus généreuse en 2009 que les 0,8 % de 2008. François Fillon comptait, jeudi matin, sur le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer pour lui sauver la face. Il espère que ce dernier jugera raisonnable, eu égard à la baisse brutale impliquée par le retournement de conjoncture, de se contenter dans un premier temps d'une baisse du taux à 2,5 %.
Sur le fond, la Banque de France estime qu'aucune circonstance exceptionnelle ne justifie de déroger à la règle. Matignon espère un feu vert exceptionnel. Il sera ensuite temps de changer une règle, jugée trop peu fréquente et donc brutale. Elle mécontente à la fois les politiques et les économistes.
Arnaud Leparmentier avec Anne Michel
06:38 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : livret a, sarkosy, fillon, taux de rémunération du livret a |
|
|
Facebook
06.01.2009
EN 2009 CE SERA PIRE
• Restos du cœur
Plus de 700 000 personnes ont été accueillies en 2008, 90 000 de plus qu’il y a cinq ans, et toujours plus de personnes âgées, de mères seules et de travailleurs pauvres
• Fédération des banques alimentaires
Elle a enregistré en octobre dernier une hausse des demandes de 8 %, soit 100 000 personnes supplémentaires.
Parmi elles, 15 % ont un emploi, 14 % sont des retraités et 18 %, des chômeurs indemnisés.
• Secours catholique
60 % des familles aidées sont monoparentales.
• Secours populaire
Reçoit maintenant des cadres, des commerçants et des agriculteurs
• Médecins du monde
Depuis la création de la Cmu on ne les voyaient plus, les franchises médicales et l'augmentation des loyers et des charges les font revenir : travailleurs pauvres, adultes handicapés, personnes en longue maladie, retraités, ...
• En 2008, près de 400 sans-abri sont morts dans la rue
• Dans le même temps, la crise du logement s’aggrave :
- le gouvernement à diminué le budget logement de 7%,
- le Livret A, réservé au financement du logement social, est lourdement ponctionné afin de secourir les banques – plutôt que les victimes des loyers chers –
• Et la répression arrive :
L'Association Droit au logement et les Enfants de Don quichotte sont condamnés. Le jugement de « délit d’encombrement de la voie publique » crée de facto une nouvelle sanction, applicable à n’importe quel sans-abri ;
L'Association Droit au logement qui organise une marche pacifiste pour obtenir (enfin) un rendez-vous à Matigon est expulsée par les forces de l'état : 5 blessés ;
04:40 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : franchises médicales, travailleurs pauvres, adultes handicapés, personnes en longue maladie, retraités, livret a, loi dalo |
|
|
Facebook
12.11.2008
Pour en finir avec les crises financière
Les Amis du Monde Diplomatique
En partenariat avec JUSTICE et LIBERTES et ATTAC
V o u s i n v i t e n t à l a c o n f é r e n c e d e FREDERIC LORDON
Professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris
Chercheur au CNRS et au CEPREMAP
Economiste -- Ecrivain
Thème :
Jusqu'à quand ?
Pour en finir avec les crises financière
Mardi, 18 novembre 2008 à 19h3
Patio de l'Université Marc Bloc
Amphithéâtre n°
22, rue René Descartes
Strasbourg
Entrée libre dans la limite des places disponibles
06:15 Publié dans AGENDA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : crise financière, banques, livret a, la poste, gouvernement français |
|
|
Facebook
11.11.2008
La crise financière ne s'arrêtera pas à Wall Street, mais descendra aussi dans la rue
La crise financière ne s'arrêtera pas à Wall Street, mais descendra aussi dans la rue, alerte le Bureau international du travail (BIT).
Le BIT considère que le nombre de chômeurs dans le monde où l'on peut le mesurer .. risque d'augmenter de 20 millions, passant à 210 millions fin 2009.
Ce record du nombre de chômeurs, calculé à partir de données de l'ONU et du Fonds monétaire international , pourrait ensuite s'aggraver en fonction de l'impact de la crise sur l'économie réelle.
Le directeur général du BIT prédit une crise sociale sévère, longue et globale et réclame un plan de sauvetage concentré sur l' économie réelle et les questions sociales.
Les plus vulnérables seront les plus affectés par la crise. Le nombre de «travailleurs pauvres» qui vivent avec moins de un dollar par jour pourrait croître de 40 millions tandis que celui des personnes gagnant moins de deux dollars pourrait augmenter de 100 millions entre 2007 et 2009.
Redonner sa place à l'économie réelle
Il estime que «l'impact» de la crise financière sera de toute façon «mondial». Parmi les secteurs les plus touchés : le bâtiment, la finance, les services, la construction et le tourisme. Seuls «les pays qui exportent peu» devraient moins souffrir.
Le directeur du BIT, Juan Somavia, souhaite que la question du travail décent, promue par son organisation, soit au coeur des discussions sur la refonte du système financier international.
La crise doit être saisie comme une «opportunité» de rééquilibrer la mondialisation demande Juan Somavia. Selon lui, le «niveau des profits notamment du secteur financier était devenu si élevé que les banques préféraient la finance au soutien des entreprises créatrices d'emploi et il faut que le système financier revienne à sa vocation initiale ..
Encore des voeux pieux ....
source le blog : modèle antisocial français
03:18 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : crise financière, banques, livret a, la poste, gouvernement français |
|
|
Facebook
09.11.2008
Qu'est ce que l'argent ?
Vous vous demandez comment il est possible de trouver 2000 milliards d'euros pour soutenir le système bancaire et pourquoi ?
Alors regardez cette vidéo : http://vimeo.com/1711304
Vous regarderez votre banquier différemment la prochaine fois que vous rentrerez dans son agence.
Cette vidéo a fait l'objet de critiques :
http://www.rue89.com/mon-oeil/
http://aurelien.bompard.org/
http://fr.wikipedia.org/wiki/
http://fr.wikipedia.org/wiki/
Toujours à propos de la crise financière, les entretiens avec Frédéric Lordon :
http://www.la-bas.org/article.
et
http://www.la-bas.org/article.
07:25 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : crise financière, banques, livret a, la poste, gouvernement français |
|
|
Facebook
24.10.2008
Une vingtaine d'organismes HLM, sur un total de 600, sont affectés par des produits financiers complexes
Une vingtaine d'organismes HLM, sur un total de 600, sont affectés par des produits financiers complexes qui ont fait augmenter les intérêts de leurs dettes, ont reconnu les dirigeants de l'Union sociale pour l'habitat (USH), jeudi lors d'une conférence de presse.
"Je crois que cet impact est limité pour les HLM parce que nous avons appelé les gens à la prudence" a déclaré Jean-Pierre Caroff, président des Offices publics de l'habitat (OPH, ex-Offices publics HLM).
"Quand vous parliez du Livret A on disait que vous étiez ringards", a ironisé Maurice Carraz, directeur général des OPH.
La quasi-totalité des emprunts (environ 90%) des quelque 90 milliards d'euros d'encours des organismes HLM sont souscrits auprès de la Caisse des dépôts (CDC), ont souligné les dirigeants du mouvement HLM qui gère 4,5 millions de logements.
Pour les organismes concernés - une dizaine d'offices publics et une dizaine d'entreprises Sociales pour l'habitat (ESH, ex-sociétés anonymes d'HLM) - ces produits financiers, devenus "toxiques" car basés sur des taux variables ou des indices "exotiques", représentent environ 20% à 30% de leurs dettes, ont reconnu les responsables du mouvement HLM. Le montant total des sommes en jeu n'est pas connu.
La renégociation avec les banques, notamment Dexia et les Caisses d'Epargne, qui avaient proposé ces produits financiers complexes, ont débuté.
"On peut renégocier la dette en cours", a souligné M. Caroff.
Le président de l'USH, Michel Delebarre, a même cité le cas d'un procès gagné, en première instance, par un organisme de Toulouse contre une banque, dont le nom n'a pas été révélé, pour "mauvais conseil".
06:46 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : crise financière, hlm, livret a, la poste, gouvernement français |
|
|
Facebook
23.10.2008
Le rapport qui accable la direction de la Caisse d'Epargne
Exclusif Il ne s'agit pas du tout d' "un incident de marché" comme l'a d'abord qualifié la Caisse nationale des Caisses d'Epargne. La perte de 695 millions d'euros de l'Ecureuil est le fruit d'une véritable "dérive" dans la gestion des risques de la banque selon un rapport dont le Nouvel Observateur s'est procuré une copie.
Des fonds propres pour gagner de l'argent
Voilà donc comment les choses se sont vraiment passées. Comme toutes les banques du monde, les Caisses d'épargne font ce qu'on appelle de la gestion pour compte propre, c'est-à-dire qu'elles utilisent leurs fonds propres pour gagner de l'argent sur les marchés.
Le 3 avril 2008, Nicolas Mérindol, le directeur général de la CNCE, à la demande de Julien Carmona, membre du directoire chargé des finances et des risques, décide l'arrêt de ces activités de trading sur compte propre.
Décision entérinée par le directoire de la banque le 23 juin 2008, et notifiée à la Banque de France le 8 août. Théoriquement, la petite équipe de huit personnes qui compose la salle de marché de l'Ecureuil (rien de comparable avec les salles de marchés des grandes banques) est donc censée gérer l'extinction progressive de ce compte jusqu'à la fin de l'année 2008.
Jusqu'à fin août, rien d'anormal.
Propre initiative
Tout dérape à partir du 15 septembre. L'un des trois traders, chargé des dérivés actions, enfreint l'interdiction de poursuivre des activités de trading. Il s'engage de sa propre initiative et pour des montants très importants dans une stratégie risquée qui expose fortement sa banque. Il commence à prendre des positions sur des indices de volatilité (un produit dérivé qui consiste à jouer sur l'évaluation de l'amplitude des cours). Il parie sur une réduction de la volatilité et une hausse des marchés. Or, les marchés s'effondrent et deviennent hyper volatils. Les positions prises par le jeune trader à plusieurs reprises au cours du mois de septembre « l'exposent de manière croissante aux chocs extrêmes ».
Défaillance de toute la chaîne hiérarchique
Le 2 octobre, le comité des risques de marché de la CNCE constate une forte dégradation de la situation. Mais ne réagit pas. Toute la chaîne hiérarchique est défaillante. La direction des Caisses d'Epargne, occupée par les problèmes de Natixis, la banque de financement et d'investissement, détenue conjointement par les Caisses d'Epargne et les Banques populaires, ne surveille pas étroitement sa salle de marché. Elle aurait du mettre en place un système de contrôle transitoire. Elle ne le fait pas. Elle se repose entièrement sur la hiérarchie des traders. C'est un peu comme si les pilotes de l'avion allaient faire un petit tour, en comptant sur le personnel de cabine en cas de problème. Malheureusement, le responsable du compte propre, chef direct du trader qui a négocié son départ avec la CNCE pour la fin septembre, n'est pas très présent en cette fin septembre. L'ambiance de la salle de marché est d'ailleurs assez morose puisque tous savent qu'à la fin de l'année, elle aura disparue. Abandonné à cette solitude, le jeune trader a-t-il eu un coup de déprime? Un coup de fatigue ? S'ennuie-t-il au point de jouer les apprentis sorciers ?
"Le risque est désormais limité à la prime investie"
Le 7 octobre, en raison des volumes inhabituels de trading. Une première alerte est envoyée auprès du responsable de la gestion financière. Convoqué le trader prétend "accompagner au mieux les positions de décembre à leur échéance". Deuxième alerte le 9 octobre.
A 12H17, le trader précise que "des positions à échéance novembre ont été coupées, qu'il n'y a plus de risque sur les positions optionnelles à la baisse et que le risque est désormais limité à la prime investie". Deux déclarations que le rapport déclarera à posteriori l'inspection qualifie de "mensongères" dans son rapport. A ce moment là, il serait encore possible de couper les positions et de limiter les dégâts. Mais l'engrenage infernal se poursuit. Le vendredi 10 octobre, à 13H30, le directeur financier est averti de la situation. Les pertes sont alors estimées à 100 millions d'euros. Et lui non plus ne bouge pas…Au lieu de demander au trader de quitter immédiatement son desk, ses supérieurs continuent à lui faire confiance ! Ils le laissent gérer tout seul son portefeuille toute la journée sans regarder la nature exacte de ses positions et des pertes qu'elles peuvent engendrer.
Le jeune trader se montre particulièrement abattu
Selon le rapport, le jeune trader se montre particulièrement abattu ce vendredi soir. Ses responsables lui suggèrent d'aller se reposer sans lui demander d'autres explications et sans chercher à analyser son portefeuille. Pire, ils ne mettent pas non plus à profit le week-end pour recenser les positions du trader et imaginer des scénarii de sortie de crise. Ce manque de réactivité paraît proprement hallucinant. Surtout en pleine crise financière, et après le choc Kerviel, qui a coûté 5 milliards d'euros à la Société Générale. En tout cas ces deux jours perdus vont augmenter l'addition de 150 millions d'euros supplémentaires aux Caisses d'épargne, selon les estimations des inspecteurs. En effet, le 13 octobre, les indicateurs de volatilité actions sont retombés. Pas pour longtemps. Ils recommencent à grimper les jours suivants. Pas de chance pour les Caisses d'Epargne.
Le jeune homme leur remet sa démission
Ce n'est que le 13 octobre à 11H55 que les supérieurs hiérarchiques du trader fautif comprennent la gravité de la situation. Le jeune homme leur remet sa démission. Il vient de calculer ses pertes : 120 millions d'euros. Branle-bas de combat dans les étages de direction. Les positions n'ont pas été coupées. Il faut d'urgence déboucler les opérations. L'écureuil pourrait le faire avec les équipes de sa banque d'investissement Natixis, mais il redoute que la moindre rumeur sur le marché ne pousse les opérateurs à fondre sur eux comme une proie. Il n'y a aucune pitié sur les marchés. La CNCE décide donc de prendre ses contreparties à l'extérieur de la maison. Le débouclage des opérations débute le 15 octobre et s'achève le 17 octobre. Comme l'avait annoncé le site du Nouvel Observateur dès lundi matin, les pertes finales se rapprochent de 700 millions d'euros. Elles atteignent 695 millions d'euros très exactement.
Toute la hiérarchie directe du trader a démissionné.
Lâché par l'Elysée
Lâché par l'Elysée, et les patrons de caisses régionales, Charles Milhaud, le président de la CNCE, a du lui aussi abandonner son fauteuil après 44 années passées dans les Caisses. En revanche, son directeur général, Nicolas Mérindol, a réussi à se maintenir à l'intérieur de la maison, et vise même la direction du Crédit foncier. Assez étonnant quand on sait à quel point il siégeait peu au comité de risque. Directement chargé des risques, Julien Carmona a immédiatement proposé sa démission, qui a été refusée. Il restera également dans la banque.
Il faudra encore attendre les conclusions des enquêteurs de la Commission bancaire pour avoir une vue complète de la chaîne des responsabilités. Par ailleurs, d'après nos informations, toutes les banques de financement et d'investissement françaises, ont perdu beaucoup l'argent dans leurs activités de trading depuis quinze jours en raison de la forte volatilité des marchés. Et c'est d'ailleurs la vraie raison qui aurait poussé Christine Lagarde, la ministre de l'économie, à débloquer 10,5 milliards d'euros en catastrophe pour les banques françaises.
Odile Benyahia-Kouider
07:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : crise financière, banque dexia, livret a, la poste, gouvernement français |
|
|
Facebook
14.10.2008
la fourmi râle : 360 Milliards d'euros !
http://afp.google.com/article/
06:45 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : crise financière, trou de la sécurité sociale, livret a, la poste, gouvernement français |
|
|
Facebook


