29.10.2009

Strasbourg : Le centre Flora Tristan, jeune trentenaire

Les modes de prise en charge des femmes battues ont beaucoup évolué depuis le 15 octobre 1979, à l'ouverture du foyer d'urgence Flora Tristan à Strasbourg.

La fermeture de ce lieu d'accueil, en 2004, par manque de moyens pour les mises aux normes, aura paradoxalement eu un effet positif. « Nous louons en permanence quinze appartements répartis sur la Communauté urbaine de Strasbourg, les bailleurs sociaux ayant joué le jeu », constate Dominique Guillien, directrice du Centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) Flora Tristan. Autre retombée positive : plusieurs propriétaires privés ont accepté eux aussi de mettre des appartements à disposition ...

Laurence Rey - l'article complet dans les DNA

28.05.2008

Je ne me voyais pas comme une femme battue

Une femme témoigne de sa difficulté à prendre conscience que son couple vivait dans un climat de violence. Elle raconte le chemin qui l'a amenée dans un accueil d'urgence, à La Roche-sur-Yon.
Quand elle va chercher ses enfants à l'école, dans un quartier de La Roche, Lisa (1) est une maman comme les autres. Ça l'amuse presque : « C'est fou : nous vivons tous les trois dans une résidence réservée aux femmes qui, comme moi, fuient la violence d'un compagnon, et les gens ne soupçonnent rien de nos difficultés ! » Elle commente : « C'est aussi dû au fait qu'on n'imagine pas que ça peut toucher tout le monde, même une femme souriante et bien habillée comme moi. Moi-même, j'ai mis longtemps à réaliser que j'étais « là-dedans » ! »

Hébergée en foyer d'accueil d'urgence puis en résidence spécialisée (2), Lisa trouve bénéfique ce contact avec d'autres femmes : « En écoutant leurs histoires, je réalise que mon attitude est assez classique : je lui trouvais des excuses et je culpabilisais de mon propre comportement. »

Climat de violence
Les coups pour lesquels Lisa a porté plainte sont récents, mais elle estime qu'elle vivait dans un climat de violence depuis des années, sans s'en rendre compte : « Nous nous agressions verbalement au quotidien, mais ça nous paraissait normal. Il se moquait de mon boulot, je n'étais pas fine non plus : quand j'ai compris qu'il avait une autre femme, j'ai pris les clés pour l'empêcher de sortir. Je pense qu'il voulait me quitter depuis longtemps, mais n'avait pas les mots pour le faire... d'où les coups. »

Les derniers mois ont été particulièrement éprouvants. « Tout était difficile. Attendre que les bleus apparaissent pour aller voir le médecin, affronter la salle d'attente, subir les brimades de ma belle-mère... » Les gendarmes ont ordonné à l'homme de quitter le domicile familial, mais Lisa assure qu'il est venu prendre des meubles pendant son absence : « C'était invivable. Il avait tout mis à son nom : la maison, les voitures... Il paraît que c'est une technique courante chez les hommes qui veulent avoir une emprise sur leur femme. »

La famille a ses limites
Elle a fui, avec quelques valises, par le train de 6 h du matin. Première déconvenue en Vendée, à des centaines de kilomètres de son domicile : « Mes proches m'ont accueillie, mais les problèmes pratiques s'ajoutent aux difficultés de compréhension : ce n'est pas évident d'héberger une femme avec deux enfants ! » Une parente suggère d'aller voir une assistante sociale. Lisa n'y avait pas pensé : « Malgré ma plainte et ma fuite, je ne réalisais toujours pas que j'en étais là. »

La jeune femme fait beaucoup de compliments sur la prise en charge sociale. La situation n'est évidemment pas très confortable, même si l'aînée a déjà pu prendre le chemin de l'école : « A l'accueil d'urgence, les premières semaines, on vit vraiment en collectivité et la sécurité impose que l'on ne communique l'adresse à personne. En résidence, c'est un peu plus souple. J'ai un petit appartement pour lequel je paye un loyer en fonction de mes revenus : on est en famille, mais je suis pressée de retrouver un cadre normal, en reprenant un travail, notamment. »

Quand une voiture du même modèle que celle de son ancien compagnon pointe son nez, Lisa sursaute : « Je suis hébergée comme femme en danger, mais si le père vient prendre les enfants, je ne peux rien faire contre lui... Il sait où nous sommes : j'ai repris contact avec lui, pour les enfants. J'ai hâte que le juge se prononce au sujet de la garde. »

Petit à petit, Lisa accepte l'idée qu'il va falloir un peu de temps avant de reprendre une vie normale. Son parcours en milieu spécialisé dans l'accueil de femmes battues l'aide beaucoup : « Ça me fait du bien de me sentir enfin comprise. Et puis, ça me permet de mettre en route un travail sur moi : je prends conscience que mon rapport à la violence est faussé par ma propre enfance. Je veux travailler là-dessus, avec l'espoir de refaire ma vie sans me tromper une deuxième fois. J'ai du mal à y croire en ce moment, mais ça doit bien exister, des hommes non violents... »

(1) Prénom d'emprunt.

(2) Lisa a été aidée par l'Accueil d'urgence femmes en difficultés (AUFD). Elle est actuellement aidée par l'association Passerelle.
Ouest-France

07:09 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes battues, chrs, maison relais | | |  Facebook

16.08.2007

Marie Anne

mon mari il me battait tout le temps. Il était en colère et c'est moi qui prennait. Les voisins, la famille tout le monde savait mais personne disait rien. Un jour j'ai été chez un voisin, avec sa femme ils voulaient m'aider, me garder, que je porte plainte, que j'aille à l'hosto. Ils n'arrétaient pas de vouloir que je fasse des choses, des démarches. Deux cons. Ils ne comprenaient rien à rien et ils croyaient tout savoir juste parce que pour eux ça marche.
Finalement mon mari il en a eut marre de moi et il m'a foutu dehors. Un coup de chance. j'ai attérie à la rue parce que personne de la famille m'a aidé. J'ai trainé et puis "Femme de parole" m'a trouvé un foyer. mais j'ai pas supporté. Que des femmes, rien que ça et elles ne parlaient que d'avant. C'était à celle qu'à le plus souffert et tout ça juste pour parler. Moi ce que je veux c'est mon appart comme vous. comme ça je peux rester tranquille. Si ça m'arrive je m'achèterai des oiseaux qui chantent. C'est ça que je veux.

"Marie-Anne "habite" dans une cabane de jardin que lui prête le propriétaire des lieux"