19.04.2009

Un décret aménage le contentieux relatif au droit au logement opposable

La mise en oeuvre du droit au logement opposable (Dalo) institué par la loi du 5 mars 2007 - et plus particulièrement le retour d'expérience des commissions de médiation - ont fait apparaître un certain nombre de faiblesses des textes constitutifs. La loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion du 25 mars 2009 a déjà apporté plusieurs améliorations, en particulier sur la mise en oeuvre du Dalo en Ile-de-France. Un décret du 10 avril 2009 apporte, pour sa part, plusieurs modifications importantes sur la mise en oeuvre du contentieux lié au Dalo, dont les mécanismes ont été posés par un décret du 28 novembre 2008 relatif au contentieux du droit au logement opposable (voir notre article ci-contre "Dalo : la parole est à la justice").
Le décret du 10 avril prévoit ainsi, à l'article R.441-16-1 du Code de la construction et de l'habitation (CCH), que le recours devant la juridiction administrative - qui peut être exercé depuis le 1er décembre 2008 par le demandeur n'ayant pas reçu "d'offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités" - doit intervenir dans un délai de trois mois à compter de la décision de la commission de médiation le reconnaissant comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence (et non plus dans les trois mois suivant la réception de cette décision). Cette modification, qui tient manifestement compte des difficultés d'obtenir une preuve de réception pour des personnes sans domicile fixe, pourrait toutefois soulever à son tour des difficultés si la personne n'est pas informée dans les temps.
Le décret corrige également une maladresse de rédaction de l'article R.441-18 du CCH (issu du décret initial du 28 novembre 2008). Celui-ci donnait en effet six semaines au préfet pour proposer une place dans une structure d'hébergement, un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale aux personnes sans domicile désignées par la commission de médiation, mais sans préciser le point de départ de ce délai. Le décret du 10 avril 2009 fait donc courir ce délai de six semaines à partir de la date de décision de la commission. Faute de proposition de solution à cette échéance, l'intéressé pourra alors saisir la juridiction administrative.
Un autre article prend en compte les dispositions issues de la loi du 25 mars 2009, en remplaçant, à l'article R.778-7 du Code de justice administrative, la mention de "représentant d'une association ayant reçu l'agrément prévu au deuxième alinéa du I de l'article L.441-2-3-1 [du CCH]" comme seul accompagnant possible du demandeur dans sa démarche devant la juridiction administrative par la notion, plus large, de "personne assurant l'assistance" du requérant. L'article L.441-2-3-1 du CCH - modifié par l'article 76 de la loi du 25 mars 2009 - prévoit en effet désormais que "le demandeur peut être assisté par les services sociaux, par un organisme bénéficiant de l'agrément relatif à l'ingénierie sociale, financière et technique [...] ou par une association agréée de défense des personnes en situation d'exclusion".
Enfin, le décret du 10 avril repousse du 30 avril au 31 décembre 2009 la date limite de dépôt d'une requête devant la juridiction administrative pour les demandeurs qui se prévalent d'une décision de la commission de médiation rendue avant le 1er janvier 2009. Ce report de la date limite vaut aussi pour les demandeurs qui, en l'absence de commission, ont saisi le préfet d'une demande de logement avant cette date et n'ont pas bénéficié de l'information prévue à l'article R.441-18-2 du CCH (information sur le délai dans lequel l'offre de logement d'urgence peut être formulée)

Jean-Noël Escudié / PCA

Référence : décret 2009-400 du 10 avril 2009 modifiant le code de la construction et de l'habitation et modifiant le décret 2008-1227 du 27 novembre 2008 relatif au contentieux du droit au logement opposable (Journal officiel du 12 avril 2009).

Le décret du 10 avril 2009. à télécharger

01.11.2008

Gueux Pride Marseille

un article du Comité Droit Au Logement de Dax : www.daldax.org.

Gueux Pride Marseille
1 2 3 Vidéo Rue89 : La Gueux Pride à Marseille Gueux Pride : « Rendre visibles les invisibles », par Rémi Leroux, Rue89 Marseille. La première « Gueux Pride » a eu lieu à Marseille ce vendredi. Une manifestation citoyenne, politique, pour dénoncer toutes les formes d’exclusion et de précarité. Parmi les participants, Nadia Desjardins, une ex-SDF qui aide désormais les « gens de la rue » à s’en sortir. Mais qui sont ces gueux dont on nous parle ? Des sans-abris, intérimaires, étudiants, stagiaires, squatteurs, chômeurs, des travailleurs, des fous, drogués, enseignants, artistes et même des médecins ! Toutes celles et ceux qui « se reconnaissent en tant que gueux de ce système ». Ceux-là même que Coluche voulait représenter il y a vingt-cinq ans déjà. Le collectif à l’origine de la Gueux Pride explique vouloir rendre « visibles les invisibles » et pointer un système générateur de précarité et d’exclusion. Sylvain Perrot, pharmacien à Médecins du Monde à Marseille, détaille : « La précarité, ce n’est pas seulement ceux qui vivent dans la rue. C’est aussi l’étudiant obligé de se (...)

23.10.2008

MÉFIANCE - ATTENTION - DANGER L'ARTICLE 17 BOUGE ENCORE

BOUTIN A PERDU L'ARTICLE 17 ! PAS ENCORE !!!

CE GOUVERNEMENT ET TOUS LES POLITIQUES VONT REMETTRE çA !!!

NE VOUS ENDORMEZ PAS...

L'ARTICLE 17 EST DÉJÀ DE RETOUR

Après sa suppression par le Sénat, l'article 17 qui assouplie les modalités de mise en oeuvre du quota de 20% de logements sociaux, le gouvernement semble hésiter sur la conduite à tenir. "semble hésiter" tu parles...

Christine Boutin raconte très à l'aise, que "l'article 17 est mort", et qu'elle ne soumettra donc pas d'amendement de rétablissement à l'Assemblée nationale, qui devrait examiner le texte en décembre.

MAIS, de son côté, le groupe parlementaire UMP est dans l'expectative. Jean-François Copé le président, lâche tout tranquillement que le groupe "est assez partagé et a été un peu surpris, il faut bien le dire, par la position de nos amis sénateurs".

Et il bavasse encore en expliquant aux cons que nous sommes que "c'est un sujet qui aujourd'hui n'est pas tranché" : en langage clair "L'ARTICLE 17 SE FERA PAR UN AUTRE MOYEN" COMME D'HABITUDE

Car ces gens là veulent l'accession à la propriété : ENDETTEMENT POUR 40 ANS !! ET LES VILLES POURRONT NOUS LAISSER SUR LE CARREAU


Et voilà que le Premier ministre arrive, il nous cause depuis Genève : "la position du gouvernement est connue, elle était dans le texte qui a été adopté par le Conseil des ministres".

DÈS FOIS QU'ON AURAIT PAS COMPRIS QU'ILS VEULENT NOTRE PEAU

22.10.2008

Logements sociaux : Boutin étrillée par les sénateurs

Le Sénat a rejeté à une écrasante majorité l’article du projet de loi de la ministre du Logement qui visait à assouplir le pourcentage de 20 % de logements sociaux imposé à chaque municipalité. Une disposition qui avait choqué les associations

Odile Plichon | LE PARISIEN

C’EST CE QU’ON appelle un camouflet. Dans la nuit de lundi à mardi, après des heures de discussions enflammées, l’immense majorité des sénateurs a décidé de retoquer l’une des dispositions phares du projet de loi de Christine Boutin, la ministre du Logement : par 314 voix contre 21, ils ont tordu le cou à l’article 17 de son projet de loi, qui visait à assouplir le pourcentage de 20 % de logements sociaux imposé à chaque municipalité (loi dite SRU), en faisant rentrer dans ces quotas l’accession sociale à la propriété.

En clair ? Si cette disposition était passée, des mairies construisant peu de HLM mais permettant à des familles modestes d’acquérir leur logement auraient pu rentrer plus facilement dans les clous… et donc ne pas acquitter de pénalités.

Le gouvernement au centre des critiques

Lorsqu’elle avait dévoilé cette mesure, en juillet dernier, Christine Boutin avait essuyé les foudres de la Fondation Abbé-Pierre comme du DAL (Droit au logement), qui avaient souligné l’impossibilité pour bon nombre de ménages modestes d’acheter leur appartement, tandis que trop peu de HLM étaient construits pour les familles sur liste d’attente. Une argumentation aujourd’hui reprise par… les sénateurs. Il faut dire que, depuis cet été, la déflagration « crise financière » est passée par là. Et alors que 1,2 million de ménages piaffent toujours, les regards se tournent une nouvelle fois vers les pouvoirs publics.

Les mairies ? Sur les 730 municipalités qui s’étaient engagées à rattraper leur retard entre 2005 et 2007, 330 n’ont tout bonnement pas joué le jeu (voir notre palmarès ci-dessous). A Biarritz, à Vincennes, à Neuilly-sur-Seine, à Houilles (lire ci-contre), seuls 30 à 50 % des objectifs ont été atteints, parfois, c’est vrai, du fait de vraies contraintes (explosion du prix du foncier par exemple), ailleurs pour de mauvaises raisons en deux ans, Le Cannet n’a… rien construit. Mais, plus encore que les élus locaux, c’est le gouvernement qui est aujourd’hui au centre des critiques. Car Christine Boutin n’a pas su empêcher l’érosion de son budget : en 2009, les crédits alloués au Logement et à la Ville baisseront de 6,2 %, tandis que les autorisations permettant de construire des logements locatifs sociaux chuteront de 30 % ! Pour compenser ce manque à gagner, le gouvernement a décidé de puiser 850 M € dans la cagnotte du 1 % logement (qui permet de trouver un toit bon marché aux salariés), ce qui suscite, cette fois, l’ire unanime du patronat et des syndicats.

Des députés UMP « bien embêtés »

Les députés reviendront-ils, en décembre, sur la décision des sénateurs ? Hier, tandis que Christine Boutin se disait « sereine », Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, expliquait que les élus étaient « bien embêtés ». D’ici là, pendant qu’élus locaux, présidents d’offices HLM et gouvernement se rejetaient la balle, les associations, elles, maintenaient la pression. Demain, la première d’entre elles, la Confédération nationale du logement, organise une journée d’action contre « les mauvais coups » des pouvoirs publics.

21.10.2008

loi boutin séance complète du 17 octobre

Séance du 17 octobre 2008.doc
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17.10.2008

La Caravane des mal-logés, des sans-logis, des locataires, des expulsés... avance

Escale à Biarritz
Vidéos à la Une : La Caravane au Pays Basque : Interview d’Emmanuel Klein, porte parole du Comité DAL de Dax. Iparraldearen Orena : Le Journal Télévisé du Pays Basque nord (en basque). Les militants contre la crise du logement investissent le « Rocher de la vierge à Biarritz » Les mal-logés font escale à Biarritz, Antoinette Paoli C’est un rassemblement peu commun qui s’est organisé à Biarritz hier après-midi face au Musée de la Mer, et auquel les promeneurs, qui profitaient de ce bel après-midi, ne sont certes pas habitués. Toute l’équipe de « La caravane contre la crise du logement » et pour le droit au logement, organisée par le Droit au logement (DAL), mené par son porte-parole Jean-Baptiste Eyraud, Emmaüs et le collectif contre la loi Boutin, a quitté hier matin Pau, a pris la direction de la Côte basque, et a fait escale à Irun, Bayonne et Biarritz. La trentaine de participants, qui ont choisi de prendre le départ à vélo à l’occasion du premier jour de l’examen au Sénat du projet de loi Boutin, est attendue le 26 octobre à Paris. Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole national du DAL, affirme notamment que cette loi « marchandise le logement social », « va entraîner la privatisation d’une partie du (...)

le collectif "contre la loi Boutin" au sénat

Jeudi 16 octobre 2008, à 11 heures, alors que les sénateurs examinent une nouvelle loi sur le logement présentée par Mme Boutin, le collectif "contre la loi Boutin" a  déployé des banderoles dénonçant les expulsions, la hausse des loyers et la spéculation immobilière que ce projet de loi engendrerait.

Cette action du collectif « contre la loi Boutin » s’inscrit dans un ensemble d’initiatives, débutées samedi 11 octobre par une manifestation demandant l’application de la loi de réquisition des logements vides comme solution à la crise du logement.


Contre la crise du logement, la spéculation, et la loi Boutin : Un logement pour tous !

La crise du logement bat son plein

En hausse : Les expulsions et le désespoir qui les accompagnent, les sans logis, les mal-logés, les surendettés, les galériens du logement, les bidonvilles, le camping imposé.

En hausse : le harcèlement et la répression des précaires du logement, des gens du voyage, des Roms, des migrants ou des occupants d¹habitats alternatifs, les placements d¹enfants faute de logement décent, les discriminations.

En hausse les difficultés pour se loger, les loyers et les charges, les profits immobiliers, fonciers et locatifs, les aides financières aux gros propriétaires, la spéculation immobilière, la destruction des quartiers populaires dans les centres ville et les quartiers HLM. En baisse : les attributions HLM, les logements accessibles à tous, les conditions de logement des ménages modestes, les moyens d¹hébergement, le budget logement de l¹État pour 2009, les droits des locataires et des mal-logés..

Un projet de loi logement rétrograde

Présenté par Mme Boutin en octobre, ce projet renforce la crise du logement, et soutient le monde de l¹immobilier, de la spéculation et de la finance.

Après avoir réduit le budget logement de 2009 et privatisé une grande partie du Livret A (qui finance la construction des HLM), elle présente cette loi pour accélérer les expulsions, imposer la dérégulation des loyer et la vente des HLM, détourner l¹argent des bailleurs sociaux et du 1% logement, attaquer le droit au maintien dans les lieux des locataires HLM, vider de son contenu la loi SRU qui impose des HLM (par exemple à Neuilly), affaiblir la loi DALO.

Nous exigeons

L’arrêt des expulsions la mise en oeuvre concrète du droit au logement et à un habitat choisi les mesures pour rendre accessible à tous le logement, l’énergie et le foncier, pour construire massivement et soutenir le logement social de qualité l¹application de la loi de réquisition des logements vacants € le retrait de la plus grande part du projet de loi Boutin.

Agissons tout au long de l¹examen de la loi Boutin !

Caravane de la crise du logement (de Pau le 14 oct. à Neuilly/Paris le 26 octobre)
Manif dimanche 26 octobre RDV à 15h devant la mairie de Neuilly sur Seine


Premiers signataires : ACDL (Association de défense des locataires), AFVS (association des familles victimes de saturnisme), AITEC (Association internationale des experts, techniciens et chercheurs), ANECR (Association nationale des élus communistes et républicains), ATTAC, Autre Monde, AVIHPO (Association des victimes de l’incendie Paris Opéra), CAL (comité action logement), CNL, CDSL(comité des sans logis), CGT Caisse des dépôts, CGT ICADE, CGT SNI, CGT FILIMMO, CNL, Collectif SDF Alsace, Coordination anti-démolition des quartiers populaires, COPAF (Collectif de défense des foyers de migrants)), DAL fédération, Exception Culturelle, FSU, FSU Caisse des dépôt, HALEM(réseau de défense de l’habitat choisi, mobile), LDH, No-Vox, Collectif Pas Touche au Livret A, SNA banque de France, Union Syndicale Solidaire, LCR,Les alternatifs, PCF, les Verts...
le jeudi 16 octobre 2008

15.10.2008

Logement - Boutin braque les sénateurs

L’examen du projet de loi de pour le logement a débuté hier au Sénat. L’assouplissement de la loi SRU durcit le débat.

« Pour un ministre, être battu sur un article ce n’est pas grave, il n’y a aucune honte à lancer le débat »,
a confié hier Christine Boutin, quelques minutes avant d’aller présenter aux sénateurs son projet de loi « de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion », et son très contesté article 17 sur l’accession sociale à la propriété. Si la ministre du logement s’est préparée à la déroute avant même d’entrer dans l’hémicycle, c’est que son un projet de 27 articles devrait être totalement dépecé. En tout, 628 amendements ont été déposés, parfois dans les mêmes termes par la majorité et l’opposition, et 120 déjà adoptés par la commission des Affaires économiques du Sénat.

Budget en net recul, fin du droit au maintien dans une HLM, réduction de trois à un an du délai pour expulser un locataire qui ne paye pas ses loyers, abaissement de 10 % des plafonds de ressource pour l’accès au logement social, sont autant de points du dispositif suscitant le mécontentement des associations de défense des mal-logés, de la gauche et des centristes, ainsi que les réserves dans la majorité. Mais le point le plus emblématique reste l’assouplissement de la loi solidarité et renouvellement urbain (SRU), qui oblige les communes à construire au moins 20 % de logements sociaux. Selon l’article 17 du projet de loi, les logements en accession sociale à la propriété seraient comptabilisés dans les 20 % de logements sociaux initialement prévus, afin de « permettre aux maires de diversifier leur offre de logements sociaux ».

La majorité n’attend pas de miracle

« Je sais que cette disposition suscite le débat pour ne pas dire la passion. Et pourtant, 88 % des Français selon une étude du CREDOC se déclarent favorables à cette disposition », a affirmé la ministre aux sénateurs. « Il faut se sortir de la tête qu’être propriétaire c’est être riche », a-t-elle martelé. Une enquête brandie quelques heures avant le début de l’examen du texte, qui ne semble pas convaincre ses détracteurs. « Christine Boutin cherche à faire bonne figure auprès de Nicolas Sarkozy, qui promettait dans ses slogans une France de propriétaires. Mais le Sénat a déjà refusé il y a deux ans l’altération de la loi SRU », a estimé Thierry Repentin (PS), rapporteur du budget du logement. Pour lui « ce serait un miracle » que l’article 17 soit adopté.Si l’opposition est si confiante, c’est que ses critiques sont partagées par la majorité. Dominique Braye (UMP), rapporteur du texte au Sénat, avait déposé en 2006 une proposition de loi pour abroger la loi SRU. Convaincu par l’abbé Pierre, Jacques Chirac l’avait alors poussé à la retirer. Ce qu’il fit. Aujourd’hui, il doute lui aussi de l’opportunité du dispositif proposé dans un un climat politique peu propice.

Edition France Soir

 

24.09.2008

Débat Edvige repression et libertés

DEBAT MACAQ

vendredi 3 octobre à 20h, 123 rue de Tocqueville

 

 
 

 FACE AU CONTRÔLE ET A LA RÉPRESSION,

QUELLES LIBERTES POUR LES CITOYENS ?

 

 

Invités : Collectif non à Edvige, Syndicat de la Magistrature, Ligue de Droits de l'Homme, UNSA-Police, RESF, Les désobéissants, Jeudi-Noir, DAL, Attac, Sud étudiants...

 

      Ce plan de débat sert surtout à donner des pistes et une organisation générale, mais c'est à chaque intervenant de développer les points qu'il souhaite.

      Le débat se déroule sous forme de discussion libre avec “distributeur de parole”. Public et invités sont sur un pied d'égalité, chacun apporte au groupe ses expériences et ses réflexions.

 

Partie I : ETAT DES LIEUX

 

I – Augmentation de la répression des mouvements sociaux

 

            Il n'aura échappé à personne que le nouveau gouvernement porté au pouvoir en mai 2007 a singulièrement changé d'attitude vis-à-vis des divers mouvements contestataires.

 

-         CRS dans les facs lors des luttes étudiantes

-         Arrestations de sans-papiers au guichets des préfectures, dans les hôpitaux ou devant les écoles

-         Expulsions immédiates des campements et occupations pour le droit au logement.

-         Procès des faucheurs volontaires

-         Campagnes de stigmatisation des grévistes comme « privilégiés » et « preneurs d'otages »

 

            Parallèlement à cela, la délinquance en col blanc, concernant les délits financiers, échappe aux fichages ADN comme aux peines plancher pour les récidivistes. Le but de cette “tolérance zéro” à deux vitesses est-il de faire respecter l'état de droit, ou plutô de casser toutes les formes de contestations des politiques du gouvernement ? Ce qui est ouvertement affiché est la lutte contre le militantisme, en sanctionnant très durement la désobéissance, et en intimidant toutes les formes d'engagement.

 

II - Augmentation du contrôle

 

            Mais la répression ne touche pas que ceux qui enfreignent la loi : les dispositifs policiers de contrôle des citoyens seulement “susceptibles de porter atteinte à l'ordre public” se multiplient.

 

-         Généralisation du fichage ADN aux suspects sans possibilité d'y échapper

-         Nouveau fichages portant atteinte à la vie privée : Eloi, Ardoise, Base Elèves, Edvige, Cristina...

-         Vidéosurveillance, tracabilité numérique des individus.

 

            Le fichier Edvige est à ce titre tout à fait révélateur de la ligne prise par le ministère de l'Intérieur. La largeur et surtout le flou des critères de fichage laisse en réalité toute liberté à l'arbitraire policier pour ficher toute personne investie dans la vie publique. C'est le retour d'une police politique décomplexée, qui vise surtout à dissuader l'engagement militant.

            Le développement de toutes les formes de contrôle, vidéo, ADN, puces électroniques, fichages, met en place une véritable “société du contrôle”, où la suspicion et la méfiance des uns envers les autres devient permanente. Ainsi la cohésion populaire disparait, rendant très difficile les mobilisations collectives.

 

III – Quelle place reste-t-il pour l'engagement citoyen aujourd'hui ?

 

            Que l'on soit favorable ou non aux luttes sociales, et quel que soit le niveau de contestation que l'on est prêt à assumer, cette nouvelle direction que prend la police n'a rien pour rassurer sur la santé de notre démocratie. Lorsque la force publique ne s'occupe plus de l'intérêt général, mais d'interpréter la loi au service d'intérêts politiques particuliers, alors on sort du cadre de la liberté d'opinion et de critique.

            Les mouvements sociaux sont souvent amenés à se mettre en marge de la légalité pour peser dans le débat. Bien sûr, il ne s'agit pas de revendiquer un “droit à désobéir”, ce qui est une contradiction dans les termes. Mais il faut rappeler qu'une personne qui enfreint la loi ne voit pas pour autant disparaître tous ses droits : la peine doit être proportionnelle au délit.

 

Partie II : QUE FAIRE ?

 

            L'erreur serait évidemment de laisser tomber la contestation sous prétexte qu'elle est devenue trop difficile. Le but de cette politique est de décourager toute contestation, et de diviser les militants entre ceux qui persistent (ils sont criminalisés) et ceux qui abandonnent parce qu'ils ont trop à perdre.

            A l'inverse, il est essentiel que ceux qui refusent de prendre des risques témoignent leur solidarité et leur soutien à ceux qui en prennent et qui subissent la répression. Il est possible d'aider la lutte sans prendre soi-même de risques.

 

            Nous parlerons d'abord des luttes en général, puis de la lutte contre la répression et le contrôle en tant que tels.

 

I – Continuer à lutter tout en se protégeant de la répression ?

 

-         La lutte sans risque mais efficace : la sensibilisation de la population, le soutien financier, la signature de pétitions, la présence passive lors des actions, le vote, d'autres formes à inventer.

-         Importance d'étudier les façons d'enfreindre la loi sans trop risquer.

-         Si on sait l'utiliser, la médiatisation de la répression peut nous aider à mettre de notre côté l'opinion publique. C'est une bataille avant tout idéologique que nous mène le gouvernement par son discours criminalisant. Il légitime la répression et n'éhsite pas à la mettre en scène. Il faut savoir nous relégitimer par les médias aux yeux de l'opinion, et insister sur l'injustice de la répression d'état.

-         La sensibilisation des fonctionnaires de police et des magistrats aux enjeux sociaux : ils subissent comme nous pour la plupart la politique de la droite, il s'agit de les inciter, à leur niveau, à résister dans le cadre de leurs fonctions, plutôt que de faire du zèle.

 

II - Actions contre la repression et le contrôle

 

-         Collectifs non à edvige, cristina etc

La mobilisation a été efficace et la médiatisation forte, mais quelles avancées réelles peut-on espérer concrètement ? Comment donner plus de force au combat contre le fichage des citoyens ?

 

-         Suivi des abus policiers, comités de soutien juridiques

Il faut d'une part faire sanctionner tout abus policier, et demander des peines raisonnables pour les désobéissants.

13.09.2008

Le Conseil général du Bas-Rhin liquide ses bénéficiaires du RMI

La méthode pour radier le maximum de personnes est violente et pernicieuse. Jusque là, rien de nouveau les "politiques" de tous bord utilisent les mêmes grosses ficelles lorsqu'ils s'agit de "gérer" les pauvres, les exclus au niveau de "leur" ville ou de "leur" département.

Plusieurs contacts du Collectif SDF ont reçu un courrier du Conseil Général du Bas-Rhin, les convoquant afin "d'évoquer leur situation face au RMI". En réalité, la commission locale d’insertion (CLI), dépendant du Conseil général, a décidé de faire face à la décentralisation en réduisant le nombre de bénéficiaires du RMI. Le mot d'ordre est : économie.

Chaque mois, une commission composée de fonctionnaires, convoque et «auditionne» les bénéficiaires du RMI dans leurs locaux aux Ponts Couverts. Les convocations "pleuvent". Le bénéficiaire du RMI est seul face à des juges déterminés à accomplir leur tâche.
La cible dans sa grande majorité, est facile. Car le CG67 vise en priorité les personnes qui, comme on vous l'a rabâché sont passer à travers le I de RMI. Aujourd'hui on les rends responsables de cette défaillance. C'est bien connu, le "rmiste" est un fainéant, un profiteur, comme le chômeur, comme l'expulsé, comme le malade, comme le paralytique, comme l'étranger, comme le jeune des ghettos de banlieue, comme l'intermittent du spectacle, etc.

Il y à environ un an de cela, lors d'une rencontre, quelques travailleurs sociaux posaient des questions gênantes : qui sont ces personnes, quel est leur profil, comment se fait-il qu'elles n'aient pas rencontrées un travailleur sociaux...
Ces imbéciles préconisaient d'aller à leur rencontre, de leur parler et de cerner leurs besoins, leurs demandes... Bref ces Travailleurs sociaux faisaient leur travail en donnant au dispositif RMI sa dimension humaine...

Le Conseil Général du Bas-Rhin a donc décidé de faire à "sa manière", sans s'encombrer de ces empêcheurs de radier à la chaîne. On repère les cibles (grâce à qui au fait ?), on les convoque et on les radie. C'est simple et "efficace".

Car cette mesure, c’est bien trop clément et trop «humain» pour le département du Bas-Rhin qui a décidé de réduire ses "coûts".
Pour l'aider à accomplir cette mission les commissions CLI, sont composées de directeurs d'anpe, de fonctionnaires... Bref, le casting
parfait pour atteindre l'objectif tout en lui donnant un air de respectabilité.

Le bénéficiaire du RMI est considéré par ces gens là, comme un sous-homme, et un profiteur. Il est donc un "homme" que l'on destitue de tous ses droits, à la merci de ses "juges" et d'une société trop indifférente. Et tout est permis.

Pour Jacky, le petit Fred, Pierre, et d'autres, tous à la rue, après 20 minutes "d'audition" la sentence est tombé : 3 mois de radiation immédiatement, on vous convoquera à nouveau (quand?), vous devez avoir un référent.
Aucune aide, aucun conseil, pas même une adresse d'association; circulez et au suivant.

Depuis le mois de mars le CG67 a "embauché" des élus de la "nouvelle" municipalité sans qu'aucun changement de "stratégie" n'intervienne. L'"opposition" reste silencieuse, comme les associations qui "attendent" que ces "cas" viennent à elles...

Jusqu'où peut aller l'inacceptable ?

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