17.11.2009

Pétition Pour un réel engagement en faveur des personnes SDF, par des travailleurs sociaux

Bonsoir
Je n'ai pas l'habitude de faire suivre des mails ou des chaines quelconques.
La pétition que je vous adresse ici et que dont je souhaiterais que vous preniez connaissance émanent des travailleurs sociaux de l'urgence sociale, dont je fais parti. Nous nous permettons de demander l'appui de notre réseau personnel pour nous soutenir et nous rejoindre afin de dénoncer une situation intolérable, à Lyon, en matière d'hébergement des personnes SDF. Il manque cruellement de places sur l'aglomération. L'un des centres (accueillant entre autres des familles) menace de fermer... Le sort réservé aux sans-abri semble être le dernier des soucis de nos gouvernants... en dépit d'un droit opposable à l'hébergement que les personnes peuvent faire valoir depuis mars 2009.
Avec mes collègues, les bénévoles... nous assistons impuissants à la dégradation physique et psychiques des personnes que nous rencontrons chaque jour, le système de l'urgence sociale les condamnant à errer de centre en centre lorsqu'ils ne dorment pas à même le bitume, faute de place. Nous ne pouvons plus cautionner, par notre silence, cet état de fait et nous avons décidé de rendre publique cette dramatique situation au travers d'une pétition
Nous comptons sur votre soutien car nous pensons que la question SDF nous concerne tous, collectivement responsables du sort que l'on réserve aux personnes les plus fragiles. Nous vous invitons donc à signer le texte de pétition sur le lien suivant: http://reelengagementsdf.free.fr/
Je suis à votre disposition pour tout renseignement complémentaire. (06.18.92.41.08.)
N'hésitez pas à la faire passer dans vos réseaux le plus rapidement possible, la date de clôture étant le 1er décembre.
Cordialement
Maud Bigot

Pour un réel engagement en faveur des personnes SDF

Auteurs : Professionnels de l’urgence sociale de l’agglomération lyonnaise.

- Etant donné qu’à l’amorce de l’hiver 2009/2010, aucun nouveau centre d’hébergement d’urgence n’a ouvert ses portes à Lyon, contrairement aux années précédentes ;

- Etant donné qu’en ce début d’hiver 120 à 130 personnes ayant sollicité le 115 se retrouvent chaque soir sans solution d’hébergement et que le froid fera logiquement augmenter ce nombre ;

- Etant donné que les statistiques du 115 ne donnent à voir qu’une partie de la population sans logement ni hébergement dans l’agglomération lyonnaise, cette dernière étant estimée à plusieurs milliers de personnes1

Les moyens du dispositif d’hébergement d’urgence lyonnais sont largement insuffisants

- Etant donné que les nuitées d’hôtels (comme proposées l’année dernière) ne constituent qu’une mesure fort coûteuse masquant artificiellement la pénurie de place sans prise en compte des besoins au long terme des personnes concernées ;

- Etant donné que, si la période hivernale est un moment critique pour les personnes SDF, une prise en charge saisonnière de cette question est en contradiction avec la stabilité nécessaire à la réinsertion des personnes ;

- Etant donné la saturation du dispositif logement/hébergement à tous les niveaux (Centre d’Hébergement d’Urgence, Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale, faible nombre de places dans les maisons relais, manque de logements, etc.)

Le dispositif d’hébergement d’urgence ne constitue pas un tremplin vers des solutions pérennes et adaptées comme l’exige l’article 73 de la loi MOLLE (27 mars 2009)

Nous, travailleurs sociaux de l’urgence sociale et citoyens directement concernés ou non, exigeons :

A court terme : - l’ouverture dès janvier de deux centres d’hébergement d’urgence pérennes adaptés aux besoins identifiés par les intervenants de terrain ;

- l’engagement réel de l’Etat et des collectivités locales au travers d’un signe fort pour le maintien, la pérennisation et l’amélioration des structures existantes ;

A terme : - Une application locale du rapport PINTE et de la loi DALO à partir des diagnostics réalisés sur l’agglomération lyonnaise ; c'est-à-dire un effort financier conséquent à tous les niveaux du dispositif logement/hébergement.

« Héberger dans un centre ou à l'hôtel une famille coûte bien plus cher à la collectivité que de louer un logement même au prix du marché. Aucune estimation précise n'a été faite sur les coûts économiques, sociaux, sanitaires du mal logement. On peut les imaginer bien plus élevés que nos dépenses actuelles en matière d'accueil, d'accompagnement social et d'aide au logement. »

Nous demandons à l’Etat une réponse écrite sous quinze jours à ce sujet. Si cette dernière ne répond pas aux exigences formulées, nous nous engagerons dans un mouvement de mobilisation et inviterons les personnes concernées à faire valoir leurs droits.

1 MRIE, Connaissance des personnes sans logement ou hébergement fixe dans l'agglomération lyonnaise
Qui sont-ils ? Quelles attentes ? Quels recours ? www.mrie.org/personnes-en-difficultes

2 Etienne PINTE, Propositions pour une relance de la politique de l’hébergement et de l’accès au logement www.assemblee-nationale.fr/13/tribun/rapport_pinte12070608.pdf

 

09.07.2009

CHRS EN DANGER. Des travailleurs sociaux se mettent à nu

Aujourd'hui, l'État annonce des baisses des budgets de fonctionnement des Centres d'Hébergement et de Réinsertion Sociale (C.H.R.S.). Ces décisions sont lourdes de conséquences pour des structures ...

Des travailleurs sociaux se mettent à nu, en vidéo

http://www.youtube.com/watch?v=cjhHX1Xp_QE

22.03.2009

Les 1000 projets de la relance : Centres d’hébergement et de réinsertion sociale

Les actions

La dotation permet de financer la création de 800 places de CHRS dont 600 places en métropole et 200 places dans les DOM. Avec la mesure portant sur l’hébergement d’urgence, au total 1 000 places supplémentaires sont créées en 2009.

Par ailleurs, une dotation financière est apportée au CHRS à hauteur de 12,5 millions d’euros. Ces financements sont complétés par la mesure sur la dotation en capital d’ADOMA, à hauteur de 37 millions d’euros.

Si le dispositif d’hébergement doit être stabilisé, l’existant doit être conforté pour répondre aux besoins des publics insuffisamment pris en charge. Par ailleurs, certaines zones périurbaines (bois…) sont peu ou mal couvertes par les équipes qui vont au-devant des personnes vivant à la rue ou dans des lieux inappropriés. Par ces mesures il s’agit de redéfinir les moyens déjà existants, d’accroître de manière contrôlée le parc d’hébergement lorsqu’il est insuffisant et d’augmenter les équipes allant au-devant des personnes, en particulier dans les régions les plus urbanisées où les besoins sont les plus sensibles.
Principes d’action :
- Consolider le fonctionnement de 1 830 places d’hébergement ouvertes courant 2008 (22,5 M€) ;
- Créer 100 places d’urgence et 100 places de stabilisation (2,6 M€) ;
- Créer 800 places, dont 200 dans les DOM, en centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) (12,5 M€)) ;
- Reprendre les déficits d’exploitation d’années antérieures (12,5 M€) ;
- Créer 50 équipes de maraude supplémentaires (2,9 M€).


Attribution des moyens et pilotage : Des enveloppes globales seront déterminées pour chacune des régions sur la base de diagnostics locaux établis à l’automne 2008 (circulaire du 22 janvier 2008 de lancement du "Grand Chantier prioritaire 2008-2012 pour l’hébergement et l’accès au logement des personnes sans abri"). Un appui méthodologique de mise en oeuvre, de suivi et d’évaluation sera mis en place au niveau national.


• on reste loin du compte, loin des besoins. Des milliers de personnes resteront à la rue. D'autres resteront coincées dans le circuit de l'hébergement ... Ce n'est pas UN PLAN DE RELANCE ...

06:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chrs, hébergement d’urgence, adoma | | |  Facebook

11.01.2009

Mise en place du fonds d'urgence en faveur du logement

publié le 09 janvier 2009 - LOCALTIS

Un décret du 7 janvier 2009 met en place le fonds d'urgence en faveur du logement, créé par l'article 12 de la loi de finances rectificative du 30 décembre 2008 grâce aux disponibilités tirées de la clôture du Fonds pour le renouvellement urbain (FRU), géré par la Caisse des Dépôts. Créé en décembre 1999, le FRU s'était vu alors doté de 457 millions d'euros, prélevés sur le résultat net de la Caisse des Dépôts au titre de l'exercice 1999. Les ressources ainsi mobilisées ont été affectées principalement à la bonification des prêts de renouvellement urbain (PRU), au financement d'études sur les projets de renouvellement urbain, mais aussi à divers prélèvements au profit de l'Etat, de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) et des dépenses de fonctionnement des centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS). Avec la création de l'Anru, la suppression du FRU a été programmée dès 2003, en même temps que la mise en place de nouvelles modalités d'intervention de la Caisse des Dépôts. Sa clôture définitive est intervenue au 31 décembre 2008.

La loi de finances rectificative pour 2008 prévoit d'effectuer un prélèvement de 66 millions d'euros sur les reliquats de disponibilités du FRU, ainsi réparti : 48 millions d'euros pour l'Anru, 3 millions pour la Caisse des Dépôts (pour financer la réhabilitation du centre commercial du Chêne Pointu de Clichy-sous-Bois) et 15 millions d'euros pour la création du fonds d'urgence en faveur du logement, créé pour l'occasion. Le solde de ces disponibilités est versé au budget de l'Etat, soit un montant - que le décret se garde de mentionner - d'environ 13 millions d'euros. Le fonds d'urgence en faveur du logement est placé auprès de la Caisse de Dépôts, qui en assure la gestion dans le cadre d'une convention passée avec l'Etat. L'enveloppe de 15 millions d'euros affectée au fonds a vocation à assurer "le financement de mesures destinées à faire face à des situations d'urgence concernant le relogement des sinistrés et les opérations nécessaires à la reconstruction de logements ou d'ensembles de logements sur des sites frappés par des événements exceptionnels de nature climatique ou technologique ayant donné lieu à des dommages aux personnes et aux biens". Les décisions sur l'utilisation des crédits du fonds seront prises conjointement par le ministre du Logement et le ministre du Budget. L'idée de ce fonds est née après la tornade qui a dévasté une partie de la commune d'Hautmont (Nord), le 3 août 2008. Ce dispositif viendra ainsi compléter, dans le domaine du logement, l'action d'un autre fonds, mis en place par l'article 110 de la loi de finances pour 2008 du 24 décembre 2007 : le "fonds de solidarité en faveur des communes, de leurs groupements, des départements et des régions touchés par des catastrophes naturelles", qui prend en charge les dépenses de reconstruction des équipements collectifs.

Jean-Noël Escudié / PCA

Référence : décret 2009-26 du 7 janvier 2009 relatif au fonds d'urgence en faveur du logement (Journal officiel du 9 janvier 2009).

28.07.2008

L’action sociale anesthésiée ?

Reprenons collectivement l’initiative (http://web.mac.com/mihl/Site/Accueil.html)

Qui sommes-nous ?

Nous sommes tous actifs dans les métiers de l’action sociale, au sens large.

Salariés sur fonds publics et exigeant légitimement d’en vivre décemment, nous n’avons pas choisi cette voie pour faire du « business », mais par souci d’humanité et de justice.

Beaucoup d’entre nous sont quotidiennement au contact direct des gens qui souffrent et qui ont des besoins ou des demandes spécifiques. Chaque jour, ils posent des actes professionnels. Ce ne sont pas des métiers d’ « exécution », mais d’initiative et de responsabilité.

Aujourd’hui, cinq ans après les états généraux de 2004, où en sommes-nous ?

De manière générale, la situation des classes exclues, pauvres ou marginalisées, de même que celle des jeunes s’aggrave.

Les salaires stagnent par rapport aux revenus du capital.

Alors le social trinque et il trinquera demain plus encore. Pourtant protégé par la Constitution, il est devenu une variable d’ajustement. Alors que notre pays est riche ! C’est donc une affaire de choix politiques et tout spécialement de choix de politique sociale.

La relance par le haut prônée par l’actuel gouvernement est sans effet économique tangible. On assiste au contraire à un renforcement des inégalités et à un recul global des systèmes de redistribution et de partage de la richesse.

Voyons cela plus en détail.

1. ➡ Les gouvernants ne se cachent même plus pour prétendre que les pauvres coûtent trop cher et pour dénoncer les soi-disant fraudeurs. Ils ne se cachent pas non plus pour mépriser les travailleurs sociaux, du secteur public comme du secteur associatif. La privatisation des parcours vers l’emploi n’est pas loin. Elle est même déjà là !
2. ➡ Les juges pour enfants, les psychiatres et autres spécialistes voient leurs pratiques professionnelles devenir des espaces d’« obtempérance ».
3. ➡ La police s’est accaparée le dossier de la délinquance au détriment de la Justice. Les jeunes récidivistes sont désespérants pour la sécurité publique et l’éducatif est vilipendé pour ne pas être assez « performant ». Apparaissent des fichiers dangereux pour les libertés comme Edvige. La Justice contracte désormais avec Bouygues qui promet des résultats et accède ainsi au marché public des prisons.
4. ➡ La Protection judicaire de la jeunesse est renvoyée au pénal et la protection civile des enfants aux départements, plus soumise que jamais aux variations et aux limites des politiques locales, sans garanties pour les libertés publiques.
5. ➡ Dans les établissements spécialisés du secteur médico-social, de plus en plus soumis à la frénésie gestionnaire (efficacité, efficience, qualité, évaluation, concentration, CPOM), les listes d’attente s’allongent et la solution du maintien voire du retour au domicile, par exemple dans le cadre des services à la personne, a les préférences de plus d’un décideur. Ainsi chacun isolé est en charge de sa difficulté.
6. ➡ Certes, de nouveaux droits sont généreusement inventés, mais c’est souvent de l’ordre de la rhétorique plus que de l’effectivité immédiate, sauf à faire procès pour ceux qui en ont les moyens (droit au logement, droit à la scolarité pour les enfants handicapés).
7. ➡ Manque évidemment une sérieuse et courageuse politique d’offres, de la petite enfance aux personnes âgées, sans oublier les jeunes. Nous n’avons plus ni politique de l’enfance ni politique de la jeunesse.
8. ➡ L’offensive contre les services publics est engagée. Dans les territoires de la décentralisation, le développement social et les actions de solidarités sont affaire de programmes et les intervenants ne sont plus dès lors que « ressources humaines », entraînés par un régime général de mise en concurrence des opérateurs, de comparaison systématique des coûts et des résultats, et de contrôle administratif, parfois externalisé (qualité, évaluation). Comme si le social était devenu un quasi-marché.
9. ➡ La régionalisation du système de formation a accéléré son délitement et favorisé son adaptation aux besoins stratégiques du nouveau patronat social (public, associatif et lucratif), loin de ce que font nos voisins européens, souvent dans le cadre universitaire. Nous allons au contraire vers une sorte de privatisation à la française.
10. ➡ Entièrement au service du développement économique, l’État est aux abonnés absents en matière sociale. Au lieu d’en être garant, il détricote les droits sociaux. Pas rentables, peu productifs, mal gérés. Bientôt la DGAS, qui assurait tant bien que mal, l’unité politique de l’action sociale et du travail social, sera rayée de la carte. Merci la LOLF, la RGPP, l’Agence régionale de santé…
11. ➡ L’Éducation nationale est visée, mais résiste encore. Le retour aux fondamentaux s’accompagne d’un discours vichyssois contre les sciences de l’éducation et les IUFM, pendant que la réduction autoritaire des postes fait le reste. Des entreprises lucratives (ex : Acadomia ou Après la classe, ...) en font un marché de services à la personne. Les familles paieront. Dans le même temps, d’autres politiques promeuvent le droit à la scolarisation pour tous les enfants handicapés, même une heure par jour ou deux jours par mois, dénigrant au passage le secteur associatif spécialisé. Comme si c’était aussi simple.
12. ➡ Sur le front des sans-papiers, heureusement le Conseil supérieur du travail social a récemment réagi avec courage à une mise en œuvre de la politique migratoire de plus en plus attentatoire aux libertés (gestion pénalisante des familles, centres de rétention et autres pratiques). Mais n’oublions pas qu’il est présidé par la ministre !

Voilà pourquoi, il est temps de (re)prendre une fois encore la parole, tous ensemble, pour dire plus haut et plus fort : «ça suffit».

Voilà aussi pourquoi, il importe de ne pas le faire tout seuls, mais avec tous ceux qui veulent préserver une certaine idée du social, y compris quand l’intendance ne veut pas suivre.

On pense évidemment aux cadres, aux fonctionnaires, aux administrateurs, aux bénévoles, aux élus, aux universitaires et chercheurs, et, bien évidemment, aux usagers. Certains nous ont déjà rejoints dans nos mobilisations.

Des mobilisations, il en existe beaucoup dans toute la France, mais plus souvent locales que nationales, et cette dispersion est sans doute ce qui fait notre commune faiblesse.

Voilà pourquoi, un collectif composé pour l’heure de trois organisations, dont l’une est déjà un groupement, à savoir : la CPO (conférence permanente des organisations professionnelles du social), le MILH (Mouvement Interdisciplinaire pour un Humanisme Laïc) et 789 radio sociale, vous propose, dans un premier temps, de rejoindre une université de rentrée, les 4 et 5 octobre 2008, à Paris.

Ce sera l’occasion de faire le point, de rapprocher les expériences, de confronter les analyses et surtout de décider des suites à donner.

Au plan pratique, pour des raisons faciles à comprendre, nous n’assurerons ni prise en charge ni logement ni restauration. À chacun de prendre ses responsabilités.

Nous retiendrons seulement un lieu permettant tout à la fois de travailler en petits et en grands groupes. Nous avons également imaginé une soirée plus conviviale, mais sans repas. Des précisions sur le lieu seront fournies début septembre.

Sans parler d’inscription, il serait néanmoins important de savoir quelles sont vos intentions. Pour cela une seule adresse mail durant l’été: jacques1@cegetel.net

Merci à tous et à très bientôt.

Pour la CPO : François Chobeaux : www.cemea.asso.fr/spip.php?rubrique380

Pour le MILH : Joël Dutertre : joel.dutertre@free.fr

Pour 789 radio sociale : Martine Pottier ; www.789radiosociale.org

24.06.2008

Etienne Pinte plaide pour le développement de structures d'hébergement

Etienne Pinte : « Il faut mobiliser les propriétaires privés en faveur du logement social »

Dans le rapport qu'il s'apprête à remettre à Matignon, Étienne Pinte, député UMP des Yvelines, plaide pour développer les structures d'hébergement

Après la nouvelle mobilisation des Enfants de Don Quichotte, fin 2007, le premier ministre avait chargé Étienne Pinte d’une mission sur « la relance de la politique de l’hébergement et l’accès au logement ». Le 29 janvier, le député des Yvelines remettait à François Fillon ses premières propositions.

Certaines ont été mises en œuvre, comme la nomination d’un super-préfet, Alain Régnier, pour coordonner les actions en faveur des mal-logés. Dans quelques jours, Étienne Pinte remettra son rapport final. Ses propositions, dont il dévoile les grandes lignes à La Croix, vont peser pour la préparation du projet de loi sur le logement qui sera présenté à l’automne.

La Croix : Au terme de votre mission, à quelle conclusion êtes-vous parvenu sur les besoins d’hébergement pour les gens de la rue ?
Étienne Pinte : Au début de mes auditions, certains experts m’ont expliqué que la politique volontariste de construction de logements sera à l’avenir suffisante pour limiter les besoins de places en hébergement d’urgence ou de réinsertion sociale. Je ne crois pas à cette analyse. La France aura encore besoin de places d’hébergement pour les gens de la rue. Ce n’est surtout pas le moment de baisser la garde.

Pourquoi ce constat pessimiste ?
D’une part, la conjoncture n’est pas bonne pour la construction, en raison de l’augmentation des prix des matières premières ou de la restriction de l’accès au crédit. Les objectifs 2007 n’ont pas été tenus et la situation à venir sera encore plus tendue. D’autre part, l’accompagnement social et humain demeure aujourd’hui insuffisant dans les centres d’hébergement, qui restent la première étape indispensable pour sortir de la rue. On estime qu’il y a aujourd’hui en France entre 80 000 et 100 000 personnes sans domicile fixe.

Enfin, notre société produit de plus en plus de personnes fragiles qui ont besoin d’être accompagnées. Le désengagement de l’État en matière de prise en charge psychiatrique s’est traduit par la fermeture de nombreux établissements spécialisés. De même, on sait que 30 % des personnes expulsées d’un logement social sont concernées par des troubles de comportement. Il est donc indispensable de relancer l’effort en faveur des centres d’hébergement d’urgence ou de réinsertion.

Après l’étape de l’hébergement, comment permettre aux plus démunis d’accéder au logement ?
Il existe une large variété de solutions qu’il faut développer : les maisons relais, les dispositifs de sous-location, les logements passerelles… Les moyens de l’État étant limités, je vais insister sur la mobilisation des propriétaires privés en faveur du logement social. Par exemple, je propose de les inciter à louer à des personnes fragiles, via des associations qui apportent des garanties de paiement de loyer, d’entretien ou de récupération du bien.

On appelle cela l’intermédiation. Actuellement, les propriétaires y sont incités par des déductions fiscales à hauteur de 30 % à 45 % des loyers perçus. Il faut aller jusqu’à 80 voire 100 %. Le propriétaire pourrait également être exonéré de la taxe foncière.

Il s’agit aussi de mobiliser les communes. Les maisons relais sont des structures qui associent des studios privatifs à des parties communes, pour le logement de personnes qui ne sont pas autonomes. Afin de les développer, je propose qu’une place en maison relais compte double pour le calcul du seuil des 20 % des logements sociaux que la loi SRU impose à toutes les municipalités. De la même manière, je souhaite que les logements dits « très sociaux » comptent pour deux.

Que faire vis-à-vis des communes qui ne jouent pas le jeu ?
Parmi mes premières propositions, en janvier, je demandais que soit créé un droit de préemption et la délivrance des permis de construire aux préfets, en cas de carence du maire. Allons plus loin. Il faut accroître la pénalité financière des communes qui ne respectent pas les objectifs de logement social. Je propose aussi que tous les promoteurs immobiliers, pour les programmes supérieurs à 10 logements, soient incités à réserver 20 à 25 % de logement social.

Que pensez-vous de l’annonce du gouvernement de « surloyers » pour les locataires aisés de HLM ?
C’est une bonne chose mais cela ne suffira pas. Il faut donner davantage la possibilité aux bailleurs sociaux de faire de la péréquation entre les locataires de revenus faibles et supérieurs. Il conviendrait aussi de lier le montant du loyer aux revenus des ménages en pratiquant des loyers progressifs. Dans les communes, les tarifs de cantine scolaire ou d’une activité sportive sont proportionnels aux revenus des foyers.

Ce système du quotient familial doit être étendu au logement. On pourrait également prendre en compte le patrimoine des locataires de logements sociaux. Certains d’entre eux sont propriétaires de biens qu’ils louent pour un montant supérieur à leur propre loyer. D’autres n’occupent plus leur appartement HLM comme logement social, mais le conservent comme simple pied-à-terre. De telles situations ne sont plus acceptables.
Propos recueillis par Bernard GORCE - LA CROIX (la-Croix.com)

03.06.2008

La rencontre avec le super Préfet

Petite intro rapide de notre Préfet...
Le grand chantier en une phrase : aller de l'hébergement vers le logement !
Nous devons réfléchir tous ensemble à la sortie vers le logement. Le contingent préfectoral sera davantage mobilisé.
En ce qui concerne les Maison-relais dont nous manquons, 80 places supplémentaires seront financées.

Et la parole est donnée à Mme Wantz assez longuement car elle nous a offert un tour d'horizon complet des projets réalisés, initiés, en cours et expérimentaux.

Quelques chiffres pour commencer
• la demande d'asile a augmenté de 37 %;
• le 115 à reçu en 2007, 33000 appels qui concernent 7000 personnes environ;
• le dispositif d'accueil représentent 4700 places;

Le Parsa
• 80 % des places dîtes d'urgence sont transformées en places de stabilisation. Ce travail d'amélioration de l'accueil, de rénovation continu.

Les principales difficultés
1/ les personnes qui sont depuis très longtemps en "errance"
2/ l'accès au logement
3/ répondre à l'urgence

Plan grand froid
Vu l'ampleur des retards, des difficultés... il a encore du temps (mauvais) à vivre. L'urgence va durer car "on a encore du mal à répondre". Le plan hivernal est donc toujours basé sur 400 places.

Fin du plan grand froid
Cette année, la crainte des associations s'est trouvée fortement atténuée par un engagement de notre préfet : on ira doucement. La fermeture de ces places s'étale entre le 31 mars et le 30 août.

De nouveaux outils
• CCAS qui pilote un comité de veille sociale;
• Une cellule de travail qui se montre plus attentive aux personnes les plus "difficiles". Nous y retrouvons Abdel B. le TS professionnel qui a tenté l'expérience de maraude avec les EDQ;
• Une cellule santé on sont associés les acteurs du social et de la santé. 62 structures sont ainsi mises en "relation", 1500 personnes sont concernées.
Deux exemples : équipe mobile de psychiatrie et d'accès aux droits. Dans cette dernière "cellule" les personnes seront aidées pour l'ensemble des dossiers à faire (RMI, CMU, LOGEMENT, ETC).

Les projets dont les dossiers sont déposés (quelques uns)
• studios du Neuhof gérés par Antenne a perenniser, 10 studios;
• Regain 7 places;
• Paranthèse 8 places pour des sortants de prison;
• Accord, 5 places pour des hommes qui ont été violents avec les femmes;
• AAHJ 15 places pour des personnes en grande précarité;
• CEFR 20 places pour des personnes en grande précarité;
• etc

Préparer la sortie de l'hébergement
• ASF : sortie de 65 personnes avec dans un premier temps un bail glissant en vue de l'accès au logement

Projets expérimentaux
• Projet expérimental pour personnes vieillissantes (entre 50 et 65 ans).
Ce projet est porté par un partenariat Ville + Associations pour une prise en charge très large : 15 places;

• Village de chalets
Village qui accueillerait des personnes en grande difficulté. ADOMA a été sollicité pour faire une proposition globale sur ce projet

À venir
Un projet "type" maison-relais pour personnes addictes à la drogue. Une structure urbaine et une structure rurale.

La question des gens "Roms" qui en fait sont alsaciens, puisque nés ici pour la plupart à été évoquée.
• Kaltenouse : enfin du terrain, donc enfin un règlement de cette situation indigne

ATD Quart Monde :
un collectif qui existe depuis 10 ans, s'occupe de ces personnes : soutien, accompagnement et suivi social.
Donc elles sont suivies, les financements sont là, il faut insister auprès des collectivités pour que du foncier soit débloqué. À Strasbourg aussi nous avons des personnes qui vivent dans des conditions d'insalubrité inacceptables.
Pour différentes raisons on les met là, puis ailleurs, on les déplace, sans cesse. Au final on les déplace d'une situation de précarité à une autre situation de précarité. Les enfants qui sont scolarisés ne peuvent pas, dans ces conditions suivre une scolarité normale.

Médecins du Monde :
nous suivons ces personnes depuis de nombreuses années. Les conditions d'insalubrité, de précarité engendrent des souffrances. Il y à un enfant sous dyalise qui vit ainsi... Suit un long témoignage assez bouleversant; impossible de prendre des notes.

Intervention de notre préfet
Nous devons tous travailler ensemble. Même si la volonté est là, même si l'argent est là, nous ne ferons rien sans les terrains.

Intervention de Philippe Bies
La Ville de Strasbourg rappelle que deux lieux ont, eux aussi, largement besoin de transformation, rénovation :
Les Remparts et Fritz Kiener
M. Bies espère (nous aussi) que le déménagement de "Femmes de parole" ne soit pas retardé
Et insiste sur le fait que pour la Ville, EDQ est porteuse du projet chalets et, qu'à ce titre cette association est un partenaire comme les autres.

Intervention du Président de EDQ
C'est notre projet et nous n'accepterons pas qu'il soit transformé ou dénaturé... Nous voulons proposer nos plans de construction, etc. En effet, EDQ doit encore formaliser son projet.
Si leurs propositions sont retenues c'est l'association Sancho Pansa qui le gérera.
EDQ souhaite faire une proposition qui comprend : la réalisation des plans, la construction des chalets par les personnes, etc.
À suivre. La balle est dans le camp des EDQ.

Intervention de Monique Maitte Porte-Parole du Collectif SDF (en réponse)
Insistance sur la qualité du travail d'accompagnement social, sur la revendication de projet "pérenne et stable", etc.

Intervention de R. Engel trésorier EDQ
État des lieux de la situation des sans-abri à Strasbourg. Présentation du projet EDQ...

En attendant EDQ a accepté de déménager sur le terrain donné par la Ville et emménagé pour offrir aux personnes de meilleures conditions.

Intervention des participants
Oui, il y à des avancées sur le département mais parfois avec un manque de concertation... Même si les résultats sont là !

Sortie de structures vers le logement : on a beaucoup de mal... Le manque de logements est criant.
Pourquoi ne pas envisager une plate-forme qui regrouperait un large panel de professionnels, dont les bailleurs sociaux, et les bailleurs privés ?

16 places pour les femmes ! Pas d'augmentation depuis l'année 2000. Remerciements à la DDASS qui se penche sur cette question avec le regroupement de 4 associations "spécialistes".

Intervention de notre préfet
"CHICHE ON Y VA"
pour les projets expérimentaux, celui des personnes âgées et des chalets.
Mais nous souhaitons que tous les dossiers soient examinés avec la même attention et l'assurance que l'action sociale soit bien faite.
L'état n'a pas de travailleurs sociaux, pourtant il est le garant de la réussite. D'où notre souhait de travailler avec les structures qui ont les travailleurs sociaux...

PRISE DE RISQUE : OUI
Mais pas sur les personnes.
Exemple / Pour la réinsertion par l'emploi; oui, mais avec des tuteurs qualifiés.

Avant fin juin, que tous les projets expérimentaux nous parviennent. Des fonds sont débloqués en plus... 5 millions.

Le super préfet
A indiqué toutes les décisions prisent au plus haut niveau, par Madame Boutin, etc.
Il semble avoir une certaine liberté d'action. C'est un provincial, pas de risque de parisianisme !
Il connaît son sujet; alors si sa nomination a tardé, vous êtes tous pardonné, le "bonhomme" est sympathique !
Et comme dit notre philosophe préféré "on verra".

POCHETTE SURPRISE
Prochaine rencontre en septembre !
La venue de Christine Boutin...

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28.05.2008

Je ne me voyais pas comme une femme battue

Une femme témoigne de sa difficulté à prendre conscience que son couple vivait dans un climat de violence. Elle raconte le chemin qui l'a amenée dans un accueil d'urgence, à La Roche-sur-Yon.
Quand elle va chercher ses enfants à l'école, dans un quartier de La Roche, Lisa (1) est une maman comme les autres. Ça l'amuse presque : « C'est fou : nous vivons tous les trois dans une résidence réservée aux femmes qui, comme moi, fuient la violence d'un compagnon, et les gens ne soupçonnent rien de nos difficultés ! » Elle commente : « C'est aussi dû au fait qu'on n'imagine pas que ça peut toucher tout le monde, même une femme souriante et bien habillée comme moi. Moi-même, j'ai mis longtemps à réaliser que j'étais « là-dedans » ! »

Hébergée en foyer d'accueil d'urgence puis en résidence spécialisée (2), Lisa trouve bénéfique ce contact avec d'autres femmes : « En écoutant leurs histoires, je réalise que mon attitude est assez classique : je lui trouvais des excuses et je culpabilisais de mon propre comportement. »

Climat de violence
Les coups pour lesquels Lisa a porté plainte sont récents, mais elle estime qu'elle vivait dans un climat de violence depuis des années, sans s'en rendre compte : « Nous nous agressions verbalement au quotidien, mais ça nous paraissait normal. Il se moquait de mon boulot, je n'étais pas fine non plus : quand j'ai compris qu'il avait une autre femme, j'ai pris les clés pour l'empêcher de sortir. Je pense qu'il voulait me quitter depuis longtemps, mais n'avait pas les mots pour le faire... d'où les coups. »

Les derniers mois ont été particulièrement éprouvants. « Tout était difficile. Attendre que les bleus apparaissent pour aller voir le médecin, affronter la salle d'attente, subir les brimades de ma belle-mère... » Les gendarmes ont ordonné à l'homme de quitter le domicile familial, mais Lisa assure qu'il est venu prendre des meubles pendant son absence : « C'était invivable. Il avait tout mis à son nom : la maison, les voitures... Il paraît que c'est une technique courante chez les hommes qui veulent avoir une emprise sur leur femme. »

La famille a ses limites
Elle a fui, avec quelques valises, par le train de 6 h du matin. Première déconvenue en Vendée, à des centaines de kilomètres de son domicile : « Mes proches m'ont accueillie, mais les problèmes pratiques s'ajoutent aux difficultés de compréhension : ce n'est pas évident d'héberger une femme avec deux enfants ! » Une parente suggère d'aller voir une assistante sociale. Lisa n'y avait pas pensé : « Malgré ma plainte et ma fuite, je ne réalisais toujours pas que j'en étais là. »

La jeune femme fait beaucoup de compliments sur la prise en charge sociale. La situation n'est évidemment pas très confortable, même si l'aînée a déjà pu prendre le chemin de l'école : « A l'accueil d'urgence, les premières semaines, on vit vraiment en collectivité et la sécurité impose que l'on ne communique l'adresse à personne. En résidence, c'est un peu plus souple. J'ai un petit appartement pour lequel je paye un loyer en fonction de mes revenus : on est en famille, mais je suis pressée de retrouver un cadre normal, en reprenant un travail, notamment. »

Quand une voiture du même modèle que celle de son ancien compagnon pointe son nez, Lisa sursaute : « Je suis hébergée comme femme en danger, mais si le père vient prendre les enfants, je ne peux rien faire contre lui... Il sait où nous sommes : j'ai repris contact avec lui, pour les enfants. J'ai hâte que le juge se prononce au sujet de la garde. »

Petit à petit, Lisa accepte l'idée qu'il va falloir un peu de temps avant de reprendre une vie normale. Son parcours en milieu spécialisé dans l'accueil de femmes battues l'aide beaucoup : « Ça me fait du bien de me sentir enfin comprise. Et puis, ça me permet de mettre en route un travail sur moi : je prends conscience que mon rapport à la violence est faussé par ma propre enfance. Je veux travailler là-dessus, avec l'espoir de refaire ma vie sans me tromper une deuxième fois. J'ai du mal à y croire en ce moment, mais ça doit bien exister, des hommes non violents... »

(1) Prénom d'emprunt.

(2) Lisa a été aidée par l'Accueil d'urgence femmes en difficultés (AUFD). Elle est actuellement aidée par l'association Passerelle.
Ouest-France

07:09 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes battues, chrs, maison relais | | |  Facebook

16.01.2008

Les sections d'urgence des CHRS ont du mal à faire face à la demande

Alors que le Premier ministre doit en principe présenter avant la fin du mois de janvier le contrat qu'il entend passer avec les associations d'accueil de sans-abri, la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des ministères du Travail et de la Santé publie une étude consacrée, précisément, à l'hébergement d'urgence dans les centres d'hébergement et de réadaptation sociale (CHRS).
L'accueil d'urgence n'entre pas - en théorie - dans les missions premières de ces structures. Néanmoins, sur les 827 CHRS existants, 360 déclarent disposer d'une section d'urgence. Les établissement concernés offrent ainsi 4.550 places à ce titre, sur une capacité totale de 16.000 places. Pour mieux connaître la population accueillie, la Drees a donc procédé à une coupe transversale en recueillant toutes les informations sur les personnes présentes dans ces sections durant la nuit du 3 au 4 février 2005.
Premier enseignement : la nuit concernée, 5.700 personnes étaient hébergées dans les sections d'urgence des 360 CHRS, soit un sureffectif de l'ordre de 25%. L'étude montre également que la place de l'urgence au sein des CHRS concernés est très variable. Environ 20% d'entre eux - généralement de petites structures - consacrent toute leur capacité à l'hébergement d'urgence. A l'inverse, un tiers d'entre eux réservent moins de 13% de leurs places à cette activité. Comparés à l'ensemble des CHRS, ceux qui disposent d'une section d'urgence sont plus nombreux à assurer un accueil tout public et à proposer certains services comme la restauration collective (62% contre 44%). L'étude montre par ailleurs que le 115 est le principal vecteur d'admission dans ces structures (30% des personnes présentes), suivi de l'intervention directe des services sociaux (25%).
L'étude de la Drees - réalisée à l'apogée de la crise de l'emploi - apporte aussi de nombreuses informations sur le profil des personnes accueillies. Elle distingue ainsi trois grands groupes. Le premier (75% des 5.700 personnes présentes dans la nuit du 3 au 4 février 2005) regroupe des hommes seuls, âgés en majorité de 18 à 44 ans. Plus de la moitié d'entre eux, familière de ce type d'hébergement, était déjà accueillie dans un CHRS ou un centre d'urgence, mais 20% d'entre eux vivaient dans la rue au cours du mois de janvier 2005. Le second groupe (13%), à majorité féminine, comprend de jeunes parents, voire des jeunes filles mères, en grande difficulté. Environ 15% des personnes relevant de ce second groupe ont moins de 18 ans. Les deux tiers des personnes de cette seconde catégorie sont sans logement personnel depuis plus de six mois. Enfin, le troisième groupe (12%) comprend des mères isolées récemment précarisées, le plus souvent avec leur enfant. Près des deux tiers d'entre elles ont entre 25 et 44 ans. Les trois quarts ont passé le mois de janvier 2005 dans un logement ordinaire et la moitié est sans logement personnel depuis moins d'un mois. Jean-Noël Escudié / PCA / Localtis Info

08:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chrs, sdf, sans logis, mal logés Source Localtis-Info | | |  Facebook

21.12.2007

logement : grand-écart entre les annonces du gouvernement et la réalité de terrain

SI on en croit C. Boutin, le gouvernement a rempli tous ses contrats sur tous les fronts du logement :
- Le logement de tous les SDF avec le Droit Opposable Au Logement (DALO), un Plan d’action renforcée en direction des personnes sans-abris (PARSA) signé le 8 janvier 2007 qui prévoit 27 000 places pour la fin 2007,
- Le logement des catégories populaires et des classes moyennes avec l’annonce de la production de 120 000 logements sociaux dont 20 000 PLAI,
- La remise en cause des lois Borloo et Robien favorisant la construction de logements locatifs privés qui ne trouvent pas preneurs à cause de leurs loyers trop chers,
- L’accession à la propriété de chacun avec la production de 20 000 à 30 000 «maisons à 100 000 €» et des crédits d’impôts,
- La résolution des problèmes dans les banlieues avec l’explosion des barres tant redoutées et la reconstruction de logements.

Mais la réalité est différente :
- Hébergement des SDF : la moitié seulement des engagements du plan d’action renforcée en direction des sans-abris a été réalisée et il manque 13 000 places,
- Un droit au logement qui ne sera pas opposable puisque la demande est estimée à 600 000 ménages et l’offre limitée à 60 000 logements mobilisables par les préfets. Pire, une réduction des crédits : la loi DALO prévoit 703 M€ et le budget réduit ce chiffre à 530 M€ en moins (soit un manque de 173 M€),
- La banalisation du LIVRET A,
- L’augmentation des expulsions dans le logement locatif : +22% en 5 ans liées à hausse des coûts des loyers et des charges,
- Un Programme National de Renouvellement Urbain dont les résultats aggravent la pénurie de logement, les crédits engagés prévoient 28 500 démolitions pour 19 800 reconstructions, et le budget pour 2008 est en réduction nette (-12 M€ en AP et -53M€ en CP entre 2007 et 2008),
- 40% des constructions de logement social ont un niveau de loyer (PLS) trop cher pour la majorité des demandeurs,
- 800 «maisons à 100 000 €» construites en 2008 soit 3% des objectifs et qui coûtent au minimum 120 000 €.

Ces résultats catastrophiques n’empêchent pas le gouvernement de faire pression pour la vente des HLM :140 000 logements d’ici deux ans.
Les collectivités locales, sommées de s’engager dans la construction de logement social
Le financement de la politique du logement repose de plus en plus sur les locataires du logement social.
L’Etat doit 200 M€ aux organismes HLM soit le montant des crédits prévus en 2008 pour l’accession à la propriété et sur les collectivités territoriales dont les crédits pour la construction de HLM – 1,6Mds € sont du même ordre que les subventions de l’Etat – 1,8 Mds€.

la crise du logement, la misère, la pauvreté, les inégalités... voilà les seules augmentations à prévoir.

05:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : DALO, LOGEMENT SOCIAL, CHRS, PLAI, STRASBOURG, PARSA | | |  Facebook

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