18.06.2008

(AFP) - Le Secours catholique souhaite que le microcrédit social se développe

Le Secours catholique a souhaité lundi que les banques accueillent mieux les personnes en situation d'exclusion bancaire et a appelé à une meilleure formation des bénévoles de l'association à la question du microcredit social.

Depuis janvier 2005, 453 prêts d'un montant moyen de 1.662 euros ont été obtenus sur les 641 demandes effectuées par l'intermédiaire du Secours catholique, a indiqué le Secours catholique lors d'une conférence de presse conjointe avec le Comité d'évaluation de ce dispositif, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et la Direction générale de l'Action sociale (DGAS).

59% de ces prêts ont concerné l'achat ou la réparation d'une voiture, 16% le logement et 5% la formation.

Les prêts en microcrédit social, d'un montant de 300 à 3.000 euros sur 36 mois maximum, doivent avoir un rapport avec un projet personnel, un parcours d'insertion, l'accès ou le maintien dans le logement ou l'emploi, selon la CDC.

Sur l'ensemble des associations, seuls 3.500 prêts ont été accordés, selon la Caisse des dépôts. Un nombre qui reste faible alors que le dispositif concerne potentiellement 3,5 millions de personnes allocataires de minima sociaux et 8 millions de travailleurs pauvres.

Pour le président du Secours catholique, François Soulage, il n'y a toutefois "pas d'inquiétude à avoir sur le développement lent du microcrédit" car "les partenaires s'en approprient peu à peu le mécanisme".

Mais "on a besoin de structures plus professionnelles, de bénévoles mieux formés" à ces questions, a-t-il déclaré.

Jean-Michel Bélorgey, du Comité d'évaluation, a par ailleurs regretté un "défaut de confiance dans les pauvres" de la part des banques.

Le Secours catholique réfléchit également à une "combinaison prêt/don" pour limiter la charge d'emprunt pour les personnes les plus en difficultés.

L'association estime toutefois qu'il est "illusoire d'imaginer que chaque crédit mène à une transformation radicale de la situation de l'emprunteur", mais note une "amélioration", notamment sur la bancarisation, l'insertion professionnelle, la vie sociale ou encore l'estime de soi.

28.04.2008

Le micro-crédit personnel et le surendettement

Le président avait lancé, à l'automne dernier, le Grenelle de l'Insertion. Il n'en parlera peut-être pas ce soir à la télévision, mais Martin Hirsch, le Haut Commissaire aux Solidarités, lui, continue de travailler. Et notamment sur l'exclusion bancaire et le micro-crédit social.

Oui, parce que c'est un garçon tenace, nous le savons. Alors, parallèlement à sa croisade pour le Revenu de Solidarité Active, le R.S.A - qui a un petit peu de plomb dans l'aile, il faut bien le reconnaître, pour cause de caisses désespérément vides - Martin Hirsch ouvre un autre sentier sensible : celui de l'exclusion bancaire, avec un outil précis : le micro-crédit social.

A l'inverse du R.S.A, qui exige 2 à 3 milliards d'euros, le micro-crédit social est un outil de politique économique qui ne coûte pas cher, et qui peut-être d'une grande efficacité. Son seul problème, c'est que personne, aujourd'hui, ne le fait fonctionner correctement.

Selon l'Agence Nouvelle des Solidarités Actives, en 18 mois d'activité, il n'y a eu, sur tout le territoire national, que 1.532 prêts accordés, pour un montant moyen de 1.800 euros. Il faut bien comprendre qu'il s'agit là de prêts octroyés aux français qui sont exclus de l'univers bancaire, et non pas de prêts destinés à lancer une petite activité professionnelle, comme l'a popularisée la célèbre Grameen Bank, au Bangladesh, par exemple.

Ce micro-crédit social, qui est un micro-crédit personnel, vise les 3 millions et demi d'allocataires des minima sociaux, et les 8 millions de travailleurs pauvres de France qui ont des comptes, mais à qui les banques refusent le moindre emprunt pour des achats d'équipements, du type literie, mobilier ou frigo.

Les banquiers se méfient parce que c'est une population à risques, évidemment.

Le taux de non-remboursement de ces travailleurs pauvres, quand on leur fait confiance, et qu'on les accompagne dans une procédure de micro-crédit social, est particulièrement faible : entre 2 et 3%. C'est-à-dire inférieur au taux de sinistres d'une population très respectable, celle des fonctionnaires.

Or, être exclu du système des prêts, surtout quand on fait partie des 4 millions 200 mille français, qui sont interdits bancaires ou fichés par les banques, c'est bien évidemment aggraver une situation déjà difficile. Et ce qui est agaçant, dans cette affaire, c'est que cet outil est pourtant mis en oeuvre, avec de gros moyens, par la Caisse des Dépôts. Elle a 14 banques et établissements financiers partenaires, et tout cela ne décolle pas. Je vous l'ai dit : un an et demi d'activité et 132 expérimentations, seulement :

- Il y a la frilosité des banquiers face à des gens qu'ils considèrent, a priori, comme peu fiables.

- Il y aussi les responsables politiques qui ne jouent pas le jeu.

- Et puis, il y a un phénomène nouveau : les travailleurs sociaux, qui restent trop méfiants à l'égard du crédit. C'est une erreur car ce type de prêt, qui est limité actuellement à 3.000 euros, est un très bon outil de réinsertion économique et social.

Le problème aussi, c'est que, peut-être, il y a plein de gens qui ne savent pas que ça existe.

Maintenant, ils le sauront grâce à nous.

Auteur : Christian Menanteau - RTL INFO