08.07.2009

Ainsi squattent-ils

MCS INFO http://mcsinfo.u-strasbg.fr/article.php?article_id=11248&...

Avec ses quelque 11 000 logements inoccupés – 8% du parc immobilier privé –, Strasbourg apparaît comme un terrain privilégié pour les squatteurs.

Nombre de squats sont peu organisés et éphémères. Le temps pour les occupants de trouver autre chose », assure Monique Maitte, porte-parole du collectif SDF Alsace.
Le quartier Koenigshoffen-Montagne Verte accueille deux squats organisés et, par conséquent, bien connus de la mairie. Rue de l’Abbé-Lemire, ils sont huit à vivre dans les locaux d'un ancien jardin d’enfants. Installés depuis l’automne dernier, les « squatteurs » – comme ils n’aiment pas qu’on les appelle – ont fait leur chez-eux de cette maison laissée à l’abandon pendant plus d’un an et demi. Ils n'ont pas hésité à retaper les lieux, histoire de pouvoir y vivre, bien sûr, mais aussi d’y organiser leurs soirées débats, projections ciné ou répétitions destinées aux nombreux musiciens qui gravitent autour de ce lieu de solidarité.

« On est là par choix »

Cet après-midi de mai, quelques-uns dessinent une yourte à l’aide d’un architecte, tandis que dehors un étudiant, habitué des lieux, s’occupe du potager. « On est là par choix, lance un résident de 23 ans. On ne se sent pas marginalisé. La plupart d’entre nous pourraient vivre ailleurs, dans du « logement légal». Mais ce qui nous intéresse, c’est la vie en communauté, dans un lieu de solidarité. »
« Une situation inacceptable », pour le maire de quartier Eric Elkouby : « Le tribunal d’instance a rendu une décision d’expulsion en avril, j’attends que la préfecture l’exécute. » Très remonté sur ce sujet, stigmatisant « l’attitude provocatrice de ces gens qui s’attribuent le bien public », Eric Elkouby invoque également l’existence de projets pour la maison de l’Abbé-Lemire : « L’associationFemmes de Parole pourrait installer un foyer d’hébergement d’urgence. » (NDLR : Un vote de la CUS, en décembre dernier, va dans le sens de l’installation d’une maison-relais pour femmes sans domicile fixe.) Du côté des squatteurs, on voit dans ces projets un prétexte à une expulsion express.

Rénover le quartier

Et les riverains dans tout ça ? « On n’a aucun problème avec nos voisins, assure un squatteur. Seule une association, Portes de la Montagne Verte, veut nous voir partir. » Valérie Gobyn, présidente de l’association fait valoir qu’elle ne fait que déplorer que la décision de justice ne soit pas appliquée. Tout est dans la nuance.
Au 2, route des Romains, un autre squat perdure malgré un avis d’expulsion vieux de deux ans. Ici, pour la dizaine d’occupants, c’est discrétion et profil bas. Il s’agit de ne pas réveiller l’attention de la municipalité, qui avait pour projet de « requalifier l’entrée de Koenigshoffen ».
Si l’association artistique que les squatteurs avaient créée continue d’exister, sa publicité se limite au cercle des initiés. Dans tous les cas, la destruction du bâtiment est dans les cartons de la mairie : « On souhaite rénover cette entrée de quartier, y réaliser de nouvelles constructions. Et ça passe par la destruction de la maison », assure Eric Elkouby. L’adjoint PS fustige l’attentisme de ses prédécesseurs qui, selon lui, ont laissé la situation se gangrener. Face aux squats, l’heure est à la réactivité. « Aujourd’hui, confirme Monique Maitte, dès qu’un squat tente de se créer, la municipalité procède à des expulsions. On ne veut pas qu’ils aient le temps de prendre leurs aises. »
Par ailleurs, la porte-parole de SDF Alsace dénonce l’attitude ambiguë de la mairie : « Route du Polygone, il y a un squat mal famé, fréquenté principalement par des drogués. Là, la mairie laisse couler : elle préfère qu’ils restent entre eux ».

Expulsion musclée

SDF Alsace essaye « d’éduquer les politiques aux squats ». Mais trouve qu’ils sont surtout prompts à expulser : l’avancée des projets de remplacement laisse à désirer. En octobre 2006, les 27 occupants du squat du 204 route de Schirmeck, avaient été évacués manu militari par 144 policiers. La précédente municipalité a racheté le site, détruit le bâtiment avec la volonté d’y installer « un projet immobilier d'habitat mixte », une zone alliant commerces et logements privés. Aujourd’hui, si, selon la Ville de Strasbourg, « les permis de construire pour un plan immobilier sont en route », le « 204 » reste un terrain vague.
Anastasia LEVY
Vincent RUCKLY

29.03.2009

Welcome aux coupables de solidarité !

Avec la complicité du Cinéma Star Saint Exupéry, le Cercle du Silence et le Club de la presse vous proposent d’assister à la séance du film Welcome* de Philippe Lioret
lundi 30 MARS à 20h05 au cinéma Star Saint Exupéry, rue du 22 novembre à Strasbourg
au prix spécial de 4,50 euros.
Cette séance est organisée à l’issue du prochain rassemblement du Cercle du silence prévu ce lundi 30 avril à 18h, place Kléber, pour protester contre les expulsions de plus en plus nombreuses et qui se font dans des conditions toujours plus déplorables et indignes de la nation des Droits de l'Homme.
Dans la limite des places disponibles, merci de confirmer votre inscription par mail : awessang@club-presse-strasbourg.com

Par ailleurs, à l'initiative d'Emmaüs France, de RESF, du GISTI, de la CIMADE, de la Fédération d'Entraide Protestante, de la LDH, et de bien d'autres... nous vous invitons à répondre massivement à l'appel des "coupables de solidarité"
le 8 avril à 10 heures devant le Palais de Justice de Strasbourg
afin d'aider, pour une fois, le gouvernement à remplir ses quotas en leur livrant les 5500 coupables de solidarité dès à présent comptabilisés dans la Loi de finance 2009 !

07.01.2009

Désobéir est il un nouveau devoir civique ?

Edition : toulouse

Droit au logement réquisitionne, les anti ogm fauchent, des profs pratiquent l’insoumission, des électriciens d’EDF rétablissent d’autorité le courant aux plus démunis, des parents d’élèves s’opposent aux expulsions et des usagers des trains occupent les voies ferrées. La désobéissance civique est devenue, en quelques années, un outil de la lutte du pot de terre contre le pot de fer.

Ils se retrouvent tous les lundis et vendredis soir. Soit à la gare de Gourdon, soit à celle de Souillac, dans le Lot. Cela fait déjà 16 mois que ça dure. Au total, ils ont fait 70 actions de protestation qui consistent à stopper les trains deux minutes dans chaque gare, le temps théorique pour des voyageurs de monter et descendre des wagons. L’action a un objectif. Obtenir de la SNCF qu’elle maintienne les 15 arrêts de trains de nuit et de jour qu’elle a supprimés. Un but en partie atteint. Devant les mobilisations à répétitions de quelque 75 communes du secteur, la SNCF a rétabli 5 de ces arrêts qui permettent aux usages de monter à paris dans le nuit ou de descendre à Toulouse tôt le matin. L’entreprise publique dénonce la poursuite des actions invoquant des questions de sécurité sur la voie et, soutenue par la préfet du Lot, elle a décidé de poursuivre les manifestants en justice. Plusieurs d’entre eux, dont des élus municipaux communistes, ont ainsi fait l’objet d’une garde à vue, à la mi décembre, et leur procès est prévu pour le 15 janvier au tribunal correctionnel de Cahors pour « entrave à la circulation ».

Plus au sud, à Toulouse. Sur la face de l’immeuble place « Anatole France», des banderoles du Dal et de la Hutte aux piafs. L’immeuble, vide depuis 2002, est occupé depuis une quinzaine de jours par une trentaine de personnes. Parmi eux, de jeunes sans abris, des jeunes, des précaires sans le sou. L’occupation a été faite en douceur, sans caméras, ni micros. Elle a juste été officialisée Samedi par la venue de Jean Baptiste Eyraux, Pdt national du Dal. A l ‘intérieur, chacun a désormais son chez soi. Quelques mètre carrés d’intimité dans des studios propres possédant l’élecricité et le chauffage grâce à l’intervention d’électricien et plombier militants. Pour l’instant, le propriétaire n’a pas donné signe de vie, ni déposé plainte. La préfecture n’a pas autorité, en l’absence de plainte, à faire évacuer l’immeuble et la mairie de Toulouse affirme qu’elle est prête à préempter l’immeuble en cas de vente pour le transformer en des logements sociaux qui font cruellement défauts. Il y a en effet 26 mille demandes de logements sociaux dont 6 mille seulement sont satisfaites et il y aurait environ 20 mille logements privés inoccupés. La nouvelle municipalité de gauche estime qu’il lui faut, malgré la crise, construire 2.500 logements par an.

A l’école Jules Ferry de Toulouse, l’enseignant Alain Réfalo refuse toujours d’appliquer, en son âme et conscience, les directives ministérielles qui mettent à mal l’école, le métier d’enseignant et l’avenir des enfants. Il l’a solennellement écris à son inspecteur d’académie dans une lettre qui entrent en résonance ave le mal être profond d’une profession soumis à des injonctions contradictoires et à des restrictions économiques qui prévoit, par exemple, la disparition des réseaux d’aide aux enfants en difficulté ou encore la suppression de 13.500 postes d’enseignants l’an prochain. Sa lettre, publiée sur Internet, a suscité le soutien de plusieurs milliers de pétitionnaires et inciter d’autres enseignants, notamment héraultais, à revendique également leur insoumission.

Peu à peu, la désobéissance civique s’est ainsi réinstallée dans le paysage des luttes. Elle était en effet pratiquée par les objecteurs de conscience au service national dans les années 70 mais peu considérée comme un outil de lutte efficace par les organisations syndicale notamment. Elles considéraient ce type d’action comme une sorte d’insurrection morale individuelle et humaniste. Or, avec l’action collective des faucheurs volontaires, la désobéissance civile est enfin devenu une désobéissance civique. C’est-à-dire le moyen pour tout citoyen de s’insurger contre l’insupportable que l’on soit ou non directement concerné par la situation dénoncée. En effet, pas besoin d’être sans abris pour trouver anormale que des logements soient vides tandis que des gens meurent à la rue. Pas besoin d’être agriculteur pour se soucier de la manière dont on cultive dans les champs. Pas besoin d’être enfant d’immigrés pour comprendre ce que signifie une expulsion dans un pays déstabilisé, etc.

Partout, ce qui fonctionne, c’est le double axiome de la solidarité et du droit de se révolter, sans attendre que les corps intermédiaires - syndicats, institutions, élus - légitiment ce mouvement. Déclarés ou non, les associations sont de fait et innervent le corps social pour lui insuffler une vie spontanée et des débats sur l’exercice effectif de nos principes que sont la liberté et la fraternité au nom de l’égalité.

Que vaut la liberté si le professeur charger de l’éveiller chez ses élèves n’est pas libre d’exprimer une opinion personnelle sur ce qu’il vit, ou ce que le ministre lui demande d’appliquer. Être fonctionnaire ne fait pas de lui un être décervelé, un simple instrument qui doit exécuter et se taire ? Que vaut la fraternité, si elle n’est pas pratiquée au quotidien mais uniquement déléguer à des institutions dont s’est le gagne pain ?

A chaque fois, il y a bien sûr des limites, celles fixées par la loi qui menace d’ailleurs de sanction. Les faucheurs volontaires risquent de 3 à 5 ans de prison plus 75 mille euros d’amende pour un épi de maïs arraché. Les enseignants récalcitrants, une mutation sanction voir même la révocation. Les membres du Dal, des condamnations pour occupation sans titre de séjour d’une propriété privée. Les parents d’élèves qui soutiennent les sans papiers également pour aide à personne en situation irrégulière. Bref, la loi, partout, est le pot de fer contre le pot de terre. Mais partout, les pots de terre nous rappellent qu’être citoyens n’est pas subir mais agir pour que la société soit plus humaine avec les faibles et assumer par les plus forts

Ainsi, Florian du Dal, réclame à la mairie de toulouse qu'elle pratique "le louer solidaire et garanti". En clair, la mairie, le conseil général ou une autre institution, prend à sa charge le loyer au prix du marché pour un bail de trois ans et en contre partie, l'association et les collectivités en charge du logement s'engagent à trouver un relogement social aux personnes concernées. A Gourdon et Souillac, en arrêtant les trains, les habitants réclament aussi une vraie solidarité devant les services publiques - la poste, le TGI, le train - qui désertent le territoire.

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24.07.2008

Montplaisir : expulsion de familles et d'enfants dans une violence extrême

Cela fait 8 jours aujourd’hui que les familles - et enfants - Rroms qui occupaient l’école désaffectée de Montplaisir à St-Etienne ont été expulsées et qu’elles campent dans une précarité extrême sur la place Jean Jaurès autour du kiosque.
La quasi totalité de leurs affaires a été détruite, et les locaux de l’école ont été saccagés...
• Rendez-vous sur le site Réseaux citoyens pour suivre cette affaire lamentable : http://www.reseauxcitoyens-st-etienne.org/

11:14 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : réseaux citoyens, rroms, expulsions, france, hortefeux, sarkosy | | |  Facebook

08.02.2008

ENVOYE SPECIAL: L'émission "pédagogique" de Brice HORTEFEUX

Source "la vie comme elle vient"
http://laviecommeellevient.blog.20minutes.fr/

Ce soir (une fois n'est pas coutume) voici un billet d'humeur que je rédige en regardant le reportage tout simplement hallucinant diffusé sur FRANCE 2, dans l'émission ENVOYE SPECIAL. Le journal de Françoise LABORDE avait été alléchant: une caméra de la rédaction a suivi le quotidien des policiers chargés de réaliser les expulsions de clandestins, précisant tout de même que cette enquête avait pu être réalisée avec l'aval de Brice HORTEFEUX (interview à l'appui). Le résultat est édifiant.

Nous entrons donc de plein pieds dans le monde merveilleux des services du Ministre de l'Immigration et de l'Identité Nationale. Des policiers toujours courtois, prévenants, face à des immigrés vindicatifs, violents et menteurs (pour preuve, ce camerounais qui demande l'asile avec pour seul document, "un certificat médical"). Pour les officers interrogés, "il n'y a pas de pression", "pas d'objectifs d'expulsion". Mes ces derniers doivent faire face au stress quotidien provoqué...par les expulsés eux-mêmes!!!

Le Ministre Brice HORTEFEUX intervient lui même pour indiquer qu'il est le Ministre "de l'immigration et de l'intégration". Pour preuve, les services français offrent maintenant une "prime au retour"....que les immigrés refusent ou détournent allègrement (évidemment).

Le service publique vient donc d'offrir son créneau de grande écoute pour faire la comm' de Brice HORTEFEUX et ses services. Un monde parfait ou n'existent ni racisme, ni brutalité policière, ni aucune politique barbare de quotas d'expulsions. Un monde où la politique "humaine" du Ministre HORTEFEUX est enfin reconnue à sa juste valeur. Jusqu'à présent, seule TF1 avait le monopole de production de ce type de reportage honteusement complaisant envers toute politique gouvernementale (notamment envers les politiques migratoires ), mais FRANCE 2 semble aujourd'hui contester sérieusement ce "leadership" au nom, bien sûr, de la "pédagogie".

Publique ou privée, la "télé-SARKOZY" ne connait plus de frontière. Bienvenue dans la FRANCE d'après.

07:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Immigration, Expulsions, Hortefeux, Sarkosy | | |  Facebook

07.02.2008

ENVOYE SPECIAL: L'émission "pédagogique" de Brice HORTEFEUX

http://laviecommeellevient.blog.20minutes.fr/

ENVOYE SPECIAL: L'émission "pédagogique" de Brice HORTEFEUX
Les humeurs de Vincent...

Ce soir (une fois n'est pas coutume) voici un billet d'humeur que je rédige en regardant le reportage tout simplement hallucinant diffusé sur FRANCE 2, dans l'émission ENVOYE SPECIAL. Le journal de Françoise LABORDE avait été alléchant: une caméra de la rédaction a suivi le quotidien des policiers chargés de réaliser les expulsions de clandestins, précisant tout de même que cette enquête avait pu être réalisée avec l'aval de Brice HORTEFEUX (interview à l'appui). Le résultat est édifiant.

Nous entrons donc de plein pieds dans le monde merveilleux des services du Ministre de l'Immigration et de l'Identité Nationale. Des policiers toujours courtois, prévenants, face à des immigrés vindicatifs, violents et menteurs (pour preuve, ce camerounais qui demande l'asile avec pour seul document, "un certificat médical"). Pour les officers interrogés, "il n'y a pas de pression", "pas d'objectifs d'expulsion". Mes ces derniers doivent faire face au stress quotidien provoqué...par les expulsés eux-mêmes!!!

Le Ministre Brice HORTEFEUX intervient lui même pour indiquer qu'il est le Ministre "de l'immigration et de l'intégration". Pour preuve, les services français offrent maintenant une "prime au retour"....que les immigrés refusent ou détournent allègrement (évidemment).

Le service publique vient donc d'offrir son créneau de grande écoute pour faire la comm' de Brice HORTEFEUX et ses services. Un monde parfait ou n'existent ni racisme, ni brutalité policière, ni aucune politique barbare de quotas d'expulsions. Un monde où la politique "humaine" du Ministre HORTEFEUX est enfin reconnue à sa juste valeur. Jusqu'à présent, seule TF1 avait le monopole de production de ce type de reportage honteusement complaisant envers toute politique gouvernementale (notamment envers les politiques migratoires ), mais FRANCE 2 semble aujourd'hui contester sérieusement ce "leadership" au nom, bien sûr, de la "pédagogie".

Publique ou privée, la "télé-SARKOZY" ne connait plus de frontière. Bienvenue dans la FRANCE d'avant d'après.

06:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Immigration, Expulsions, Hortefeux, Sarkosy | | |  Facebook

30.01.2008

Les galères des « choisis » de l’immigration

SANS-PAPIERS . Malgré les promesses de Brice Hortefeux, les élèves ingénieurs étrangers peinent à obtenir des titres de séjour. Témoignages.

«Accueillir davantage d’étudiants étrangers en scolarité payante», voilà la proposition 221 du rapport Attali. Le ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux, approuve : «Ce que propose ce rapport, c’est la relance de la croissance et l’augmentation de la main-d’oeuvre qualifiée.» Soit. Ce n’est pas ce que vit Bayrem, Tunisien, élève ingénieur en mathématiques. Il a subi les mois d’attente, les rendez-vous multiples, pour sa demande de titre de séjour auprès du CROUS (Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires).

La mécanique est fastidieuse : d’abord demander un entretien, mais impossible d’en obtenir par téléphone. Il faut y aller. Puis, une fois l’entretien accordé, l’étudiant doit apporter une montagne de documents : «Pas juste ta carte d’étudiant, il te faut tout !» en rigole Bayrem. Seulement après, ils reçoivent le récépissé. Presque un sésame, puisqu’il tiendra lieu de « papiers » jusqu’à l’obtention du titre. L’avoir en poche peut être considéré comme un exploit. Une machine en panne et il faut tout reprendre à zéro. Olfa, elle aussi élève ingénieur, en a fait l’amère expérience. Recommencent alors les heures d’attente dans

les locaux surchargés du CROUS. De retards en rendez-vous manqués, la procédure s’enlise au point d’annuler plusieurs mois d’études prévus à l’étranger. Étudiante marocaine, Najoua n’a pu compléter sa formation au Canada comme elle le souhaitait, faute de carte de séjour.

Il faut toujours attendre. Attendre que la préfecture se manifeste, quand elle ne vous oublie pas… C’est le cas de Zineb qui, voulant rentrer chez elle pour Noël, a découvert que la préfecture avait sa carte de séjour « depuis un bail ». Sans cette carte, les étudiants n’ont plus droit aux aides au logement et loupent des journées de cours. Chaque année, il faut tout recommencer. Pis, les procédures changent d’une année à l’autre. «Il faut connaître toutes les combines», s’amuse Bayrem.

Mais avoir ces papiers n’est pas toujours suffisant. La situation se corse pour les stages, obligatoires en école d’ingénieurs, puis pour l’emploi. Pour recruter un immigré, les entreprises doivent justifier qu’aucun Français n’a pu pourvoir au poste. C’est la préférence nationale. Alors les entreprises truquent, profitent de la durée du stage pour affirmer qu’aucun Français n’a pu prendre le poste.

Tel est, à contre-courant des propos de Brice Hortefeux, le quotidien de ces élèves ingénieurs archétypes de l’immigration choisie. Tous, entreprises et étudiants, s’interrogent sur les raisons de ces méandres bureaucratiques.
Source l'Humanité - click - y'a plein d'autre chose à lire

05:55 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Immigration, Expulsions, Europe | | |  Facebook

20.01.2008

Du plombier polonais au géomètre malien

Depuis plus d’un an, on attendait, non sans une certaine curiosité, la forme qu’allait prendre la relance légale de l’immigration (de travail et donc utile), telle qu’elle a été orchestrée par la loi du 24 juillet 2006, adoptée dans l’urgence. Nous voilà donc presque arrivés au terme du processus.

Il y a eu d’abord l’étape du décret d’application sur les autorisations de travail du 13 mai 2007. On mesure à sa lecture les difficultés techniques que son élaboration a suscitées. Il décline les différents statuts, en prenant soin de ne laisser aucune brèche permettant de passer d’un statut à un autre et, pire, de demeurer en France alors que la personne est devenue sans utilité économique. On prévoit avec soin les mentions à écrire sur les titres, afin que l’étranger soit dans la plupart des cas confiné à un métier et à une zone géographique. Tout est calibré ; tout doit marcher comme sur des roulettes pour répondre aux besoins exprimés des entreprises.

Il ne manquait donc que la liste des métiers pour lesquels il existe des difficultés de recrutement, comme l’annonçait vaguement la loi précitée. Du côté des organisations syndicales, on ne sait rien sur la fabrication de ladite liste. La consultation prévue par la loi se fera sans doute plus tard, quand tout sera bouclé. Et puis un beau matin, on découvre le scoop de Libération, l’existence de deux listes, une pour les ressortissants de l’Union européenne, une seconde pour les étrangers issus de pays tiers. Certes, à l’heure où nous écrivons ces lignes, rien ne serait définitif et les listes susceptibles encore d’évoluer, mais le tempo est donné. (...)
La suite de l'aticle est à l'adresse http://www.gisti.org/spip.php?article1050

04:40 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Immigration, Expulsions, Strasbourg | | |  Facebook

22.12.2007

Calais:ouverture de force d'un local par le maire de Calais

Assistance à personnes en danger !
Après une nuit offerte par CSUR(organisation de défense des réfugiés) dans les locaux de l'église, le maire de Calais a ouvert lui-même de force les portes d'une grande salle appartenant à l'Etat, ce vendredi soir.
En très peu de temps pour courcircuiter les réactions d'opposition de l'Etat, des toilettes, le chauffage et l'apport par le conseil régional de plusieurs centaines de duvets, ont permis l'installation de ce camp d'hiver, à deux pas du terrain du repas de deux heures. L'Etat avait dit que les réfugiés doivent appeler le 115. Mais le 115 ne prend pas en charge les réfugiés sans papier.
A la radio ce matin, on apprenait que l'abbé boutoille de CSUR, menaçait d'user d'une solution radicale aujourd'hui si aucune solution de l'Etat n'était mise en oeuvre.
Encore faudrait-il savoir quel est le véritable problème pour trouver une véritable solution.
Comme pour les français, le problème n'est pas qu'ils se retrouvent sans logement.
Ne pas avoir de logement ou ne pas avoir assez d'argent pour s'en payer est la conséquence de choix politiques.

09:01 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Immigration, Expulsions, Europe | | |  Facebook

16.11.2007

Strasbourg-URGENCE AZZA RDV LE 17 À 15 H

IL Y A URGENCE : AZZA PASSE LUNDI DEVANT LA COUR D'APPEL DE NANCY.
Un rassemblement est prévu demain samedi 17 novembre à 15h devant la Préfecture, Place de la République à Strasbourg
Il s'agit d'une amie strasbourgeoise, Azza, qui se cache actuellement pour échapper à la police et n'être pas expulsée vers l'Algérie, où elle n'est jamais retournée.
Azza s'est vu refuser le renouvellement de son titre de séjour, et elle a désormais l'obligation de quitter le territoire français, alors qu'elle est en France depuis 10 ans, plus que parfaitement intégrée, et en couple depuis 4 ans avec son amoureux, Jean-Paul.
Je voudrais témoigner comme ses nombreux amis qu'Azza travaille, parle français mieux que beaucoup de Français, qu'elle est très amoureuse de Jean-Paul, et qu'elle est dynamique, honnête, volontaire, drôle et généreuse.
Vous la connaissez peut-être ? Si c'est le cas, vous savez que je dis vrai ! Ils habitent à la Krutenau, Jean-Paul est gérant du bar Le Festival.
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a refusé le recours d'Azza, et cette décision sera jugée en définitive lundi prochain 19 novembre par la Cour Administrative d'Appel de Nancy. Si vous le pouvez, venez avec nous la soutenir.

En plus de ses amis, Azza se bat, et elle a obtenu des soutiens importants à Strasbourg :
"Un conseiller général et un député socialiste strasbourgeois, un maire sans étiquette, un adjoint au maire de Strasbourg, un député honoraire UMP et un député UMP en fonction y sont allés, pour l'instant, de leur plume, en demandant la régularisation d'Azza. Le mieux qu'ils aient pu obtenir est la promesse par le ministre de l'Identité nationale Brice Hortefeux d'un « examen attentif, dans le respect des textes en vigueur ». Les textes en vigueur demandent une enquête des services de l'Etat au cas par cas, en tenant compte des situations réelles des individus concernés."
Au minimum, si vous pensez qu'Azza doit rester en France, transférez ce mail à vos contacts. Si vous avez des idées, des solutions, des messages à lui faire parvenir, allez-y, je ferai suivre.
Cliquez ici pour signer la pétition.

La pétition "Pour qu'Azza reste à Strasbourg" recueille actuellement 340 signatures (dont de nombreux élus politiques, représentants associatifs...)
Un rassemblement est prévu demain samedi 17 novembre à 15h devant la Préfecture, Place de la République à Strasbourg

ATTENTION : après la signature, le site vous envoie un mail contenant un lien pour la valider définitivement. C'est pour éviter qu'on signe à votre place ! Malheureusement, ce mail arrive parfois dans le dossier "Messages supprimés" ou "Spams" de votre messagerie. Si vous ne le trouvez pas dans la Boîte de réception, c'est qu'il faut aller le chercher dans l'un de ces dossiers. C'est indispensable pour que votre signature soit prise en compte !

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