18.02.2009

Marseille : Le ras-le-bol des travailleurs sociaux

Saints-Anges. Les éducateurs de la maison d’enfants sont en grève depuis hier matin. Ils défendent leurs conditions de travail et la qualité de prise en charge des jeunes.

Hier matin, l’agitation et le désordre se sont mêlés au bourdonnement des pots d’échappement de l’avenue de Mazargues, devant les portes de la Maison pour enfants à caractère social (Mecs) des Saints-Anges dans le 8e arrondissement de Marseille, où une trentaine d’éducateurs se sont mobilisés pour la reconnaissance de leur travail.
Soutenu par les syndicats CGT de l’Afae* et la CFTC, le collectif des éducateurs des Saints-Anges restera mobilisé à 90% de grévistes « tant que la direction refuse de les recevoir », apprend-t-on auprès de Virginie Cassignol, déléguée CGT.
La Mecs des Saints-Anges, qui accueille des enfants et adolescents de 2 à 21 ans placés par le juge pour enfants, est restée dans la confusion, en l’absence « d’un service minimum assuré auprès des enfants ».
« Nous pensons que les changements d’horaires imposés par la direction remettent en cause une réelle qualité de prise en charge des jeunes et ne permettent plus l’équilibre entre notre vie professionnelle et familiale », exhorte Toni Gumondo, éducateur, qui veut dénoncer des « amplitudes horaires illégales » et « la difficulté rencontrée pour encadrer seul 10 enfants, qui ont des problèmes sociaux et familiaux ».
Face à la volonté d’imposer aux salariés de travailler « deux week-ends et mercredis sur trois », les travailleurs sociaux condamnent, entre autres, l’attaque frontale de l’employeur contre la convention collective du travail social et médico-social. Et c’est sans compter le travail du dimanche « assuré par du personnel non qualifié », selon une déléguée CFTC ou pire encore, par « les jeunes majeurs qui sont placés dans l’établissement pour assurer le travail des nuits » ou « les ados, recrutés pour la surveillance des plus petits ».
« Nous revendiquons la reconnaissance de notre travail et de nos diplômes », soutient Virginie Cassignol consciente que « des enfants en souffrance ne peuvent être encadrés par n’importe qui ». « Nous défendons également une mission de service public », continuent les délégués, qui voient dans la refonte des horaires du personnel des Saints-Anges une dérive vers « la marchandisation des enfants ».

La direction, qui gère les fonds publics octroyés à la maison pour enfants, établissement loi de 1901, « se comporte comme une entreprise privée et perd l’essence même du travail social », accusent encore les grévistes, déterminés à reconduire le mouvement aujourd’hui, en attendant « de vraies négociations pour le changement » auprès d’une direction**, qui refuse pour l’instant toute discussion.

EMMANUELLE BARRET - LA MARSEILLAISE

*Afae : Association française des administrateurs de l’éducation nationale.
** La direction contactée par nos soins n’a pas souhaité s’exprimer sur le conflit.

07:34 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : travailleurs sociaux, travail social, cnt | | |  Facebook

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