04.08.2008

Strasbourg, une ville “Interdite aux clochards”

Samedi, le ré-aménagement provisoire, de la Place d'Austerlitz a donné lieu à une fête. Beaucoup d'élus, des représentants d'associations, des riverains, et des commerçants…

Petits fours et discours
Une ville bien gérée est une ville souriante. En effet, tout le monde était très souriant, même la police !
"Strasbourg est une ville bien "tenue", chaque rue, chaque lieu, chaque espace a sa fonction, définie dans un plan. "
Les strasbourgeois les plus pauvres en sont systématiquement chassés, refoulés toujours ailleurs.

Place Interdite aux clochards
Les bancs, à la demande quasi générale des riverains, sont souvent enlevés, afin d'éviter qu'ils ne soient squattés. Lorsque ce n'est pas possible la ville "décompléxée" favorise les bancs anti-clochards, auxquels sont ajoutés en leur milieu, deux accoudoirs métalliques, afin d'empêcher les SDF de s'y allonger.

La paix sociale ne s'achète pas
Les commerçants récupèrent des terrasses, les riverains ont obtenu un espace de jeux. Nous verrons combien de temps ces deux là s'entendront. Les terrasses de café seraient moins bruyantes qu'un petit groupe de sans-abri ?

Le banc anti-clochards et les caméras de surveillance
Les caméras de surveillance sont très nombreuses dans Strasbourg. Elles ont de nombreux détracteurs. La polémique sur leur efficacité, leur coût fait rage. Mais personne ne s'intéresse aux bancs qui font pourtant partie de la même famille répressive.
La ville avec ces bancs économise le panneau "Place interdite aux clochards" alors qu'il ne s'agit que de ça ! Je trouve scandaleux cet ordre masqué "clochard circulez".

Ces bancs en réalité sont criminels, ils représentent pour le clochard harassé une violence immense qui peut le tuer.

L'aménagement de cette place nous montre que la ville, favorise avec des méthodes insidieuses, l'éradication physique des sans-abri.
Jusqu'ou peut aller l'innaceptable ?

Commentaires

vous y allez un peu fort avec le malodore

Écrit par : karine | 04.08.2008

ha vraiment
et la chasse aux clochards, ne vous semble pas trop fort ?

Écrit par : sdf alsace | 04.08.2008

Une étude en Angleterre, toujours à la pointe de l'innovation et un des premiers pays a avoir mis en place les caméras de surveillance, a prouvé que les caméras de sécurité étaient...très peu efficaces par rapport à leur coût.
En effet, à part un effet dissuasif qui reste d'ailleurs limité, elles ne permettent pas de reconnaître les délinquants pris en flagrants délits.
Ceci vient du fait de la trop faible résolution de ces caméras - même en zoomant on obtient de gros carrés de couleurs et pas de détails - et étrangement les criminels cachent leur visage par exemple sous la visière d'une simple casquette.
En revanche, question dépense budgétaire, les caméras de sécurité et toute l'infrastructure qu'il y a derrière, explosent tous les records.
En résumé: beaucoup d'argent pour rien. Mais le coté High-Tech bluffe beaucoup d'électeurs.

Écrit par : emachedé | 04.08.2008

Oui, ne parlons plus d'urbanisme avec ces caméras et ce mobilier inhumain. Les bancs ne vont peut-être pas empêchés les 5 sdf qui fréquentaient la place de se poser... mais nous sommes sûrs qu'on les repoussera par d'autres moyens : dénonciations, contrôles, etc
Jusqu'où va t-on nous chasser ?

En face de cette pratique, qu'elles propositions ?
Si la ville se décidait à ouvrir un autre accueil de jour, dans quelle partie de la ville serait-il ?
Lorsque l'année dernière nous avons protesté sur le déménagement de l'accueil de jour aux remparts et parlé de ghetto de pauvres; personne pour entendre. Aujourd'hui cet accueil reconnaît une forte baisse de fréquentation... Le résultat est toujours le même : les objectifs, les intentions des associations sont bloqués...

Écrit par : sdf alsace | 05.08.2008

Il fut un temps où les vagabonds, les "errants" avaient logis et mangeaille car c'était les porteurs de nouvelles des villages voisins ou c'était pour des raisons de conversion religieuses. On confondait souvent avec "la vie de bohème". Quand au début de 1900, les patrons d'usines ont voulu sédentariser leurs ouvriers qui étaient normalement des saisonniers dans le monde rural, ils ont inventé les logements et les jardins (il ne fallait pas les couper de la terre…). C'est aussi à ce moment là qu'il y a eu obligation de la carte d'identité et toutes les petites contraintes pour aller à l'encontre de la "flexibilité" (obligations de notifier à la police son changement de domicile, les livres d'hôtels…). On parlait que de manière médicale du clochard pour chercher le gène. La science parfaite nous dénoncera les clochards de demain ! La clochardisation (mot inventé dans les années 1950 par De Gaulle) portait encore en elle le vagabond. Dass Lumpenproletariat avait un bel avenir jusqu'au jour où…
La nostalgie à laissé la place à la catastrophie (pour la rime ça fait bien). De nos jours, 50 ans après, la population sait que personne ne peut être épargné. La mondialisation fabrique ses ghettos même là ou on ne les attendait pas : la France ! Pas besoin de faire le tour du monde pour voir la misère qui s'affiche à chaque pas. Chez nous, elle est plus subtile (pas la misère mais ceux qui sont sensé la gérer), cachée derrière les bonnes intentions, le caritatif.
Le comble, c'est que la misère fait travailler beaucoup d'autres. Il n'y a aucun intérêt de l'éradiquer. Un siècle de sédentarisation et maintenant on devrait être flexible !

Cette introduction pour vous montrer que rien n'est innocent : ni les promesses ni les actions ni les discours. Dans le cadre précis des bancs à accoudoirs, dénomination bourgeoise des bancs anti-clochard, on se cache et voile la face.
A mort les clochards, les Rmistes, les CMuistes, des Daloiste, les Paloistes, vous nous rappeler trop que cela nous pend au nez aussi ! Vade retro satana ! On pourrait se ressembler…
Je peux dire fièrement que moi je suis humain et vous, les rebuts de notre société dit industrielle, il faut vous redresser dans des centres spécialisés. Plus de gentille assistante sociale ! Fini !
On commence par les bancs ! Merci aux Socialistes et Verts de Strasbourg de nous ôter ce triste spectacle de la vie et qui ne savent plus se bécoter sur les bancs publics, bancs publics ! Ils vont dans les clubs privés.

Nota : cela a toujours commencé ainsi, de manière anodine jusqu'au pire.

Écrit par : crs | 12.08.2008

Place nette pour le quartier des bobos roses et verts !

En ce moment les verts sont très très agacés, ils boudent, car pour la piste à vélo rien ne va
Un scandale ! de quoi être vert de rage et rose de confusion.

Écrit par : julius | 12.08.2008

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