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02.07.2008
Pénurie de stages pour les étudiants de l'IRTS Poitiers
Les étudiants prolongent leur occupation de l’IRTS. Une délégation doit être reçue cet après-midi à 14 h 15 par un représentant de la préfecture et de la DRASS. Un cortège partira en même temps de l’IRTS.
Les étudiants de l'IRTS de Poitiers sont mobilisés depuis quatre mois. Leur formation en alternance est remise en cause par la gratification de leur stage que certaines structures d'accueil ne peuvent honorer.
Pour la rentrée prochaine, 50 % des étudiants des filières ASS, ES et EJE (*) de l'Institut régional du travail social de Poitiers n'ont toujours pas de stage. « Pour les futurs 3e année ES, il en manque même 70 % », souligne Anne-Sophie Souchaud, étudiante ES et très impliquée dans le mouvement.
Ces manques sont la conséquence directe de la circulaire du 28 février dernier. Cette dernière a rendu obligatoire la gratification des stages de plus de trois mois en structures privées, pour les formations universitaires de niveau 3. 398,13 € mensuels qui devaient ravir les étudiants. Mais pour les étudiants en travail social, la joie fut de courte durée. Le secteur du travail social ne produit pas d'argent et aucune enveloppe budgétaire n'a été anticipée. C'est dans cette brèche que se nichent toutes les inquiétudes de l'IRTS et de ses étudiants.
Des enjeux politiques
« Les structures n'apprécient pas de se retrouver devant le fait accompli. Et si elles sont dans l'obligation de répondre à la loi, rien ne les oblige par contre à prendre des stagiaires », précise Virginie Gresser, directrice générale adjointe de l'IRTS de Poitiers. Si le conflit est avant tout économique (lire ci-dessous), d'autres points de la circulaire participent à la complexité du dossier. Les étudiants en cours d'emploi ou qui perçoivent des Assedic ne sont pas soumis à la gratification. La crainte est notamment affichée de voir des structures choisir ces stagiaires au détriment des autres étudiants.
La direction, comme les étudiants, regrette que les négociations soient si difficiles. « L'État nous renvoie aux interlocuteurs locaux qui, eux, en ont marre d'être sollicités pour des financements supplémentaires. Et puis, il y a des enjeux politiques. Le renouvellement des mandats et des équipes ne jouent pas en notre faveur », note Virginie Gresser. Cette dernière reste malgré tout confiante et assure que la situation devrait se débloquer à la dernière minute. « S'il manque 10 stages, on y arrivera ; s'il y manque 50, ce sera alors un problème plus large et national. » Une solution qui ne ravit pas les étudiant qui craignent que l'urgence de la situation fasse couler toutes leurs revendications et accentuent les discriminations qu'ils dénoncent depuis quatre mois. « Combien de personnes ont affaire à un travailleur social dans leur vie ? Beaucoup, pourtant, tout le monde reste indifférent. Notre combat, c'est aussi la défense des usagers », lance Anne-Sophie.
(*)AS : Assistants de service social ; ES : éducateurs spécialisés ; EJE : éducateurs de jeunes enfants.
Elodie MORISSET pour lanouvellerepublique.fr
10:40 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : TRAVAILLEURS SOCIAUX EN FORMATION, SOCIAL, SERVICE SOCIAL, DDASS, TRAVAILLEURS SOCIAUX, GRATIFICATION DES STAGIAIRES


