18.06.2008

FRANCE 3 ALSACE : NOTRE TÉLÉ MENACÉE

A France 3 Alsace, "c'est coup de massue sur coup de massue"

MEDIAS - Alors que la la commission Copé, qui planche sur l'avenir de la télévision publique sans publicité, se réunit ce mercredi pour rédiger ses conclusions avant de les remettre au président de la République, les salariés de la télévision régionale France 3 Alsace sont appelés à la grève, comme l'ensemble des personnels de l'audiovisuel public. A Strasbourg, ils ont prévu de manifester en début de matinée sur la place de Bordeaux, avec corbillard et couronne mortuaire, pour symboliser "l'enterrement" de France 3 Alsace, qui compte environ 200 salariés.

Depuis l'annonce du projet de télé publique sans pub, "c'est coup de massue sur coup de massue", raconte Régine Willhelm, journaliste à France 3 Alsace : "On n'a aucun interlocuteur, notre directeur régional n'est au courant de rien de ce qui se prépare. C'est démoralisant et paralysant. Mercredi dernier, Copé a annoncé un découpage de France 3 en 7 grandes régions, contre 13 actuellement. Ca a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. On est totalement perdus, on ne sait pas ce qui nous attend et on a l'impression d'être lynchés. Mais l'Alsace mérite d'avoir une télé régionale digne de ce nom".
"Avant de se poser la question de l'organisation des régions, il faudrait résoudre celle du mode de financement pérenne de France Télévision", reprend Nicolas Libes, représentant du SNRT-CGT. Selon l'intersyndicale de France 3, "la commission Copé minore le manque à gagner à 650 millions d'euros lorsque le publicité aura totalement disparu au 1er janvier 2012", alors que le "trou" réel serait de 1,2 milliard d'euros par an (800 millions d'euros pour les revenus publicitaires manquants et 400 millions pour fabriquer des programmes nécessaires au comblement du temps d'antenne laissé libre par l'absence du pub). "On déshabille le service public, on amène ses salariés à l'abattoir et on fait des cadeaux colossaux au secteur privé", vers lequel va s'orienter la publicité, analyse Olivier Stephan, journaliste à France 3 Alsace. "On ne sait même pas comment on va boucler le budget 2008, car depuis l'annonce de Sarkozy, 20 % des annonceurs se sont barrés", poursuit une journaliste. "Nous pensons que la meilleure manière de financer la télévision publique, c'est la redevance", estime Olivier Stephan : "C'est un impôt, mais c'est aussi un geste citoyen. Et ça permet à notre direction de fixer un cap, parce qu'elle sait sur quoi elle va pouvoir compter pour son budget". "En interdisant à la commission Copé de préconiser une augmentation de la redevance, le chef de l'Etat place le service public dans un coma financier permanent", affirme l'intersyndicale.
La pilule de la commission Copé passe d'autant plus mal que les salariés de France 3 Alsace ont le sentiment de se serrer la ceinture depuis plusieurs années. "Ca fait des années qu'on rationalise les coûts. On ne fait plus d'émissions en extérieur. On a la sensation d'être complètement au taquet, et il y a encore une coupe sombre qui s'annonce...".
Dans un communiqué publié mardi soir, Roland Ries et Jacques Bigot, maire et président de la communauté urbaine de Strasbourg (PS), apportent leur soutien au mouvement : "France 3 joue un rôle primordial dans le paysage audiovisuel, écrivent-ils. En effet, elle est la seule chaine pour l’heure à apporter un réel éclairage sur l’actualité locale. Même si la TNT va bousculer la donne, France 3 jouit d’une légitimité et d’une expérience incontestable. La commission, Copé en effectuant un découpage en sept régions, va forcément éloigner l’information de l’espace géographique des téléspectateurs et éloigner France 3 de sa mission de proximité".

T.C. LIBÉRATION STRASBOURG http://libestrasbourg.blogs.liberation.fr/actu/2008/06/a-...

08:43 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france 3 alsace, copé, audiovisuel | | |  Facebook

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