27.12.2007

Légitimité des Enfants de Don Quichotte à Strasbourg ?

Voici une note rédigée par un travailleur social, qui fait suite à notre billet d'humeur "j'ai mal à mon mal-logement". Nous le remercions de joindre sa voix à la notre pour nous apporter de précieuses précisions. C'est pourquoi, bien que tous peuvent le lire en ligne, nous décidons de lui donner une plus grande visibilité. Alors, ce bilan du PARSA Strasbourgeois?.

En effet, les "coups médiatiques" font oublier la réalité de terrain des travailleurs sociaux et des associations sur Strasbourg...
Légitimité des Enfants de Don Quichotte à Strasbourg ?
Un accès au logement à deux vitesses.


Depuis l’évènement médiatique d’une association se nommant les Enfants de Don quichotte, se revendiquant contre la précarité sociale et pour l’accès au logement décent pour tous, j’assiste désabusée cette année en tant que travailleur social à un autre « coup médiatique » :
La prise en compte d’Une parole : celle des Enfants de Don Quichotte, de la part d’un Gouvernement souffrant de « peur manifeste d’écho médiatique ».

Peut être devrions nous déjà faire le bilan du PARSA étant donné qu’un travail et une réflexion a été mise en place par tout un ensemble d’acteurs sociaux privés et/ ou public, avant de revendiquer ?

Depuis Mai 2007, des centres d’hébergements d’urgence ont été dotés de moyens supplémentaires et surtout de professionnels permettant la prise en charge et l’accompagnement social des personnes les plus précarisés alors se transformant en Centre d’Hébergement de Stabilisation.

Un travail a en effet été effectué par des équipes pluridisciplinaires (diagnostic, évaluation et orientation) ; travail au quotidien pour restaurer l’estime de soi des personnes, travail pour recouvrir les droits administratifs et sociaux, travail pour restaurer une autonomie, auprès de personnes suivies qui sont encore dans ces centres alors qu’elles ont dépassé ce stade désormais et aspireraient à d’autres structures.

Malgré des rapports sociaux motivés et circonstanciés à destination de bailleurs sociaux et de structures spécialisées (ces personnes travaillent et sont insérées économiquement et/ ou ayant les ressources nécessaires pour envisager un autre hébergement), les demandes n’aboutissent pas depuis plus de 6 mois.

Et je m’aperçois béatement que certaines personnes revendicatrices auprès des Enfants de Don Quichotte, n’ayant pas dépassé ce stade , refusant tout accompagnement social, n’étant peut être pas en capacité de tenir un hébergement de manière autonome bénéficient d’hébergements individuels plus que rapidement.

Quelle crédibilité alors donner au travail effectué par les travailleurs sociaux au quotidien dans le cadre des nouvelles mesures ?

Et quelle justice sociale donnons nous à voir, lorsque les personnes suivies dans ces centres qui se remettent en cause au quotidien, dans une démarche dynamique positive et actrice de leur vie ne trouvent pas d’issues autres, si ce n’est une justice sociale à plusieurs vitesses et notamment celle de la parole la plus forte médiatiquement.

Je reste toujours septique sur la notion d’effet d’annonce, car elle ne prend souvent pas en compte les années d’expertises et dans ce cas présent les mois d’expertises du Parsa et de ses implications.
Faites que ce bilan soit médiatique, que les travailleurs sociaux et les associations avec des années d’expertises soient entendues afin de ne pas cautionner l’accès au logement à deux vitesses !

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Commentaires

Bravo, donner un logement à des sdf ne règle pas tout évidement. C'est la catastrophe garantie; le but recherché par la DDASS 67 ? On devient vite méfiant et soupçonneux. Il serait temps que les associations et les travailleurs sociaux se réveillent, ainsi que les citoyens

Écrit par : Evangeline | 27.12.2007

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