25.12.2007

J’ai mal à mon mal-logement

Un Collectif de SDF Strasbourgeois qui tente de démontrer que le mal-logement ne peut être nombriliste, qu’il nous concerne tous : Les étudiants, les travailleurs pauvres, les petites retraites... Allez tous ensemble avec les sans-domiciles et les mal-logés. Mais les “marchands du temple” et autres moulins à vent guettent !

Les Don Quichotte Strasbourg, comme les Parisiens semblent croire qu’en nous entraînant sous les feux des projecteurs, qu’en nous mettant à l’écart du reste de la société, qu’en pleurnichant sur notre sort, ils vont nous aider.
Avons nous tort de penser que notre sort est lié au votre, que notre problème ne doit pas être isolé?

À Strasbourg l’association Don Quichotte devient l’interlocuteur privilégié de la Préfecture et de la DDASS. Ces administrations les nomment “moniteurs-éducateurs” un diplôme que d’autres obtiennent en étudiant. Voilà des gens nommés experts de la question sociale.
Et dans le même temps, ce Collectif dont je suis la Porte-parole revendique de n’avoir aucune compétence et s’entoure de professionnels : associations, travailleurs sociaux…
Quelle naïveté. La politique spectacle est la seule a être entendue, portée, diffusée.
Ce projet du Collectif, que tous s’accorde à dire “bon, excellent, positif, honnête et autres qualificatifs” est au point mort, dénaturé, transformé, … Mais pas de voix qui s’élèvent, pas de caméras, pas de projecteurs.
Le silence, votre silence nous assassine, et porte grand tort à la lutte contre le mal-logement en général.

Aujourd’hui à Strasbourg les Don-Quichotte mènent la danse. L'éclairage aura au moins servi à me faire comprendre ça.
Pour le Bas-Rhin, le PARSA a essentiellement porté sur la transformation du Plan d'Hébergement Temporaire qui était géré par les associations Strasbourgeoises depuis des années. Ces hébergements sont contrôlés, comptabilisés par la DDASS qui demande aux associations des comptes journaliers. Ces tonnes de paperasse nous étouffent et entraînent les travailleurs sociaux à devenir des grattes-papier. Pas de surprise donc à ce qu’elle distribue des diplômes d’état à des incompétents.

Le travail social, cet accompagnement personnalisé que nous défendons est bafoué dans le silence assourdissant de toutes les associations.
Nous pensions que le manque de places était le principal défault a dénoncer immédiatement. Alors nous avons mené un combat pour que soit dévoilé au grand jour cet aspect, et mis en avant que les hôtels complets allaient manquer, qu’il était temps de réagir… Mais c’était l’été, trop tôt pour parler des SDF. Notre saison n’est qu’hivernale.
Nous demandions que le PARSA soit accompagné des moyens financiers justes et nécessaires… Un Collectif de SDF qui se mêle de choses sérieuses; quelle folie.

L'Etat, les Préfectures, les DDASS manipulent toutes les revendications criminelles de ces associations qui gravitent autour du marché de la misère.
Aujourd'hui, la politique spectacle d’Alexandre Glardon qui envahi la Cathédrale de Strasbourg semble trouver un écho favorable. Les médias se régalent.

Le Collectif s’est rapproché de la Fédération Dal, du Comité Des Sans Logis, et d’associations du “terrain” car nous pensons que la misère est fabriquée par une politique libérale qui est dramatiquement accentuée par le gouvernement actuel.
Nous n’avons pas de discours préfabriqué, notre misère, notre désespérance, notre besoin d’accompagnement; tout cela est notre réalité. Pas de quoi vous faire fantasmer, j’en conviens.
Notre aveu de fragilité : dépression, santé, alcool, drogue… vous est certainement insupportable. La parole de nos travailleurs sociaux est moins agréable, moins croustillante que les gesticulations de ces phénomènes de foire.

Les EDQ Strasbourg négocient des places d’urgence, du temporaire, du court terme; c'est monstrueux, c'est - je ne sais plus quoi dire. Ils deviennent salariés de la DDASS pour réaliser une maraude. Toutes les maraudes existantes sont ainsi bafouées, ces équipes constituées de professionnels ramenées à rien. Des amateurs peuvent aller à la rencontre de sans-domiciles sans que cela éveille votre intérêt, pas même votre curiosité.
Mais le pire va arriver, les Don Quichotte vont gérer un lieu de vie ! Leur job est assuré.
C’est de notre point de vue le discrédit total sur le secteur social toute catégorie confondue.

Le Collectif n’a plus qu’un choix devant lui, passer à l’action avec ses soutiens : CDSL, Jeudi Noir, Fédé Dal et souhaitons le, quelques Strasbourgeois.

11:15 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : SDF, SANS DOMICILE FIXE, MAL-LOGÉS, STRASBOURG | | |  Facebook

Commentaires

En effet, les "coups médiatiques" font oublier la réalité de terrain des travailleurs sociaux et des associations sur Strasbourg...
le pourquoi de ce texte :

"Le 22 décembre 2007

Légitimité des Enfants de Don Quichotte à Strasbourg ?
Un accès au logement à deux vitesses.


Depuis l’évènement médiatique d’une association se nommant les Enfants de Don quichotte, se revendiquant contre la précarité sociale et pour l’accès au logement décent pour tous, j’assiste désabusée cette année en tant que travailleur social à un autre « coup médiatique » :

La prise en compte d’Une parole : celle des Enfants de Don Quichotte, de la part d’un Gouvernement souffrant de « peur manifeste d’écho médiatique ».

Peut être devrions nous déjà faire le bilan du PARSA étant donné qu’ un travail et une réflexion a été mise en place par tout un ensemble d’acteurs sociaux privés et/ ou public, avant de revendiquer ?

Depuis Mai 2007, des centres d’hébergements d’urgence ont été dotés de moyens supplémentaires et surtout de professionnels permettant la prise en charge et l’accompagnement social des personnes les plus précarisés alors se transformant en Centre d’Hébergement de Stabilisation.

Un travail a en effet été effectué par des équipes pluridisciplinaires (diagnostic, évaluation et orientation) ; travail au quotidien pour restaurer l’estime de soi des personnes, travail pour recouvrir les droits administratifs et sociaux, travail pour restaurer une autonomie, auprès de personnes suivies qui sont encore dans ces centres alors qu’elles ont dépassé ce stade désormais et aspireraient à d’autres structures.

Malgré des rapports sociaux motivés et circonstanciés à destination de bailleurs sociaux et de structures spécialisées (ces personnes travaillent et sont insérées économiquement et/ ou ayant les ressources nécessaires pour envisager un autre hébergement), les demandes n’aboutissent pas depuis plus de 6 mois.

Et je m’aperçois béatement que certaines personnes revendicatrices auprès des Enfants de Don Quichotte, n’ayant pas dépassé ce stade , refusant tout accompagnement social, n’étant peut être pas en capacité de tenir un hébergement de manière autonome bénéficient d’hébergements individuels plus que rapidement.

Quelle crédibilité alors donner au travail effectué par les travailleurs sociaux au quotidien dans le cadre des nouvelles mesures ?

Et quelle justice sociale donnons nous à voir, lorsque les personnes suivies dans ces centres qui se remettent en cause au quotidien, dans une démarche dynamique positive et actrice de leur vie ne trouvent pas d’issues autres, si ce n’est une justice sociale à plusieurs vitesses et notamment celle de la parole la plus forte médiatiquement.

Je reste toujours septique sur la notion d’effet d’annonce, car elle ne prend souvent pas en compte les années d’expertises et dans ce cas présent les mois d’expertises du Parsa et de ses implications.
Faites que ce bilan soit médiatique, que les travailleurs sociaux et les associations avec des années d’expertises soient entendues afin de ne pas cautionner l’accès au logement à deux vitesses !

Écrit par : beloue | 26.12.2007

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