28.03.2010

31 mars . fin d'hébergement à toulouse raconté par un éducateur spécialisé de CHU

Pour agir... et pour info  à toulouse !!
Pour aider l'action que porte Stéphane et ainsi aider à faire entendre ce message, vous pouvez participer à cette action!
Vous trouverez ici, le lien vers les affiches et les tracts qui seront placardés lundi dans la ville.

http://uploadpie.com/IMhCj

Bonjour à toutes et à tous...

Pour celles et ceux qui ne me connaissent pas, je suis Stéphane, adhérent de l'asso depuis quelques années maintenant, et actuellement en poste d'éducateur spécialisé sur l'accueil hivernal d'urgence pour familles "Thibaud". l'Accueil ferme ses portes jeudi 1er avril au matin (pour le poisson...). l'accueil est depuis quelques année gérée par l'association Espoir, mais cette année quelque chose a changé....

Quelques jours après l'ouverture du foyer en novembre, la directrice a été convoquée par les services de la Préfecture pour évoquer les nouvelles "règles du jeux": puisque l'état finance cet accueil, la Préfecture est quasiment "chez elle", elle décide de qui entre, qui sort, de qui va ou.. il en est donc fini de l'accueil inconditionnel des personnes..

Nous hébergeons actuellement 10 familles et deux femmes seules... toutes ces personnes vont se retrouver hébergées à l'hôtel car l'état se doit d'appliquer la continuité de l'hébergement de part la loi DALO (droit au logement opposable) mais dans quelles conditions et pour combien de temps?
Certaines de ces familles se sont vue remettre en mains propres et sur leur lieu de vie des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) par une fonctionnaire zélée de la Préfecture, totalement dédaigneuse des être humains qu'elle avait en face... Ces familles seront également hébergée à l'hôtel mais pour combien de temps? L'année dernière, la Police aux
frontière n'a mis que deux jours avant de venir chercher à l'hôtel une famille déboutée de sa demande d'asile politique à la fin de l'accueil..
Il ne s'agit pas ici de remettre en cause le bien fondé ou non de ces demandes d'asile (et ce même si le nombre de demandes accordées ne cesse de diminuer, alors que le Monde grouille de guerres et de famines..), mais bien de dénoncer le ballotage, le parcage et surtout le manque de considération pour ces personnes...
Vous trouverez ci-joint un courrier que nous avons rédigé avec mes collègues pour informer nos partenaires sociaux et territoriaux.. ( peut etre plus explicite que moi...)

Il s'agit également de dénoncer qu'au 31 mars, 3 foyers sont concernés par les fermeture de fin de période hivernale, soit une 100aine de personnes remisent à la rue...

Dès lundi, vous verrez une campagne d'information en ville sur la fermeture des centres hivernaux...
(Samba Résille s'associe à cette démarche de la FNARS -fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale- et de Médecins du monde.)
Si des tentatives de communication sur la fermeture des centres hivernaux ont été effectuées les années précédentes, cette année la Mairie s'est engagée à laisser les tracs et les affiches en ville (que l'on aura soigneusement collé toute la nuit) toute la journée de lundi et nous permet d'utiliser les affichages des bus TISSEO..
En espérant être un peu plus entendu...

Merci encore aux personnes qui se mobilisent dimanche soir pour le barbecue Pagode au foyer..

Stéphane

*A l'attention des partenaires et des responsables*

Quelque chose a changé dans l'accueil hivernal des familles.
Quelque chose, qui avec le recul d'une saison d'activité, nous apparaît fondamental d'exprimer et de dénoncer.

Tout d'abord, ce changement passe par la gestion des personnes exclues. Leur admission et leur sortie, depuis cette année, ne dépend plus du 115, ni des structures d'accueil proprement dites, mais directement de la Préfecture, par le biais de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS ancienne DDASS) qui décide des urgences, des priorités, des admissions mais également des orientations à la sortie. C'est un changement important dans le dispositif des accueils d'urgence, notamment parce qu'il écarte d'un seul coup le savoir-faire des travailleurs sociaux, du travail de terrain, directement en lien avec les personnes accueillies. Plus grave encore, ce nouveau dispositif fait sortir de l'anonymat tous les demandeurs d'aide d'urgence. Fini le droit de discrétion et l'inconditionnalité, aujourd'hui un accueil est synonyme d'inscription et d'enregistrement sur des listes administratives.

Quand on sait que la population accueillie dans le centre d'accueil hivernal est composée à 90% de familles d'origines étrangères, on peut légitimement s'interroger sur les stratégies et conséquences d'un accueil si contrôlé.

Cette année, les travailleurs sociaux du centre d'accueil hivernal Thibaud ont senti cette confusion volontaire des fonctions. De
quelle façon les agents de l'État (Préfecture et D.D.C.S.) ont dorénavant main mise sur la gestion du centre d'accueil. D'un côté, ils placent les familles dans ces centres, autrement dit décident qui sera accueilli, de l'autre ils s'invitent pour délivrer en main propre les O.Q.T.F.. Il n'y a donc plus de frontière entre les fonctions d'hospitalité, d'insertion et celle du contrôle de l'immigration et son pendant l'exclusion forcée. De part cette nouvelle organisation, la nature même du travailleur social prend une allure nouvelle : accueillant-geôlier.

* Que doit-on penser lorsque, 15 jours après une réunion avec Monsieur E. de la DDCS (Direction Départementale de la Cohésion Sociale) pour un point sur les familles dont nous avons la charge, Mme P., de la préfecture de Haute-Garonne, décide de rencontrer, dans notre foyer, 3 familles afin de leur signifier 3 OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) de la façon la plus stricte qui soit ? Cette décision étant applicable dans 30 jours, 3 jours avant la fermeture de l'accueil hivernal.*

Que dire des personnes accueillies et qui viennent de recevoir l'interdiction de vivre sur le territoire français, au sein même de leur
logement? Ils se sont légitimement interrogés sur les liens des travailleurs sociaux de Thibaud avec les services de lutte contre l'immigration...

Quelle est en définitive notre fonction quand d'un côté on leur offre un espace accueillant et que de l'autre on les surveille, on les tient au chaud avant l'éventuel retour forcé au pays qu'ils fuient pour diverses raisons...

* Quelques heures après s'être vu signifier son OQTF, le père d'un nouveau né nous a confié que la façon dont cela lui avait été dit était insupportable pour lui. Il tentera de mettre fin à ses jours quelques heures plus tard …*

Toute politique de lutte contre l'immigration est nécessairement critiquable. Comment peut-il en être autrement quand il s'agit de mettre au point une machine de l'exclusion ? Le travailleur social est ici impliqué dans cette lutte, à son insu. Aussi, il n'est plus possible pour un travailleur social d'accueillir les personnes en fin de droit sans les informer du risque encouru ; de leur expliquer qu'ici même où ils sont accueillis, ils demeurent sous le regard de ceux qui œuvrent à leur départ dans leur pays d'origine. C'est notre devoir de clarifier auprès des personnes accueillies ces enjeux. C'est de notre devoir aussi de dénoncer
cette nouvelle formule d'accueil des personnes en difficulté non plus avec l'objectif de mise à l'abri, mais celui d'exclusion, à travers un même outil : celui de l'accueil d'urgence hivernal. Est-ce une expérimentation qui risque de s'étendre à tous les centres d'accueil permanents ou non ?

Ce que nous exigeons c'est qu'ils organisent leur politique d'immigration de façon décente et surtout pas sur le dos d'associations et
de travailleurs sociaux dont la mission est tout autre pour ne pas dire inverse. Qu'ils se servent des centres d'accueil comme un lieu de mise à disposition des étrangers en situation irrégulière qu'ils ont placés eux-mêmes en attendant que la justice statue sur leur cas, voilà un mélange des genres bien dangereux. Le droit à un abri n'a aucun lien avec l'obligation de quitter le territoire, ou alors le centre d'accueil fonctionne comme un appât. On présente aux personnes un toit, une écoute...

Il se tisse des liens de confiance et d'entraide, des stratégies d'insertion, etc. On travaille avec elles sur des solutions pour le
logement, le statut... On atténue leur souffrance... Mais tout cela n'est qu'un leurre pour les familles et les travailleurs sociaux. En arrière-plan, c'est leur exclusion du sol français qui est en train de se préparer. La procédure est tordue mais implacable. Ce sont des services de l'État très proches qui d'un côté décident de l'accueil temporaire et de l'autre de l'exclusion définitive par le retour forcé.

Que dire de plus, à part saluer ou pleurer ce tour de force sous l'angle de la politique de lutte contre l'immigration si insoutenable dans un pays de droit.

L'équipe de Thibaud

20:41 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sdf, sans abri, morts de la rue, strasbourg | | |  Facebook

20.03.2010

ALSACE : UN BON MILLIER DE PERSONNES ABANDONNÉES À LA RUE DEPUIS DES ANNÉES

Le 31 mars, c'est la fin du dispositif hivernal d'hébergement d'urgence. Pour toutes les personnes hébergées dans ce dispositif cruel, indigne, c'est la remise à la rue.

Plus de 400 personnes sont concernées à Strasbourg.

Plus de 200 personnes à Mulhouse.

Auxquels s'ajoutent tous ceux, qui par défaut, ont été obligés de réquisitionner des lieux vides depuis des années, ceux qui survivent sous tente, dans des cabanes, ...

Depuis des années, même lorsque la situation financière était bonne, L'Alsace n'a pas été fichue d'accompagner un petit millier de personnes ...

Honte sur nous.

Caen : Les chalets prêts à héberger des SDF en insertion

Les travaux sont terminés au 13, rue de La Cotonnière, à l'extrémité nord du quartier du Chemin-Vert. L'équipe est au complet : les premiers usagers seront accueillis dans un peu plus d'une semaine. Visite.

Des lames de bois recouvrent les murs. Des fenêtres en forme de hublots apportent une touche stylée. Sous un ciel clément et ensoleillé, les chalets du Village de La Cotonnière, du nom de la rue et de la zone artisanale, ont belle allure entre La Folie-Couvrechef et Le Chemin-Vert. L'heure est aux finitions. Les espaces extérieurs, aménagés. Le site n'a rien à voir avec une aire de mobil-homes.

Nathalie Charles a « hâte que ça ouvre ». Cette assistante sociale de formation a travaillé auprès des sans-domicile fixe et des étrangers hébergés en centre d'accueil des demandeurs d'asile. Elle vient à peine de boucler sa mission en tant que coordinatrice du Schéma départemental d'accueil des gens du voyage. Là, au 13, rue de La Cotonnière, elle dirigera le « Village » à destination des sans-abri, sorte de passerelle entre la rue et le logement. « L'équipe sera au complet lundi : deux intervenants sociaux, une animatrice, cinq agents d'accueil et deux veilleurs de nuit. »

Un total de 50 places

Le chantier a duré sept mois. En entrant, on tombe sur un bâtiment collectif d'un étage. En plus des bureaux, le « centre d'urgence » compte 22 places dans 18 chambres au confort spartiate. Quatre s'adressent à des couples. Des salles d'eau sont prévues pour des personnes à mobilité réduite. « L'accueil démarrera le soir, à 17 h, jusqu'au matin, 9 h. Un repas, le soir, et le petit-déjeuner seront proposés. Les usagers auront la possibilité de réserver », indique Romain Marot, directeur d'Adoma, ex-Sonacotra, à la tête du projet.

Pour atteindre les chalets, il faut sortir du bâtiment. Derrière, le Village proprement dit, « centre de stabilisation », propose 28 places réparties dans 14 chalets mitoyens. Soit sept constructions faites pour durer. Quatre studios sont destinés aux personnes à mobilité réduite. Un chalet, divisé en deux T1 ou F1 bis, est aménagé pour deux couples. Tous les autres logements comportent deux chambres et un espace commun.

Toute personne sans logement, « capable de vivre en autonomie, en semi-collectivité et de s'inscrire dans un projet d'insertion », pourra s'y poser durant une période de trois mois renouvelable quatre fois. « On ne s'installe pas à vie ici. » Les demandes passeront par un service social, avant d'être évaluées en équipe ici. Une pré-liste est d'ores et déjà établie par le biais des services existants dédiés aux SDF : CAO, Cap'Horn, Trait d'union, Boussole... Pas question, après installation, de « leur sauter dessus dès le premier jour. Le contrat resigné tous les trois mois permettra de faire le point ».

Contre 1 € et 2 €

Hommes et femmes, sans enfant, y feront étape, « contre 1par jour pour ceux dont les ressources varient entre 400 et 700 € et 2au-delà ». Les chiens sont accueillis. Le site, qui paraît isolé, est desservi par la ligne n° 10 de bus. Un supermarché se trouve à proximité.

L'objectif numéro un du Village de la Cotonnière : « Que cette structure fonctionne de manière sereine » avec un réseau et un lien étroit avec les bailleurs sociaux, indispensables pour prendre le relais. « Nous déploierons tous les moyens nécessaires pour remettre les gens sur les rails. »

 

Nathalie HAMON.

07:56 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sdf, sans abri, morts de la rue, chalets, chrs | | |  Facebook

Signez l'Appel à une réaction contre le saturnisme

Nous demandons que la lutte contre le saturnisme soit reconnue comme « grande cause nationale » par les pouvoirs publics et le Parlement -

Pour voir l'Appel et le signer,
CLIQUEZ SUR CE LIEN :

http://www.afvs.net/spip.php?article556&debut_doc=0&var_confirm=cLbMvLJ7#sp556

Premiers Signataires :

Organisations : Association Des Paralysés de France, ALPIL, ATF, ATMF, DAL49, Dal-Rouen, Fédération Droit Au Logement, FNATH, L’Association de Victimes de l’Incendie de l’Hôtel Paris Opéra, CISS Rhône-Alpes, Emmaüs France, Gisti, Syndicat de la Médecine Générale, Act Up-Paris, Soeurs Passionistes, Collectif Interassociatif Sur la Santé, ATTAC, COPAF, Ban-Asbestose France , Fondation Henri Pézerat, Comité des Médecins Généralistes pour l’Accès aux Soins,Sud Santé Hotel Dieu, ...

Particuliers : Allison BARON, Jacques BAUDRIER Adjoint au maire (PCF) du 20e arrondissement de paris, Claire BAZIN, Geneviève BELLANGER, Marie-Anne BLENY, Sandrine BOITEL, Muriel BOMBARDI, Marie-Claude BONNEFOND, Michel BONNEFOND, Aline BOUSSARD, Patrick BRAOUEZEC Député, MP BRISCIANO, Lucie BROCARD, Hervé BROSSARD, G. BROSSARD, Ian BROSSAT President du groupe pcf/pg au Conseil de Paris, Nicolas BRUN, Claude CAILLERE, Jeannette CARMONE, Daniel CARRE Délégué National de l’ADMD, Gérard CHABERT Médecin, Pierre CHEMILLIER, Monique CHEMILLIER-GENDREAU , Carine CHEVAL, Christine CHEVAL Avocat, Rodolphe CIULLA, Renée CLEMENT, Madeleine CLOUD, Josiane CORADDUZZA, Gérard COURTOIS, Anne COUTEAU, Gérard DABOUIS, Céline DACOSSE, Loïc DAGUZAN, Janine DARDARE, Martine DEVRIES Médecin généraliste, J-Marc DOLLET Diabétologue, Myriam DUBOIS, Jean-christophe DUBOIS, Patrick DUREIL président du syndicat de la médeicne générale, Joseph DURAND, Danielle DUSSOPT, Bernard ELGHOZI Médecin, Stéphany ESTIER-LESUEUR, Mireille Fanon-Mendès France Militante associative, Georges Yoram Federman Psychiatre Gymnopédiste, Sylvain FERNANDEZ-CURIEL, Françoise Fernandez-Curiel, Laurent Fernandez-Curiel, Jacqueline Fraysse Députée des Hauts de Seine, André Gachet, Catherine Gégout ancienne Conseillère de Paris, Dominique GENEVOIX, Annie GESLIN CSF Rouen, Véronique GHADI, Henri GLASER, Claire Guignard-Hamon, Annie Henry, Paul Henry, Charlotte HODEZ Avocat, Franck Houdégla, Aomar Ikhlef, Noura Kaddour, Marie Kayser Médecin Généraliste, Silvia Lacombe, Jeannine LAGNIER, Jacques LASSAILLY, Marie LASSAILLY, Pierre Laurent Coordinateur national du Parti Communiste Français, Yves LAVERNE, Nathalie LEGRAND, Patrick Lescure, Gérard Lévy Doyen honoraire de la Faculté de Médecine de Caen, Catherine Lévy, Jean-Marc LIBRE, Michel Lorthois, Camille MAGDELAINE Avocat, Marc Mangenot économiste, Odile MAURIN Présidente d’HANDI-SOCIAL, Jean MINGUET, Geneviève Monnet, Florence NAVATTONI, Celine Nestar, Catherine Nguyen, J.F. Perdrieau médecin généraliste, Nicolas Pernet, Marc Piévic, Isabelle Prats, Olivier QUEROUIL, Philippe Reboul, Elodie Redouani, Céline REUILLY, Jacques Richaud Praticien Hospitalier, Sylvie Ritmanic, Marie-jo Rossignol, Franck Rossignol, Katia Rouff Journaliste, Sidonie ROUFIAT, Jean Rousseau, Anne Sabourin Conseillère du 2ème arrondissement de Paris (PCF), Véronique SANDOVAL Conseillère régionale d’Ile de France, Thomas Sannié Président de la Conférence Régionale de Santé d’Ile de France, Ginette SAUVAGE, Danielle SIMONNET Conseillère de Paris, Parti de Gauche, Guy Sionneau, Philippe Sultan, Jacques TEISSIER, Clarisse Tenenbaum, Marine Thisse Avocat, Fabien TULEU Directeur d’une Ecole de travail Social, Yolande VALLES, Catherine Vivier, Pierre VOLOVITCH Economiste, Bernard Wallon...

04.03.2010

Soutenons la création d'un nouvel espace culturel et social autogéré à Strasbourg

La municipalité va t-elle, cette fois encore, saisir l'occasion d'expérimenter la mise en oeuvre d'un projet innovant, que le Collectif SDF Alsace souhaite, espère ?

Voici une pétition, sous forme de lettre au Maire... Le plus important est le projet de ces jeunes, sincères, enthousiastes, et éclairés...

Pétition pour soutenir l'ouverture d'un nouvel espace culturel et social autogéré à Strasbourg

http://www.mesopinions.com/Petition-pour-soutenir-l-ouver...

25.02.2010

Aix : squatteuse par nécessité avec trois enfants

Source Nicolas Rey - LA PROVENCE - La jeune femme qui occupe depuis un an une HLM de façon illégale, est menacée d'expulsion

Emilie et ses enfants ont investi et occupent de façon illégale un logement HLM.

Emilie et ses enfants ont investi et occupent de façon illégale un logement HLM. Photos Sophie Spitéri

Début janvier 2009. Alors qu'Aix se réveille sous la neige dans une douce pagaille, certains cherchent leur luge, d'autres un toit. C'est le cas d'Émilie Rossi, une jeune femme de 28 ans que les hasards souvent douloureux de la vie ont poussée jusque dans la rue, avec ses trois enfants, d'un à cinq ans.

Pas très loin du minuscule appartement de sa mère, un logement HLM est vacant, dans un des bâtiments de la Pinette, au Nord de la ville. Émilie force la porte et s'y installe. En connaissance de cause. "Ce que j'ai fait est illégal, je le sais bien, admet-elle. Mais je n'avais pas le choix. Je ne me suis pas cachée, je suis allée tout de suite m'identifier au commissariat". Les policiers aixois ont eu du mal à en croire leur main courante: un "squatteur" qui vient se signaler et qui demande même à payer un loyer !

"Je leur ai expliqué ma situation pour qu'ils comprennent que cette occupation illicite était vraiment mon dernier recours". L'histoire d'Émilie le prouve: avec 600euros mensuels -le RSA pour unique ressource-, les agences immobilières qui réclament des revenus à hauteur de trois fois le loyer et qui ne peuvent pas proposer un studio à un foyer qui compte trois enfants, ne peuvent rien pour elle. Sur liste d'attente chez le bailleur social "13 Habitat" depuis 2007, rien ne semblait donc offrir la moindre perspective à la jeune femme.

Les mandats envoyés pour couvrir une partie des "indemnités d'occupation" qui lui sont réclamées n'y changeront rien: l'office HLM engage une procédure d'expulsion qui sera validée par le tribunal en première instance puis en appel. "Nous avons essayé de faire reconnaître l'existence d'un bail tacite, explique Me Gaël Fombelle qui a défendu les intérêts d'Émilie. Mais le tribunal n'a retenu que le caractère sans droit ni titre de l'occupation du logement, tout en reconnaissant que l'appartement a toujours été bien entretenu."

Régularisation impossible Pour 13 Habitat, impossible de transiger: "C'est un principe auquel nous ne dérogeons pas, explique-t-on à Marseille dans l'encadrement de l'office HLM. Il est hors de question de régulariser des occupations illégales de logement par des personnes qui court-circuitent l'ordre d'attribution, lui-même défini sur critères d'urgence. Certaines familles attendent depuis deux ou trois ans, dans des situations au moins aussi dramatiques… Personne ne peut faire prévaloir son urgence sur celle des autres. Ce logement était sans doute destiné à une famille qui avait dû respecter la procédure et qui en a été privé. Nous ne pouvons avaliser de telles pratiques qui risqueraient alors de se généraliser."

Émilie dément : "L'appartement, sur le contingent de la préfecture, était vacant depuis longtemps, et je n'en ai privé personne. Je n'exige rien, je voudrais seulement un toit décent pour mes enfants. Celui-ci ou un autre." Le salut ne viendra semble-t-il pas non plus de la mairie où ses demandes d'entretien sont restées lettres mortes, ni du côté des services sociaux. "La seule solution que me propose l'assistante sociale, c'est le foyer, poursuit Émilie. Et on me laisse entendre qu'en cas de refus, on me retirera la garde de mes enfants. C'est insupportable."

Une situation d'autant plus intenable que se rapproche l'échéance de l'expulsion. "Ce n'est pas de gaieté de coeur que nous engageons ce type de procédure, note-t-on encore chez 13 Habitat. Nous ne sommes évidemment pas insensibles à la dimension humaine de ce problème. Mais si cette famille refuse de quitter les lieux d'elle-même, il n'y a pas d'autre issue que l'expulsion, qui est toujours un échec". Émilie le sait et n'en dort plus, tout en essayant de donner le change devant ses enfants, pour qu'ils pâtissent le moins possible de la situation. "J'ai fait tout ce que je pouvais faire mais je suis aujourd'hui dans une impasse. Je voudrais juste qu'on m'aide. Un peu."

 

Toulouse : l'Armée du Salut, demande l'expulsion de 12 sans-abri

Pas de salut pour «SDF sans Frontières»

L'armée du Salut, lève une grande collecte nationale pour aider les personnes à la rue pour  cette année 2010.
Pourtant à Toulouse, l'Armée du Salut, demande l'expulsion de 12 sans-abri occupant le 39 rue des 7 troubadours.

Jusqu'alors ce lieu servait de bureau et de logement au Major de l'Armée du Salut, mais surtout il  était utilisé comme accueil de jour pour les sans abri du quartier et alentours.

Un collectif «les SDF sans frontières», trouvant ce local inoccupé, l'a investit le 8 janvier pour y  mettre à l'abri 12 d'entre eux n'ayant pu obtenir de place d'hébergement par le biais du 115.
Depuis, les membres du collectif ont d'une part entreprit des démarches individuelles pour être  relogés, d'autre part réfléchit à un projet collectif  pour que ce local retrouve sa vocation  première : un lieu d'accueil pour personnes à la rue.

Malheureusement, l'Armée du Salut ne l'entend pas de cette oreille. En réalité, cette dernière  comptait réaliser une bonne opération financière en vendant ce  bâtiment (situé en plein centre  de Toulouse) à une société civile immobilière, qui, on s'en doute, y fera des logements de  standing.

La vente s'est faite courant janvier mais elle n'est pour le moment pas réalisable, le logement  ayant été vendu « libre de tout occupant ».
Qu'a cela ne tienne, l'Armée du Salut vient d'entamer une demande  d'expulsion pour les « SDF sans frontières ».

Le procés aura lieu vendredi 26 février,  au Tribunal d'Instance à 9 heures

Faisant fi de sa mission première : aider les personnes dans le besoin.
La priorité est de faire une bonne opération financière, qu'importe que l'Armée du Salut soit  membre du Collectif National des Associations Unies qui refuse toute expulsion.

C'est pourquoi nous avons contacté les instances nationales de l'Armée du  Salut, afin que cette vente et cette demande d'expulsion soient stoppées et qu'aucune des  personnes qui occupent le lieu ne soient remis à la rue sans solution pérenne de relogement.

La réponse de son président est : « on expulse, le droit prime sur nos valeurs ». Le Président de  l'Armée du Salut, de mauvaise foi, nous explique qu'ils ne sont plus propriétaire : Ah bon ?
Alors pourquoi demande t-elle l'expulsion ? Seul le propriétaire peut le faire.

Nous exigeons que le projet autogestionnaire des «SDF sans frontières» soit entendu et que  l'Armée du Salut les accompagne pour les aider à ré-ouvrir au plus vite ce local pour les  personnes sans abri.

Rendez-vous le 26 février à 9H au Tribunal
d'Instance (avenue Camille Pujol)
Non à la spéculation immobilière...
Non aux expulsions...
Un toit c'est la loi...!!

Contrôles CAF et Conseils Généraux : la solidarité paye.

par le Réseau Solidaire d'Allocataires

Face à la CAF et à ses contrôles, les allocataires se retrouvent face à une machine de guerre bien huilée : seul, que faire face au soupçon, à la stigmatisation, et aux sanctions qui tombent avant même qu’on ait eu la possibilité de se défendre ?

Même obtenir le rapport de contrôle qui justifie une suppression d’allocation, une pénalité pour fraude, voire des suites policières et judiciaires, relève du parcours du combattant.

Les directions des CAF se moquent généralement de passer pour des affameuses : au contraire, elles assument parfaitement leurs fonctions d’intrusion dans la vie privée des précaires, et les méthodes musclées de leurs contrôleurs et contrôleuses.

Mais au dessus de la CAF, notamment pour le RSA, il y a chaque Conseil Général. Depuis 2004 en effet, le RMI a été décentralisé et sa gestion confiée aux départements.

Et la gestion, ce sont aussi les contrôles et les sanctions qui en découlent.

Lundi dernier, suite à une occupation de la Présidence du Conseil Général du Val de Marne, nous avons –enfin- obtenu des avancées très concrètes pour une mère de famille isolée : celle-ci était privée de toute allocation depuis le mois de septembre, suite à la visite d’une contrôleuse, visite d’une petite demi heure qui avait suffi à établir une prétendue « fraude » à la vie maritale. En bref, l’allocataire était accusée de vivre avec le père de deux de ses enfants, en fait SDF simplement parce qu’elle avait accepté de continuer à le domicilier pour ne pas qu’il perde tous ses droits.

Qu’avons-nous obtenu ?

- l’abandon de la qualification de fraude , et donc des poursuites pénales, automatiques à partir d’un certain montant d’allocations jugées « non dues » et « obtenues en dissimulant des éléments sur la situation

- le rétablissement immédiat du RSA et des allocations logement avec rétroactivité depuis le mois de décembre

- l’arrêt du recouvrement de la somme prétendument due sur les allocations en cours, jusqu’à ce que l’allocataire soit mise en mesure d’exercer ses recours , notamment par la production du rapport de contrôle jamais remis jusque là

- l’examen par la commission des recours de la CAF d’une éventuelle annulation de la « dette »

- un suivi social renforcé dans les services du Conseil Général, avec notamment le déblocage immédiat d’aides d’urgence au vu de la situation crée par la rupture de ressources totale due au contrôle.

Comment ?

Le président de chaque Conseil Général statue en dernier ressort sur les mesures prises à la suite d’un contrôle CAF. Il peut tout à fait, sur des notions aussi floues et sujettes à caution que la vie maritale et la solidarité financière existant entre deux personnes, interpréter différemment une situation individuelle.

Par ailleurs, il signe des conventions avec la CAF du département sur le contenu et le déroulement des contrôles : il est avisé de chaque contrôle en cours, et peut désigner des cibles générales …ou pas.

Sa responsabilité est engagée de fait, si la CAF ne respecte pas les droits de l’allocataire, notamment le secret professionnel, le respect de la vie privée, l’avertissement avant visite, la demande d’informations non nécessaires à la vérification de la situation, l’emploi de méthodes de pression diverses ( chantage au titre de séjour pour l’extorsion d’aveux, propos discriminatoires, …), le refus de production de l’intégralité du dossier de l’allocataire et notamment du rapport de contrôle, le non respect du droit à l’accompagnement.

Par nos mobilisations solidaires, nous avons donc obtenu que le Président du Conseil Général prenne directement position !Naturellement, ça ne s’est pas fait tout seul, et seule la détermination sur la durée de l’allocataire, conjuguée à la solidarité a permis ce résultat : nous nous sommes faits menacer par les vigiles de la CAF de Créteil lors d’une occupation, nous sommes intervenus dans une réunion publique du président du Conseil Général, et enfin, nous avons occupé ce même Conseil général. L’allocataire n’est jamais tombée dans les pièges tendus, et a toujours refusé les propositions de rendez-vous de la CAF " pour arranger les choses mais sans les gens du collectif de chômeurs".

En dehors du cas de cette allocataire et notamment suite à nos interpellations successives,le président du Conseil général, Christian favier s’est aussi engagé

- à ce que les recours contestant les conclusions des contrôles, ou demandant une remise de dette soient examinés dans un délai maximum d’un mois.

- à ne pas utiliser la possibilité d’infliger des pénalités administratives, en sus du recouvrement des éventuels trop perçus

- à ne pas opérer de suspension avant le résultat du contrôle, donc à ne pas utiliser l’argument de la suspicion de fraude

- à répondre individuellement à chaque allocataire qui le saisirait en cours de procédure

Pour ce cas précis, il reste le contentieux pré RSA : en effet l’allocataire était à l’API qui dépendait jusqu’au 1er juin de l’Etat et non du département. Mais naturellement, le fait que la CAF ait abandonné la suspicion de vie maritale pour la période dépendant du Conseil général donne des arguments pour la suite de la procédure.

Ce qu’a fait le Conseil général du Val de Marne, les autres peuvent le faire aussi.

Et ça dépend de nous , de notre capacité à nous rencontrer entre allocataires, à dépasser le repli individuel, la honte et la passivité,à prendre à partie les élus responsables, à dénoncer l’objectif réel des contrôles de la CAF, : non pas traquer des « fraudeurs » imaginaires, mais restreindre massivement l’accès aux misérables minima sociaux, décourager les précaires de demander le peu de droits qui leur restent, imposer médiatiquement l’idée que la pauvreté , c’est la faute des pauvres !

17.02.2010

(DNA) Philippe Bies "faire du logement une priorité politique et budgétaire", "mobiliser tous les acteurs du logement"

Source DNA -  Logement : mobiliser tous les acteurs

Philippe Bies, vice-président de la Communauté urbaine de Strasbourg délégué à l'habitat, au logement social et à la rénovation urbaine et adjoint au maire de Strasbourg délégué au logement et à la gestion du patrimoine, directeur des bailleurs sociaux CUS Habitat et Habitation Moderne, apporte à son tour sa contribution au débat ouvert dans les DNA sur le logement et la taxe sur les logements vacants.

L'instauration de la taxe d'habitation sur les logements vacants à Strasbourg a donné lieu à l'ouverture d'un débat public. Cette mesure n'est cependant qu'un élément de la politique de l'habitat mise en oeuvre par la ville et la Communauté urbaine de Strasbourg. En effet, avant même la crise économique qui touche particulièrement le secteur de l'immobilier, nous avions fait le choix, avec Roland Ries et Jacques Bigot, de faire du logement une priorité politique et budgétaire.

Le PLH (Programme Local de l'Habitat) élaboré avec l'ensemble des acteurs concernés et adopté en novembre dernier fixe un plan d'actions volontariste doté d'un budget conséquent et en augmentation régulière (+ 25% en 2009, + 12% en 2010) et malgré des aides de l'État qui sont hélas inversement proportionnelles aux annonces du gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Notre action s'appuie sur un soutien exceptionnel de la collectivité à la réhabilitation et au développement du logement aidé. Dès 2008, la production de logement social a été multipliée par deux au regard des années précédentes. En 2009 nous avons atteint les 2 000 logements aidés programmés, soit davantage que l'objectif de 1 500 que nous nous étions fixé.
Parce la situation l'exigeait, nous avons souhaité soutenir très fortement le parc privé qui ne relève pourtant pas directement de la collectivité.

Le budget consacré à ce secteur a augmenté de 112% depuis 2008.
Ainsi dès 2009, en lien avec l'ANAH (Agence Nationale d'Amélioration de l'Habitat), nous avons mis en place des mesures d'aides financières aux propriétaires bailleurs qui souhaitent réaliser des travaux. Désormais, sous certaines conditions, un propriétaire bailleur peut cumuler jusqu'à 80% de subventions pour la réhabilitation d'un logement.

Maîtriser les loyers en luttant contre l'habitat indigne

Ce programme très incitatif, vise à sortir un maximum de logements de la vacance, à maîtriser les loyers tout en luttant contre l'habitat indigne. Le succès de sa première année de mise en oeuvre prouve qu'il répond aux attentes des propriétaires privés.
Toujours en 2009, nous avons décidé de mettre en place un dispositif permettant de rassurer et sécuriser les propriétaires bailleurs : la Garantie des Risques Locatifs (GRL). En échange d'une location à des ménages modestes, cette assurance garantit au propriétaire loyer et charges en cas d'impayé et le coût des travaux en cas de détérioration volontaire par le locataire. Le coût est alors pris en charge par la CUS sur l'ensemble de son territoire. Les propriétaires peuvent également bénéficier de la gestion du recouvrement ainsi que de la prise en charge des frais d'accompagnement juridique. Enfin, un traitement social adapté pour les locataires en cas de difficultés est prévu, qui sécurise les propriétaires.

La taxe d'habitation sur les logements vacants (THLV) s'inscrit dans ce dispositif global de mobilisation du parc privé. Ne pas l'admettre serait regarder la question du logement par le petit bout de la lorgnette. Le nombre de logements potentiellement concernés par la THLV a été évalué sur la base du fichier « logements vacants 2008 » transmis par la Direction générale des impôts. L'instauration de cette taxe n'a pas pour objectif premier la recherche d'une ressource supplémentaire ou la stigmatisation des propriétaires, mais bien la remise sur le marché des logements concernés. A ce titre, chacun des propriétaires concernés se verra adresser un courrier l'informant des différents outils à sa disposition pour remettre son bien en location.

La collectivité montre d'ailleurs l'exemple en mobilisant son propre patrimoine. Ainsi le dernier conseil municipal a approuvé la création de 55 places en hébergement d'urgence et l'humanisation de 53 autres par la mise à disposition d'immeubles municipaux à des bailleurs sociaux. Dès le mois de mars prochain, ce ne sont pas moins d'une dizaine d'immeubles de la ville (principalement situés dans le centre et dont certains sont vacants) qui seront proposés à la vente à des bailleurs sociaux.

Seule cette mobilisation de tous les acteurs, publics et privés, à travers une politique volontariste et pragmatique, est de nature à enrayer la crise du logement dans notre agglomération. Le défi est immense mais la dynamique est lancée.

Philippe Bies

14.02.2010

2 logements vacants "pris" par SDF Alsace, en toute légalité

Nous avons souvent dit et répété en réunions, colloques, rencontres et autres, que personne ne connaissait le monde des sans-abri mieux que nous, et mieux que les travailleurs sociaux, ceux qui vont sur le terrain et nous qui le subissons.

L'image véhiculée est encore trop souvent misérabiliste, ou plombée par un sentimentalisme affligeant. On ne s'y retrouve jamais.
Celui là réclame des CHRS, l'autre des lieux ouverts, lui préfère le chalet, il faut réquisitionner nous affirme un autre, et le politique veut changer la ville. Et nous, nous restons à la rue !
Car qui sait, qui s'intéresse à ce que nous voulons ? Qui sait de quoi nous sommes capables ?  Qui connaît notre vie : santé, espoir malmené, manipulation, abandon, chômage, emploi précaire, RSA qui ne vient pas, hygiène, ... Qui a cette vision réelle, globale ?

L'autre constat est qu'il règne la même ambiance, la même suspicion, la même naïveté, autour du logement, avec des enjeux politiques qui s'ajoutent, à notre détriment. Nous payons toujours au bout du compte pour l'étroitesse d'esprit de l'homme.
Une réunion sur la rénovation de Hautepierre, nous apprenait que des associations pouvaient faire circuler de mauvaises informations et créer la panique chez des locataires "vos immeubles seront démolis", alors qu'il n'en était rien.

Depuis ce jour, nous combattons la peur. La peur de l'autre, et nos peurs des autres. Nous combattons l'ignorance, la notre et celle des autres. Nous avons décidé d'apprendre et de comprendre au mieux quels sont les enjeux de tous, et d'y faire notre place, en nous tenant à l'écart de tous.

Le Collectif SDF Alsace a décidé de rencontrer des promoteurs, des architectes, des urbanistes, des agences immobilières, des acteurs du logement comme on dit.
C'est grâce à ce petit réseau que nous avons trouvé pas mal de logements, et louer en colocation...

Depuis peu, la Ville de Strasbourg a instauré la THLV. ça nous a aidé dans notre travail vers les propriétaires.
Des logements du privé vacants, pas de quoi donner un toit à tous, mais de quoi donner une bouffée d'air.
Nous avions plein de question sur les raisons qui emmenaient des propriétaires à ne pas faire fructifier un bien, alors que nous étions à la rue "de bonne foi". Notre seul "tort" est d'être pauvre.

Des rencontres autour de la THLV, avec l'adjoint au logement, ses explications sur les raisons très diverses de ces vacances, sur le temps nécessaire à lancer un dispositif, les limites de la loi... Tout cela nous a nourri, et donné de quoi nous lancer dans la conquête des vacances.

Grâce à un soutien du collectif, nous avons, en début de semaine, rencontré 9 propriétaires d'appartements vacants.
Les causes: impayés, dégradation, problèmes avec les voisins, et une difficulté, malgré la loi à se sortir de ces galères. Tous étaient convaincus qu'ils allaient recevoir la "facture de cet impôt injuste" qu'ils considéraient comme "la main mise de la ville sur leur bien". La désinformation avait déjà fait son chemin.
Reprenant à notre compte l'explication simple, apprise de Philippe Bies, sur la THLV, nous avons écartés ces craintes, et enfin pu passer aux raisons de cette rencontre.

Nous avons parlé de tous les dispositifs existants, et surtout de la GRL. Un agent d'assurance nous accompagnait pour cela. Notre position connue sur les réquisitions a permis de créer un meilleur climat de confiance.

Finalement, sur les 9 propriétaires, 2 ont déjà répondu favorablement : 2 appartements (1) seront loués à des gens en situation financière très précaire. Des contrats GRL signés, des dossiers FSL remplis. Voilà pour nous, et ce n'est qu'un début.

Depuis hier-soir la réquisition d'un immeuble, qui appartient à la Municipalité de Strasbourg a été "officialisée" par un appel au soutien vers la population. Cette réquisition répond à ce lieux que nous espérons depuis longtemps : dépose des affaires, ouvert à tous sans discrimination 24h/24, avec animal, en couple, ... Lieu qui fait cruellement défaut.

Nous constatons que dans le libellé du communiqué nos craintes, nos doutes, exprimés dans notre récent texte "non merci nous ne réquisitionnerons pas avec vous", sont repris : une association est crée qui assumera tous les inconvénients en cas d'expulsion. C'est donc que l'expulsion est envisageable...

La rencontre que Marie-Dominique Dreyssé, adjointe (Verts) nous a refusé (2), après avoir laissé s'installer le "plan chaises" lors de l'hiver 2008/2009 (3), aurait permis d'améliorer la situation des personnes privées de logements. Et que penser, du projet de chalets qui a traîné en longueur...

L'adjoint au logement déborde constamment de son rôle, pour soutenir et concrétiser des actions plus que positives en faveur des sans-abri. Mais ça reste du bricolage.

Alors Monsieur le Maire, à quand une personne compétente et "engagée" pour s'occuper sérieusement de la "solidarité" à Strasbourg ?

Collectif SDF Alsace


(1) vacants depuis 15 mois pour l'un, 3 ans pour l'autre, donc non concernés par la THLV. De quoi réfléchir sur la communication a avoir ...
(2) Rappel : une série de réunions sur l'hébergement est lancée début 2009. Mme Dreyssé ne nous y a pas invité, mais nous étions là. Étaient présents : le Dal 67 (venue en force), l'OPI, une structure d'hébergement... Lorsque nous sommes venus pour la 2e rencontre; personne ! réunion "annulée" et depuis, le silence.
(3) interpellée à ce sujet, Madame Dreyssé a répondu "c'est la faute au désengagement de l'état". Mais quel a été son engagement dans le projet développé par Philippe Bies avec l'engagement de ce même état qui finance, la mise à disposition de logements voués à la démolition ?

09.02.2010

Non merci, nous ne réquisitionnerons pas d’immeuble avec vous

À quelques semaines de la fin de la trêve hivernale, et du premier tour des élections régionales, voilà qu’on nous propose de participer à une réquisition d’immeuble.

Non merci !

Le patos ne fonctionne pas avec nous. C’est pour notre dignité, un droit à vivre “normalement” que nous luttons.
Cette réquisition, ne règlera pas notre problème de non logement. Elle nous fait courir le risque de nous retrouver devant les tribunaux, et de briser notre espoir de trouver ensuite un logement.

Nous luttons contre la mise en danger, que certains imbéciles, aux égos surdimensionnés, font courir à ceux qui n’ont déjà rien.
En effet, nous sommes loin de l’exemple de la Fédération DAL qui, à Paris, assume, en son nom, les réquisitions, et qui arrive à réunir assez de militants pour protéger ceux qu’elle soutient. Et qui négocie au plus haut
Mais pour quels résultats, que se passe t-il pour ces gens ? Expulsions, et relogement parfois, pas pour tous, à l’hôtel, en foyer principalement. La lutte est longue.

Nous avons investi 3 lieux depuis presque 2 ans. Et c’est en toute discrétion que vivent avec aucun confort, pas d'eau, pas d'électricité, pas de chauffage (le plus souvent), 27 personnes, dont 5 enfants.
Dossiers de demande de logement, dossier Dalo, recherche d’emploi, de stages, de formation ; voilà le travail du Collectif auprès de ces personnes. Nous apportons des repas chauds, organisons des ballades, des ateliers d’information…

C’est pour nous une solution difficile, faute de solutions dignes. Mais on a la paix. Et notre espoir d’une vie simple est préservé. L'attente est longue.

Nous n’avons rien choisi. Ni la vie collective, ni la réquisition, ni la rue, ni le chômage, rien. Ce n’est pas notre style de vie. La misère nous a épuisé, éreinté, fatigué, mais pas au point de ne pas savoir ce que nous voulons.

Nous ne voulons pas de vous à nos côtés. C'est notre choix, notre liberté.

Reparlons des 1500 logements vacants sur Strasbourg dont vous nous râbachez les oreilles depuis un an.
La mise en place de la THLV nous montre que les logements qui pourront être remis sur le marché ne représentent qu’un faible pourcentage, car la loi demande une vacance de plusieurs années. Certains sont insalubres, d’autres sont trop éloignés des infrastructures.

Notre opposition à vos basses maneuvres sont confirmées, la réquisition des logements vacants ne règlera pas la situation de tous les non-logés, et mal-logés de Strasbourg.

Cette année, la municipalité de Strasbourg a entendu notre appel à la raison. Grâce au soutien financier de l’État, des logements vacants, destinés à la démolition, sont mis à la disposition d’associations pour l’hiver. On reste dans l’urgence c'est vrai, mais au-delà il y à un changement de mentalité, qui représente pour nous, la plus belle victoire. Maintenant, nous aimerions les entraîner à réfléchir aux solutions alternatives qui existent ailleurs, et qui ont fait leurs preuves, comme les containers par exemple.

Le dialogue est payant, lorsqu’il tient la route, et lorsqu’il n’oppose pas sans-cesse les uns aux autres.

Finalement, ce que nous demandons c’est, tout simplement, une vraie politique du logement. Avec une vision éclairée sur toutes les situations : chômeurs, précaires, vieux, jeunes, célibataires, familles nombreuses. Sans oublier, mais sans mettre de côté, sans les écarter, ni les stigmatiser : toutes les gueules cassées de la vie ! Des personnes comme les autres.

Nous vous souhaitons à tous un militantisme éclairé.

05.02.2010

Moins de logements sociaux en 2010

SOURCE AGORAVOX - "Oui, les aides à la pierre sont en baisse dans le budget 2010", admet le secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu, lequel va aussi remettre en question le quota des 20 % de logements sociaux qui s’imposent à toutes les communes de plus de 3 500 habitants (1 500 en Ile-de-France). Intervenant juste après la publication du rapport de la Fondation Abbé Pierre, la communication du ministre pouvait pourtant laisser croire à un réel effort du gouvernement pour le logement social. Il n’en est rien, et c’est toute l’habilité de la communication.

"Oui, les aides à la pierre sont en baisse dans le budget 2010", déclare le secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu. Oui, mais complète-t-il, "On ne peut pas parler de désengagement de l’Etat". La preuve ? Sur les "15 milliards d’euros de loyers que touchent chaque année les organismes HLM, 5 milliards proviennent des aides au logement donc de l’Etat". Le ministre confondrait-il l’aide à la pierre avec l’aide aux personnes ? Non, il s’agit bien entendu d’embrouiller l’opinion. Les spécialistes du secteur seront choqués d’un tel procédé mais le citoyen Lambda n’y verra que du feu, se disant peut-être "oui, cela fait beaucoup d’argent !"

Il y a logement social et logement social :
Le 3 février, le secrétaire d’Etat au logement annonçait que l’Etat va débloquer cette année 4,7 milliards d’euros d’aides pour la construction de 140 000 logements sociaux en 2010. C’est bien une légère augmentation par rapport à 2009 qui a vu la création de 125 000 créés. Les montants ainsi jeté dans les médias impressionnent. Mais lorsqu’on y regarde de plus près, beaucoup moins...
D’abord, cela reste un chiffre global qui ne donne pas la décomposition en PLUS, PLA-I et PLS. Autrement dit les PLS (logements pour les personnes les plus favorisées) pourraient représenter une part importante au détriment des logements très sociaux. Or, la fondation Abbé Pierre demande "150.000 logements vraiment sociaux par an dont 30.000 PLAI familiaux."
La précision a été apportée depuis : les PLS passent de 32.000 à 37.500, soit une progression de 17%. Au contraire, les logements vraiment sociaux (PLUS et PLAI) restent stables. Et voilà, le tour est joué ! (une fois encore car tous les ans, c’est la même combine).
Par ailleurs, le montant des subventions d’Etat aux logements les plus sociaux (PLAI) va baisser d’un tiers dans les zones rurales.
Contrairement, aux PLUS et aux PLA-I, les PLS ne sont pas aidés par les subventions de l’Etat mais bénéficient d’avantages fiscaux. Une somme de 624 millions d’euros sur un total de 4,7 milliards d’euros pour 2010 devrait être versée aux organismes HLM au titre d’aides à la pierre, le reste le serait sous forme d’aides fiscales. On voit bien ici que l’aide à la pierre est proportionnellement bien moins aidée que les PLS sorte de logement "hauts de gamme" qui rapportent davantage aux bailleurs que les logements très sociaux et qui ne coûtent rien à l’Etat en aides directes.
Donc, moins de logements sociaux en création alors que le besoin croît de façon exponentielle mais ce n’est pas tout...
Remise en question de l’obligation communale de justifier de 20 % de logements sociaux
Si le secrétaire d’Etat admet que l’article 55 de la loi SRU est une "bonne loi", c’est pour annoncer sa remise en cause : Il envisage de réformer l’obligation à la baisse par une série d’amendements car, dit-il, "Pourquoi existe-t-il ce taux unique de 20% sur tout le territoire alors que les situations locales sont si différentes ?" En revanche, il est prêt à faire un effort pour que les PLS et les PLAI ne soient plus comptés de la même façon (certaines villes créent beaucoup en PLS pour atteindre le quota.). Mais le libéralisme reprend le dessus, on pourra intégrer dans ce quota des logements privés : les logements en intermédiation locative !
Ces modifications interviendront probablement après la mise en oeuvre de la réforme des collectivités locales.
Si vous avez encore des doutes, je précise que ces informations reprises dans cet article sont délivrées par la Caisse des Dépôts et Consignations (sur son site internet Localtis), le très sérieux organisme officiel précisément chargé d’attribuer les aides à la pierre.
.......................................................................................................................................................................................
ANNEXE  : Petit lexique :
Dans le cadre de la politique de l’aide à la pierre, pour financer des opérations de construction, d’acquisition ou d’amélioration de logements locatifs sociaux, les maîtres d’ouvrage peuvent bénéficier de prêts de la Caisse des dépôts et consignations, qui sont :
Les PLUS (prêts locatifs à usage social) remplacent, depuis le 1er janvier 2000, les PLA (prêt locatif aidé) et les PLA-LM (prêt locatif aidé à loyer minoré). Objectif du PLUS : aider les organismes HLM et les SEM à financer la production de logements locatifs sociaux dans le cadre de la mixité sociale.
Les PLA-I (prêts locatifs aidés d’intégration). Objectif des PLA-I : aider les ménages cumulant difficultés économiques et difficultés sociales et qui, de ce fait, se trouvent souvent exclus des filières classiques d’attribution de logement. Il s’agit de leur offrir une solution de logement pérenne, adaptée à leurs difficultés, avec si nécessaire un accompagnement social, de manière à favoriser leur intégration. Les revenus des ménages locataires ne doivent pas dépasser 60 % des plafonds de ressources pris en compte pour l’accès au logement social classique (PLUS), sauf dérogation du préfet de département.
Les PLS (prêts locatifs sociaux) sont une possibilité supplémentaire pour les bailleurs sociaux et les investisseurs privés d’intervenir dans le secteur social. Objectif des PLS : Les opérations financées par des PLS sont destinées à accueillir des ménages dont les ressources excèdent celles requises pour accéder aux logements financés par les prêts PLUS et qui rencontrent des difficultés pour trouver un logement, notamment dans des zones de marché tendu.
La durée maximale des prêts locatifs sociaux (PLS) passe de 30 à 40 ans. Pour leurs opérations immobilières, les organismes contractent au moins deux prêts : l’un pour l’acquisition du foncier, l’autre qui finance le bâti. Sur la partie bâtie, jusqu’à présent la durée maximale des prêts était de 30 ans. Elle est portée à 40 ans (alignement sur la durée prévue pour les PLAI et les PLUS).

après 2 ans de "péripéties", le projet de chalets va se "conclure". Géré par adoma, qui sera embauché pour accompagner les personnes accueillies ? Des "spécialistes" du gardiennage avec chien, ou des habitués de la "rubrique faits divers" ?

31.01.2010

Incendie meurtrier de St Ouen (93) : Marche silencieuse en hommage aux victimes Lundi 1er février 18 h 30

DAL St Ouen / DAL fédération COMMUNIQUE Paris le 29 01 2010
Incendie meurtrier de St Ouen (93) :

Marche silencieuse en hommage aux victimes
Lundi 1er février 18 h 30

Pas de nouvelles du propriétaire ni de l'Etat
Les sinistrés toujours à l'hôtel A l’initiatives des habitants et des parents d’élève des écoles voisines, une marche silencieuse en mémoire de la jeune maman et de son enfant qui ont péris dans les flammes de l’incendie , les sinistrés, les locataires, les habitants du quartier, les parents d’élèves, et les associations et organisations qui les soutiennent feront une marche silencieuse jusqu’à la place de la Mairie.

Des représentants des habitants, de l'ambassade du Mali et du DAL ont été reçu par la municipalité de Saint-Ouen mercredi 27 janvier.

Les locataires et le DAL ont demandé le relogement des sinistrés et des locataires en donnant la priorité aux sinistrés et aux familles avec enfants, l'expropriation du propriétaire et des travaux immédiats de sécurisation de l'immeuble.

La mairie a manifesté son intention de mettre en fin à la situation scandaleuse de cet immeuble et aux pratiques de son propriétaire, marchand de sommeil qu'elle a convoqué. Elle a sollicité auprès de la préfecture une table ronde associant également les habitants et leurs représentants pour travailler au relogement des familles.

Aujourd'hui, les familles de l'étage incendié sont sinistrées et hébergées à l'hôtel.

Le propriétaire n'a pas répondu à la convocation de la mairie et l'Etat n'a pas donné de réponse à la demande de table ronde.

Les premiers travaux d'office promis par la mairie n'ont toujours pas été réalisés. Les restes de l’incendie, et des détritus jonchent la cave et la cour de cet immeuble qui est en déshérence.

Les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités.


Les locataires plus que jamais décidés, et leurs soutiens, demandent à la Mairie et à la Préfecture :

  • De reloger immédiatement les familles sinistrées
  • Une table ronde pour régler cette affaire, afin de reloger les familles et tous les occupants, d’exproprier ce marchand de sommeil pour réaliser une opération de logements sociaux, et en attendant et au plus vite la mise sous tutelle de cet immeuble, qu’il est incapable de gérer ...
  • Le nettoyage, la mise aux normes de l’immeuble et des garages, et des mesures concrètes contre ce propriétaire incapable de gérer son bien dans le respect de ses locataires.

Ils vous invitent à la marche en mémoire des victimes de l’incendie du 17 rue Jules Vallès.

Contacts :

Dal Saint-Ouen : Laurent 09 75 27 50 28

Dal Fédération : 01 40 27 92 98 – 06 09 59 19 74

SOS expulsion : 06 16 12 55 27

REVUE DE PRESSE "TOUT FOUT LE CAMP"

"Après les travailleurs pauvres, les retraités pauvres " - Interview Bernard Devert - Association Habitat et Humanisme

Réactions des différents syndicats du personnel infirmier suite au dispositif visant à remettre en cause le départ en retraite à 55 ans
Parti de Gauche : Le COR a trouvé le moyen de baisser le montant des retraites
NPA - "Ne battons pas en retraite"
La CNAV suggère de piocher maintenant dans le Fonds de réserve

 

29.01.2010

Grève historique pour les sans-abri

Par Laurent Burlet, Julie Lotz pour LYON CAPITALE

Photo : Fleur Giraud
Photo : Fleur Giraud

Depuis le début de l'hiver les professionnels de l’hébergement d’urgence dénoncent la non application de la loi sur le droit au logement. Aujourd'hui "c'en est trop", ils se sont mis en grève ce jeudi 28 janvier. Une première dans l'histoire de leur profession.

Ils ont mis leurs menaces à exécution. Ils ont fait une pétition, puis rencontré le préfet (lire article). A chaque fois les demandes sont les mêmes : la création de deux centres d’hébergement supplémentaires et le respect de la loi sur le droit au logement. Sans réponse, les travailleurs sociaux de l’urgence ont décidé de faire grève. Le Samu Social n’a pas circulé dans les rues et de nombreux centres d’hébergement ont fermé leur porte dans l’après-midi. Une première pour la profession.

Dès 14 heures, en provenance de toutes associations (Notre-Dame des-Sans-Abri, Régis, Entretemps, CAO,...), ils sont rassemblés dans la rue Dunoir en face de la préfecture de Lyon. 200 travailleurs environ, recouverts d'une couvertures de survie, affrontent le froid, aux côtés d’élus de gauche, de militants syndicaux, de citoyens mais aussi de sans-abri.

“J’ai 25 ans de métier, témoigne une travailleuse social de Villefranche. On a déjà fait grève pour nos conventions collectives. Mais c’est la première fois que nous descendons dans la rue pour le droit des personnes qu’on accueille”. Un autre manifestant prend la parole : "On pourrait continuer longtemps comme ça, à déplorer les difficiles possibilités de réinsertion, assister, impuissants, à l'affaiblissement physique et psychique des personnes que nous rencontrons, à en parler en réunion, à pleurer lors des enterrements. Sauf que c'en est trop".

"Qui sommes-nous pour choisir le destin d'humains ?"

"Il n'y a rien de plus dur, dans la vie d'un travailleur social, que de mettre quelqu'un dans la difficulté, et de ne pas pouvoir alléger le poids de son quotidien". Ce témoignage d'un travailleur du 115 est lu au micro. De nombreuses banderoles, chacune étant la marque de son institution, s’agitent dans la foule. Toutes revendiquent le respect du droit au logement tel que le stipule la loi de Mobilisation pour le Logement et de Lutte contre l'Exclusion (dite loi MOLLE). Son article 73 indique que : "toute personne sans abri [...] a accès [...] à un dispositif d'hébergement d'urgence" "et [peut] y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée".

Or, le manque de places dans les structures d’hébergement d’urgence est évident à Lyon.
Et les travailleurs sociaux ne sont pas satisfaits des mesures prises par le préfet à l’égalité des chances, en charge du dossier. Comme l'ouverture d'un nouveau centre à Monplaisir, qui a permis l'accueil de soixante personnes supplémentaires mais qui fermera à la fin de l’hiver. Ou son engagement, en décembre dernier, à payer des nuits d'hôtels à toutes les personnes sans logis.

Mais il y avait encore 72 personnes qui n’avaient pas trouvé de solutions d’hébergement lundi dernier malgré leur appel au 115. “C’est pour cela que nous demandons l’ouverture de deux centres d’hébergement d’une capacité de cent places, explique Maud Bigot du Samu Social. Il faut aussi davantage de coordination entre les associations et les services de l’Etat pour faire sortir les personnes des foyers vers du logement social”.

Fluidité du système d’hébergement d’urgence et renforcement des structures d’accueil, tel est le mot d’ordre de ces travailleurs sociaux. "Positionner une famille dans un foyer, aujourd'hui à Lyon, c'est en mettre une autre dehors, dans la rue. Qui sommes-nous pour choisir du destin d'humains ?", s’interroge un travailleur au micro. Dans la foule, des personnes qui se disent là "en temps que citoyens" scandent, aux côtés de quelques SDF : "Avoir un toit, c'est un droit". Bruno, SDF depuis 3 ans, déclare : "Je suis là aujourd'hui pour que toutes les personnes sans abri, surtout les familles avec des enfants, puissent trouver un toit pour être au chaud".

"Le mépris de la préfecture"

Aux côtés des travailleurs sociaux, des associations (Les Enfants de Don Quichotte, l’Alpil et la Fondation Abbé-Pierre) et des syndicats (CGT, CFDT, FSU, Unsa et Solidaires) sont engagés depuis plus d’un an sur le respect de la loi sur le droit au logement. Une délégation les représentant a été reçu à la préfecture. Une vingtaine de minutes. “Le préfet à l’égalité des chances Francis Vuibert en charge du dossier n’a pas souhaité nous recevoir, raconte Steve Hervé, professionnel de l’hébergement. On a transmis nos revendications à son directeur de cabinet mais qui n’est pas décisionnaire. C’est du mépris”.

Désormais ces travailleurs sociaux demandent à être reçu par le secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu, “garant de l’application de la loi sur l’ensemble du territoire”. En attendant, ils promettent d’accompagner les SDF à “faire valoir leurs droits devant les tribunaux”. Le Conseil Lyonnais pour le Respect des Droits (CLRD) ainsi que les syndicats devraient se charger de rédiger ces recours.

 

Les SDF et leurs amis devant la préfecture du Rhône

Écrit par Gérald Bouchon POUR LYON PREMIERE INFO

Les professionnels de l'urgence sociale étaient en grève ce jeudi: 150 d'entre eux ont manifesté à Lyon, pour protester contre le manque de places d'hébergement d'urgence, qui les oblige à laisser des SDF à la rue, contrairement aux exigences de la loi Dalo.

Cette première journée de grève, unique en France, pourrait être suivie d'autres mouvements si...

les revendications ne sont pas entendues. Les professionnels de l'urgence sociale à lyon vont prendre contact avec des confrères dans d'autres villes pour lancer un mouvement national.

Environ 150 personnes ont manifesté jeudi devant la préfecture du Rhône, sous la neige, drapés dans des couvertures de survie.

Parmi eux, des salariés de plusieurs lieux d'accueil d'urgence et du 115, des personnes sans domiciles fixes et de simples citoyens, signataires d'une pétition lancée en décembre pour réclamer l'ouverture de deux nouveaux centres d'hébergement d'urgence dans le Rhône.

Cette pétition a recueilli plus de 3.500 signatures. Les professionnels de l'urgence sociale veulent pouvoir assurer la continuité de l'hébergement, c'est à dire garder dans les centres d'urgence les personnes qui le souhaitent jusqu'à ce qu'on puisse leur proposer autre chose, comme l'exige la loi DALO. "Actuellement nous les renvoyons à la rue, par manque de place, ce qui les oblige à se battre chaque jour à nouveau pour obtenir une place"ont déploré les manifestants.

Les grévistes, soutenus par plusieurs syndicats et les Enfants de Don Quichotte, ont dénoncé un manque cruel de places cet hiver, et le recours à des nuits d'hôtel, "réponse à court terme et très coûteuses". Selon eux, 30 à 120 personnes composent le 115 chaque nuit sans obtenir de solution.

27.01.2010

Toulouse : Les onze SDF devraient passer l'hiver à l'abri

Social. Squat dans l'ancien local de l'Armée du Salut.

Le collectif de SDF devrait passer l'hiver au chaud. Photo DDM, Michel Viala
Le collectif de SDF devrait passer l'hiver au chaud. Photo DDM, Michel Viala

« Nous sommes là depuis une quinzaine de jours », explique posément Hervé Brizay, porte-parole du collectif de SDF qui squattent l'ancien local de l'Armée du Salut et ancien compagnon d'Emmaüs qui a notamment soutenu le DAL (droit au Logement) pour l'acquisition d'appartements place Anatole-France. « Les locaux étaient vides, on s'est installé sans effraction ni dégradation. D'ailleurs, on a de très bonnes relations avec le voisinage ».

Il y a deux mois, l'Armée du Salut, située au 39 rue des Sept Troubadours, a déménagé à Negreneys. Onze personnes sans domicile fixe, âgées de 39 à 69 ans, dont trois sont handicapés lourds, se sont depuis installées dans les lieux, passant à l'abri les quelques jours de grand froid de début janvier : « L'ancien propriétaire a coupé l'eau et le gaz, reprend Hervé. Ce mercredi, ce doit être l'électricité. C'est la procédure normale ».

Il y a peu, l'ensemble du bâtiment a été vendu à un particulier : « Cette occupation pose donc problème », explique la responsable des transactions immobilières pour l'Armée du Salut à Paris.

SOLUTION

Le collectif de SDF aimerait trouver un accord à l'amiable avec le nouveau propriétaire et rester dans les lieux le temps que les devis de travaux soient établis. « C'est impossible, reprend la responsable. Pour le moment, on ne sait pas très bien ce qu'on va pouvoir faire de ces personnes dont certaines sont accompagnées de chiens. On a contacté la Croix-Rouge, appelé le 115 pour qu'ils puissent les prendre en charge. On leur a même proposé des nuits d'hôtels. L'Armée du Salut n'a pas de local d'hébergement sur Toulouse, nous n'assurons que les petits-déjeuners aux personnes précaires ». « Cette situation est intolérable, reprend l'ancien responsable de ce local de l'Armée du Salut, appelé par tous le Major. Au moment de la signature, on s'aperçoit que le lieu n'est pas vide. C'est très gênant pour nous. C'est au nouvel acquéreur de décider ».

Si ce week-end un avis d'expulsion était dans l'air, il semble pour le collectif pourrait rester dans les lieux le temps de la période hivernale.

• Source Silvana Grasso pour la depeche

Solidarité écologique : le grenelle de l'Environnement peut mieux faire !

• Par fondation-abbe-pierre

Si la Fondation se réjouit de l'engagement national qui est désormais pris contre la précarité énergétique sur 2010-2017 pour traiter 300 000 logements, elle regrette que les moyens alloués un un tel plan soient minimes (1 milliard d'euros alors qu'1,7milliard serait nécessaire). Une nouvelle fois, le Gouvernement ne se donne pas les moyens d'une véritable politique du logement...

De plus, certaines propositions de la Fondation inclues dans son rapport sur la précarité énergétique remis à MM Apparu et Létard début janvier, n'ont pas été reprises, notamment celle concernant l'interdiction à terme de louer des "passoires thermiques"...

Le Gouvernement a promis de prendre en compte cette mesure très prochainement : la Fondation restera vigilante et fera pression si besoin est !

• Publié sur blog-du-mal-logement

11:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : abbé pierre, mal logement, sans abri, strasbourg | | |  Facebook

26.01.2010

Procès des occupants des logements de la Poste à St DENIS

délibéré le 8 mars 2009

L’audience en référé au TI  s’est tenue ce matin à St Denis, en présence du maire de St Denis, du comité de soutien, des familles occupantes et du DAL assigné avec les familles. La poste demande l’expulsion sans délai, complété par une astreinte de 500 euros par jour de retard.

Les faits :
Cet immeuble vacant depuis plusieurs années, qui accueillait un foyer de postiers et des logements de fonction, avait été occupé le 14 février 2009, avec le soutien  de nombreuses associations, syndicats, organisations politiques. Le Maire de St Denis avait apporté son soutien, puis quelques jours plus tard avait pris un arrêté de réquisition.
Entravée dans sa procédure d’expulsion contre les occupants, la Poste avait alors attaqué en référé l’arrêté du Maire. Le 24 mars, le Tribunal Administratif avait rejeté la demande de la Poste. Courrant novembre 2009, au fond, La Poste ayant été rejointe par l’État, le Tribunal Administratif de Pontoise avait cassé l’arrêté  de réquisition du Maire de St Denis.

La Poste assigne alors immédiatement les familles au Tribunal civil, en référé,  et demande leur expulsion.

Ce procès, qui mêle à la fois la question des occupations citoyennes de locaux vacants, ainsi que la réquisition municipale possible en vertu des pouvoirs de police du  Maire (sauf à Paris, Lyon et Marseille ) s’inscrit dans la campagne en cours pour  l’application de la Loi de réquisition et l’interdiction des logements vacants.

Campagne pour la réquisition des logements vacants (suite) :


En effet, le débat sur les réquisitions “citoyennes” ou “populaires”, municipales et préfectorales est revenu à l’actualité en France, suite à la réquisition par les jeudi noirs d'un hôtel particulier de la place des Vosges à Paris 4e, dans ce contexte d'aggravation de la crise du logement et de perspective de crise sociale de grande ampleur.

Une marche des réquisitions a eu lieu le 19  décembre à Paris, et une centaine de demandes de réquisitions ont été déposé  à l'Élysée le 22 décembre, à l'initiative de différents mouvements d'actions du logement, tels que Droit Au logement, Jeudi noir, Comité des sans logis, ou le COPAF.
Plusieurs personnalités ont participé à ces initiatives, Josiane Balasko, Miou-miou, Mgr Gaillot, Albert Jacquard, Augustin Legrand à la fois représentant des enfants de don Quichotte et candidat d'europe écologie, olivier Besancenot pour le NPA, et les représentants de l'union Syndicale Solidaire, de la FSU et du parti de gauche.
Le chargé du logement au Gouvernement, Benoist Apparu a déclaré le soir même que “la loi réquisition est une violation du droit de propriété” ... La réaction est brutale, voire menaçante ...

Depuis, jeudi Noir a été condamné à  une astreinte de 25 000 euros par mois après un délai de 8 jours. Les étudiants mal-logés ont relevé Appel, et ont reçu un large soutien du milieu associatif et politique. Et une nuit de solidarité est organisée  sur place mardi 26 janvier à partir de 20h.

La campagne pour l'application de la Loi de réquisition a été relayé au plan national. Ainsi, la fédération Droit au logement a relevé que des réquisitions citoyennes ont été organisées avec la participation des comités  dans plusieurs ville de province, notamment :
- à Toulouse en faveur de jeunes en précarité, de sans abris et de familles en difficulté de logement,
- à Marseille, avenue de la République symbole des années folles de la spéculation immobilière et financière, 3 étages entiers ont été réquisitionnés pour des familles reconnues prioritaires en vertu de la loi DALO
- à Rennes, des logements publics sont occupés pour loger des familles de demandeurs d'asile
- à Dax, un domaine agricole appartenant aux collectivités locales est investi pour des sans abris en vue de développer une initiatives d'accueil alternative et autogérée.

Tout ces biens sont vacants depuis plus de 6 mois, délai légal de mise en oeuvre de la loi de réquisition, le plus souvent depuis plusieurs années, et 44 ans pour l’hôtel de la place des Vosges.

Le 18 novembre 2009, le comité de suivi DALO qui rassemble de nombreuses personnalités et représentants officiels, a adopté une déclaration courrant novembre, dans laquelle il demande au Gouvernement de tout mettre en oeuvre pour reloger les demandeurs DALO, notamment par l’application de la Loi de réquisition.

Ces initiatives n’ont pas pour objectif de remettre en cause le droit de propriété, mais de faire progresser le Droit au logement pour tous.
Ainsi, à St Denis, le caractère temporaire de cette occupation a été mis en évidence :il s’agit avant tout de se mettre à l’abri en attendant une solution de relogement. Deux familles ont été relogées, les logements n’ont pas été réoccupés...

Cette campagne devrait se renforcer durant les mois d’hiver, et des rebondissements sont à attendre.

Moratoire sur les expulsions :
Samedi 13 mars, avant veille de la fin de la trêve hivernale des expulsions, (veille du 1er tour des élections régionales par un hasard de calendrier, des manifestations seront lancées dans différentes villes de France, à l’initiative du tout nouveau “Réseau Stop aux Expulsions de Logement” (RéSEL), qui ressemble une trentaine d’organisations, pour demander l’arrêt des expulsions, la baisse des loyers, la réalisation massive de logements sociaux, et l’application de la Loi de réquisition.

Contacts DAL fédération : 01 40 27 92 98 - 06 09 59 19 74

23.01.2010

Strasbourg : L'association ABRIBUS A BESOIN DE NOUS

Soutenez cette association.

"Nevada est morte. C'était notre R21 break, qui nous servait à collecter les surplus de différents magasins. Va falloir qu'on trouve un véhicule de remplacement, une petite camionnette serait pas mal. D'occase, bien sûr. Voire de très grande occase."

Si vous souhaitez soutenir Abribus, n'hésitez pas à téléphoner à son président, M. Marc Hoffsess, au 06.81.54.37.19 ou marc.hoffsess@orange.fr,

Siège social d'Abribus
Maison des Associations
1A Place des Orphelins
67000 Strasbourg

Découvrir ABRIBUS :http://www.association-abribus.com/pages/presentation.htm

08:01 Publié dans Actions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : association abribus, strasbourg, sdf, sdf alsace | | |  Facebook

Un SDF retrouvé mort à Versailles

Le corps d'un homme sans domicile fixe a été découvert vendredi à Versailles, a-t-on appris de sources policières. L'homme, âgé d'une cinquantaine d'années, a été découvert en milieu de matinée par deux passants dans une zone boisée, selon une première source policière. Une autopsie doit être pratiquée lundi pour déterminer les causes exactes de la mort de ce SDF, qui ne vivait pas habituellement dans ce bois, a ajouté la même source. L'homme aurait pu succomber à une maladie du foie, a précisé une autre source policière. Source LCI/TF1

07:21 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : un sdf retrouvé mort à versailles | | |  Facebook

PAU : Emmaüs a rappelé que la misère est toujours là

PLACE CLEMENCEAU. Les Compagnons de Lescar se sont rassemblés hier afin de rappeler les engagements du fondateur d'Emmaüs, mort voici trois ans

C'est sans prévenir, mais en se faisant remarquer, que les compagnons d'Emmaüs se sont invités, hier matin, sur la place Clemenceau. « Parce que la misère ne prévient pas », lançait Germain, le responsable de la communauté de Lescar, la plus grande de France avec 130 compagnons affiliés.

Hier, pour rappeler le troisième anniversaire de la mort de l'abbé Pierre, beaucoup se sont réunis pour installer une tente, d'immenses phrases-slogans et diffuser des paroles du fondateur des communautés d'Emmaüs.

Lutter contre l'exclusion

Car si la misère ne prévient pas forcément, elle est toujours là. C'est aussi ce que voulait rappeler Germain, patron emblématique de la structure lescarienne, qui a tenté de faire venir le préfet et la maire sur la place, au moment de la distribution symbolique de la garbure populaire. Mais en vain.

« Si on s'est installés ainsi, c'est aussi pour rappeler que la misère persiste dans ce pays. Malgré le fameux RSA qui est, pour moi, une sorte de rente sans avenir. Nous avons de plus en plus de monde à la communauté, des SDF, beaucoup de jeunes. Ce ne sont pas des marginaux, mais des originaux. Et plus on avance, plus on se rend compte qu'il faut se réapproprier l'utopie de l'abbé Pierre, et inventer d'autres alternatives pour la lutte contre l'exclusion ». SOURCE SUD-OUEST

07:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sdf, sans abri, morts de la rue, strasbourg | | |  Facebook

17.01.2010

Logement Mulhouse : INQUIÉTANT

Logement Mulhouse : une affaire inquiétante

Un élu de l'opposition municipale publie un article dans lequel on peut lire que le principal bailleur social mulhousien, incapable de «placer» ses logements (malgré 2 500 demandes en instances), comptabilisait de ce fait, fin 2009, un manque à gagner de 1,4 million d'euros.

Et ça ne fait «HURLER» personne, pas même les associations de sans-abris !

Inquiétant, OUI vraiment.

Pour compenser ce manque à gagner, les loyers (déjà élevés) vont encore augmenter devenant inaccessibles à encore plus de familles de condition modeste qui cherchent à se loger.

Les locataires de cet Office Public de l'Habitat vont une fois encore être financièrement pénalisés à vie !
en raison de l'incompétence de quelques-uns.

Il est, en effet, inutile d'espérer une révision des loyers à la baisse si, dans les prochains temps, à l'occasion d'un changement de direction et/ou de politique, le parc locatif en question se remplissait.

Et que font les associations de défense des locataires «patentées» ?

Réponse : RIEN !

Mulhouse-Manque-à-gagner

15.01.2010

Lyon le jeudi 28/01/2010, RDV avec Le réseau des professionnels engagés auprès de personnes SDF

Madame, Monsieur,

Nous vous annonçons que la date de la grève est le
jeudi 28/01/2010.

Tous ceux qui le souhaitent peuvent se joindre au mouvement de manifestation des professionnels engagés auprès de personnes SDF le
jeudi 28/01/2010 à 14h devant la préfecture, rue Dunoir (3ème arr. de Lyon)

Vous trouverez en pièce jointe une affiche que vous pouvez diffuser largement autour de vous, afin d'être le plus nombreux possible ce jour là, et pour faire de ce rassemblement un moment fort et significatif POUR LE RESPECT DES DROITS.

N'hésitez pas à nous faire parvenir vos remarques, questions ou demandes de précision.

Merci de votre attention et de votre implication.

Le réseau des professionnels engagés auprès de personnes SDF.

• affiche

« Souvent, la mort ne les effraie plus »

Yann Benoist, ethnologue - Propos recueillis par V. Md. - source Le Parisien

Yann Benoist, 31 ans, est un ethnologue qui s’intéresse au monde des naufragés de la vie. Pendant plus de deux ans, il a observé les SDF, en particulier ceux qui sont emmenés au Cash (centre d’accueil, de soins et d’hébergement) de Nanterre (Hauts-de-Seine). Il en a tiré l’ouvrage « Sans-logis de à Nanterre », paru aux Editions l’Harmattan.

Pourquoi préfèrent-ils passer la nuit dehors plutôt que dans un centre?
Yann Benoist.
Deux raisons : les sans-abri doivent répondre à leurs besoins immédiats, par exemple manger, travailler, faire la manche, s’alcooliser, se droguer. Ce sont des activités routinières qui prennent beaucoup de temps car la fatigue de la rue ralentit le rythme. Pour être au plus près de ces activités dès le réveil, ils considèrent que la rue est plus adaptée que le centre d’hébergement. Souvent, quand il s’agit des plus abîmés, la ne les effraie plus. Le froid paraît être un danger secondaire.

Coucher sur un trottoir, est-ce un choix?
Pas du tout. Il s’agit là d’une idée reçue. Quand un SDF dit « j’ai choisi cette vie », cela ne correspond jamais à la réalité. Dormir dehors, c’est l’exclusion maximale, une mise à nu. Pour lui, c’est très mal perçu parce qu’il expose son être, il se sent pénétré par le regard des passants. Dormir dehors, c’est donc une nécessité ultime, une façon d’échapper à une contrainte qu’ils trouvent pire, en l’occurrence la vie au centre d’hébergement.

Que reprochent-ils à ces structures?
Ils trouvent que l’offre y est trop coercitive. C’est ce que j’ai constaté au Cash de Nanterre. Les horaires sont stricts, on leur confisque leurs affaires jusqu’au lendemain, l’alcool est interdit, on leur attribue un numéro de chambre, on leur rase parfois la s’ils ont des poux. C’est terriblement infantilisant et liberticide. Il n’y a plus d’intimité.

Si on leur proposait des chambres individuelles, y aurait-il encore des gens qui dormiraient dehors?
Il y en aurait beaucoup moins mais il y en aurait encore. Il resterait ceux qui, tellement détruits, n’ont pas la capacité d’avoir un autre mode de vie. C’est un peu comme les prisonniers qui ont fait trente ans de taule et qui, libérés, n’arrivent pas à sortir de leur prison. Zéro SDF qui dort dehors, c’est impossible, sauf si on venait à les ramasser de force, une aberration totale.

d'autres articles à lire : Le Parisien

Un SDF mort de froid à Montélimar (Drôme). Jimmy 37 ans. Chaque jour, en France, la rue tue.

Logement : le DAL ouvre une nouvelle permanence à Lille

L'association Droit au logement (DAL) a ouvert ce jeudi une nouvelle permanence pour faire face à la demande. Insalubrité, loyers impayés, problèmes de chauffage, charges locatives, elle prendra en charge les problèmes avec les bailleurs sociaux.

SOURCE METRO FRANCE - Le combat contre les expulsions et l'habitat insalubre s'intensifie. Pour faire face à une demande de plus en plus accrue, l'association Droit au logement (DAL) a ouvert ce jeudi une seconde permanence dans la métropole lilloise.

Située à Fives, elle sera spécialisée autour des quartiers et des problèmes avec les bailleurs sociaux. Deux bénévoles sont présent chaque jeudi pour accueillir le public de 14 h à 17 h. Celle du 68 de la rue du Marché à Wazemmes deviendra plus généraliste.

Insalubrité, impossibilité de payer le loyer, problème d'électricité, d'eau, ou de chauffage, charges locatives... Ce jeudi, une dizaine de dossiers ont été réceptionnés par les bénévoles du DAL : « Avec la pénurie de logements sociaux dans la métropole, nous avons de plus en plus de demandes, témoigne Bernard Florczak. Mais, nous connaissons les bons interlocuteurs et nous sommes crédibles pour faire valoir les droits. Cela accélère parfois les procédures ».

C'est ce qu'espère cette famille de Fives, qui habite à trois dans un F2. Après le licenciement du chef de famille, elle risque aujourd'hui l'expulsion: « Nous allons appeler le bailleurs et la CAF, car ils ne connaissent pas tous leurs droits », continue Bernard Florczak.

En 2008, l'association Droit au logement a traité plus de 1 400 dossiers dans tout le Nord-Pas-de-Calais. « Nous croyons que la situation va perdurer avec les suppressions d'emplois, explique Philippe Deltombe, président du DAL. Il faut donc que chacun se mobilise! »

Repères
- Permanence Fives : chaque jeudi, de 14 h à 17 h, résidence Jacquet, bâtiment E, au rez-de-chaussée de l'entrée 9, rue Eugène-Jacquet à Fives.
- Permanence Wazemmes : au 68, rue du Marché.
- Contact : Bernard Florczak au 06 23 55 18 52.

13.01.2010

Toulouse : Sanctionné (par ErDF) pour avoir aidé des RMistes

LA DEPECHE - Social. Trente jours de mise à pied.

Sanctionné pour avoir aidé des RMistes
Sanctionné pour avoir aidé des RMistes

Dominique Liot, délégué du personnel (CGT) d'ErDF à Toulouse, passe ce vendredi un entretien qui devrait confirmer la sanction de 30 jours de mise à pied, prononcée à son encontre au mois d'octobre dernier.

Pourquoi avez-vous été mis à pied ?

Le motif essentiel de la sanction est l'opération Robin des Bois de rétablissement de l'électricité à un couple de RMistes et leur petite fille de 2 ans, en avril dernier.

Selon vous, sur le fond, votre sanction a été prononcée pour vous punir de ce mouvement ?

Je suis sanctionné uniquement pour avoir revendiqué cette action au nom de la CGT Énergie Midi Pyrénées. Mais aussi pour avoir soutenu mes collègues Rodolphe de Toulouse, et Nordine de Paris, toujours licenciés pour faits de grève.

Dans quel contexte aviez-vous mené cette action ?

Nous étions en grève depuis le mois de mars. Cette grève s'est avérée payante, puisqu'elle a débouché sur l'arrêt du projet d'externalisation des activités Réseau Électrique et des suppressions de sites, sur le maintien d'un groupe « branchements », et 129 emplois gagnés.

Vous appelez à un rassemblement ce vendredi, à partir de 7 h 45, au 22 boulevard de la Marquette. Pourquoi ?

Mon entretien de procédure disciplinaire commence à 8 h 15. En période hivernale, il est capital de maintenir l'alimentation électrique à ceux qui en ont le plus besoin. Il faut interdire les coupures aux personnes démunies et faire évoluer pratiques et lois dans ce sens. On n'acceptera pas la criminalisation des Résistants d'aujourd'hui.

Contactée par nos soins, la direction d'ErDF-GrDF n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet.

graphiques sur la pauvreté en france et en europe

• graphique sur la pauvreté en france

• graphique sur la pauvreté en europe